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Développement personnel 8
19/11/2017 13:32:42 (43 lectures)

La petite machine automatique à interpréter...

https://philippegeleoc.com/

La petite machine automatique à interpréter...

19 novembre 2017

Ça faisait un petit moment que je trouvais que ce type « planait » comme on dit. La première fois qu'il m'avait contacté, j'avais passé un petit moment à l'écouter, à me forger ce début d'impression : j'avais affaire à un type « vraiment à côté de ses pompes ». La meilleure preuve ? La voici : c'est lui qui m'avait appelé et...c'est lui que j'entendais me dire en fin d'échange « merci de m'avoir appelé !» (sic) Bref, comme on dit « mon idée était faite » au sujet de ce type. Son portrait était déjà complètement brossé dans ma tête : un type « à côté de la plaque », le genre de type qu'on inviterait bien à « un dîner de cons »...

...jusqu'au jour où, cette fois, c'est moi qui ai eu à le contacter, pour nos petites affaires. On m'a dit qu'il n'était pas là... J'ai essayé à nouveau quelques jours plus tard et...on m'a dit, avec une formulation sobre, qu'il n'était plus de ce monde. Face à ma surprise, on m'a ensuite simplement laissé entendre qu'il était malade depuis un petit moment et que « pour l'équipe » ce n'était pas facile.

Ce jour-là, j'ai failli m'inviter moi-même au dîner initialement imaginé pour ce type : je me suis senti très « C... »...et surtout très mal. Et la « petite machine à interpréter » qu'on m'a installée entre les deux oreilles s'est alors mise, toute seule, à partir dans l'autre sens : une petite voix intérieure s'était mise à poser des questions incessantes comme « et si...ce type était « à côté de la plaque » parce qu'il savait la fin proche et qu'il avait du mal à se concentrer ? », « et si ce type, comme moi, était père de deux charmants enfants, mari d'une chère et tendre épouse laquelle se retrouve à présent seule.. », « et si ses propos décalés, bizarres, d'allure inadaptée étaient en réalité la face visible d'un truc qui le bouffait de l'intérieur depuis un petit moment et que mon imagination trop réduite et mes préjugés trop énormes m'avaient fait rater ?». Ce soir-là, je suis rentré chez moi un peu dépité, l'esprit quelque peu accaparé par ce type dont je n'attendais pourtant rien et qui apportait peut-être presque tout à sa femme, à ses enfants, à ses collègues, notamment à celle qui m'avait parlé, avec une boule dans la gorge, en me disant que « Monsieur...ne pourrait plus échanger avec moi »...1

Ce jour-là j'ai redécouvert, de façon vécue, un truc sur lequel j'avais pourtant lu quelques petites choses mais des choses auxquelles je n'avais peut-être pas assez prêté attention...

Une petite machine terrible2...

Je me suis rendu compte d'une chose qui me caractérise, mais qui « NOUS » caractérise probablement tous ou presque (vous me direz si je fais erreur ?). Nous avons une fâcheuse tendance, une tendance qui peut devenir très fâcheuse : celle-ci consiste à s'arrêter sur « une » facette de l'autre, sur laquelle nous focalisons notre attention puis à croire que « nous avons fait le tour » de ce qu'est l'autre. L'autre est « un type à côté de la plaque », ou « du genre à toujours couper les cheveux en quatre », ou « d'une bêtise insondable », ou que sais-je encore...

Ce que nous ne voyons pas, ou ce que nous ne voyons pas toujours (nous ne nous en apercevons, hélas, que trop tard, parfois), c'est que : comme celui qui , faute de recul suffisant, aurait son attention focalisée sur le détail d'une tache, sur un « machin jaunâtre » qui ressemble à première vue à une salissure, nous ne sommes pas même capables de faire deux ou trois pas en arrière pour voir que derrière cette tache et l'ensemble de ces autres taches, ce sont, en fait, des tournesols peints par Van Gogh qu'il s'agit...

C'est ce que le bon sens populaire nomme parfois « voir les choses par le petit bout de la lorgnette ». Faute de capacité à prendre du recul, nous nous croyons malins en faisant rire l'assemblée réunie par quelque « bon mot » sur « l'autre qui est à côté de la plaque », « l'autre qui ne fout jamais rien », « l'autre grande gueule », « l'autre ceci », « l'autre cela » et, en fin de compte : l'autre dont on ne connaissait finalement que si peu...

Attention !

Oui : attention, donc, quand nous sentons que la « petite machine » à interpréter s'emballe et se met à sortir des inepties et encore des inepties, puis encore et encore d'autres inepties, à n'en plus finir, au sujet de « l'autre ». Cet autre au sujet duquel on ne sait finalement que si peu de choses, cet autre dont on croit « avoir fait le tour » d'un seul et simple premier coup d’œil porté sur tel ou tel de ses comportements.

Préjugés, généralisations abusives,... Tant d'ornières sont présentes sur le chemin de la relation à l'autre que nous risquons quotidiennement de tomber. Je sais de quoi je parle...

Parmi les ornières qui pourraient faire que nous trébuchions encore dès demain, il en est une qui mérite, me semble-t-il, toute notre attention. C'est celle qui consiste à observer la maladresse de son enfant, ou de son élève, ou de son compagnon/sa compagne, et à déclarer sur le ton de l'évidence : « quel (le) maladroit (e) !».

Ce n'est pas parce qu'on a commis une maladresse et qu'on a renversé le pot de confiture qu'on est « un (e) maladroit(e) » pour toute sa vie. Ce n'est pas parce qu'on a commis un acte délictueux qu'on « est un délinquant » une fois pour toutes. Bref : le risque est grand d'observer un « comportement », un « acte » une « attitude » passagère et de croire qu'on a vu « un être » ; un « être maladroit », un « être qui est un délinquant »,... Plus grave : le risque est grand, pour les parents que nous sommes (certains d'entre nous), de laisser croire à l'enfant que « c'est normal d'avoir renversé un autre pot de confiture » puisqu'on « est » un « être maladroit ». Un pommier produit des pommes, non ? Un poirier produit des poires, non ? Et pas des pommes ! Dans ce cas un « enfant maladroit » peut-il produire autre chose que « des maladresses » ?

Quand on enferme un enfant dans sa maladresse, en lui disant qu'il « est maladroit », il risque de reproduire ce que la « loi de la maladresse » lui dicte de produire en tant qu' « être maladroit » : des maladresses3. Quand on lui dit qu'il « a commis une maladresse » et qu'il a, à la différence du pommier, la possibilité de « s'arracher » à cette « maladresse » qui n'est ni « sa nature » (« je suis maladroit que voulez-vous ! »), ni « son destin » (« je suis né comme ça, je mourrai comme ça... »), le voilà qui entrevoit en lui des possibilités de progresser, des possibilités de ne pas rester « enfermé » dans cette maladresse qui n'est qu'un qualificatif posé sur un acte humain et rien d'autre.

Reste que...

Reste que la tendance est là... Celle que nous venons de décrire. Celle qui consiste à enfermer l'autre dans la première petite chose qu'on a perçue (ou...cru percevoir) à son sujet. En prendre conscience, voilà déjà un grand pas, un premier pas qui en appelle d'autres certes, mais tout de même un premier grand pas ; non ?

1Sur le besoin d'apprendre parfois à changer ses « paradigmes », cf. l'histoire, très inspirante, racontée par Stephen R. Covey (2003), Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, Editions Générales First. (pp.30-31). Il est difficile de rester « émotionnellement neutre » en lisant une telle « petite histoire » qui n'est pas « que de la petite histoire »...

2Une « machine » qui pourrait tout aussi bien être vue comme un animal : le hamster qui tourne dans sa cage sans s'arrêter ! A ce sujet, cf. l'excellent petit ouvrage de Serge Marquis (2011), On est foutu, on pense trop ! Comment se libérer de Pensouillard le hamster.Editions de la Martinière. Points 2016. (cf. Également ses non moins excellentes conférences sur youtube, si vous voulez passer un bon moment (avec un joli accent québécois, ce qui ne gâche rien : https://www.youtube.com/watch?v=MzvF3OVWgZM

3Sur les étiquettes qui nous enferment parfois dans une identité, cf. Michel Lacroix, (2010), Paroles toxiques, paroles bienfaisantes. Editions Robert Laffont. (p.21). Cf. également : Josef Schovanec (2012), Je suis à l’est ! (Savant et autiste. Un témoignage unique). Editions Plon. (p.8 ; Préface de Jean Claude Ameisen, médecin et chercheur, membre du Comité consultatif national d’éthique)


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