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Pensées 9
2/4/2017 8:37:22 (301 lectures)

Pensées 9

9

Passer sa vie à ne point la vivre : voilà à quoi me semblent employer leur temps et déployer leur énergie nombre de personnes qu'il m'est arrivé de côtoyer. Elles écriraient bien un livre mais n'en ont pas le temps pour l'instant, elles prendraient bien du temps pour elles mais il leur faut attendre que l'inspiration vienne pour qu'elles s'adonnent à leur passion, pour qu'elles se consacrent, au moins pour partie, à ce qui les ferait vibrer. Bref, elles attendent. Leur vie en est devenue, par contrecoup, une salle d'attente.

Comme dans une salle d'attente, elles feuillettent distraitement quelque magazine idiot en attendant que vienne leur tour. Elles attendent, patiemment. Une heure viendra, « un jour viendra », où ce sera leur tour...

A la différence de la salle d'attente, toutefois, en cette vie elles n'ont pas de rendez-vous. Elles n'en ont pas, cette fois, parce qu'elles n'en ont tout simplement pas pris avec elles-mêmes. En attendant, donc, elles attendent, malgré tout. Elles prendraient bien du temps pour réfléchir un peu, pour se poser, pour songer à ce qu'elles pourraient faire afin de vivre leur vie mais elles n'en ont pas le temps pour l'instant. Aucun créneau n'est encore libre dans l'agenda. « Vous comprenez », il y a tant de réunions à droite et à gauche, tant de rendez-vous autres par lesquels on est pris.

L'idée qu'on « est pris » par autre chose parce qu'on « se laisse prendre », tout simplement, et que tel est pris qui se laisse simplement prendre : voilà idée qui ne paraît chatouiller leur conscience qu'un court instant. Les personnes auxquelles je songe me paraissent, à tort ou à raison, ne pas vouloir s'attarder à pareille prise de conscience. « Vous comprenez », il y a tant de prises de conscience, ici et là, auxquelles il serait possible de s'attarder encore et encore, alors qu'on n'en a pas le temps...

En attendant, le temps où on pourra commencer, enfin, à vivre sa vie, pour de vrai, pour de bon, en laissant tomber le masque, en arrêtant de se mentir à soi et aux autres, « on est pris », on est « absorbé » car on est, aussi parfois, « absolument débordé(e) ». On prendrait bien un peu de vacances mais... « vous comprenez », on n'a « pas même le temps de prendre ses journées de congés ».

Ainsi avancent, sur le chemin de la vie, quantité de personne : entonnant le chant bien connu des gens qui n'ont pas le temps, qui pensent que le temps n'est pas encore venu de prendre le temps. Le refrain, lancinant, toujours sur le même ton, victimaire, est toujours le même.

Un jour viendra où on aura le temps, où on le prendra, où on décidera de passer le restant de sa vie à la vivre, pour de vrai, pour de bon. Une fois en retraite peut-être aura-t-on le temps ? Une fois retiré du mouvement de la circulation incessante peut-être pourra t-on trouver, enfin, sur le bas-côté une place où on puisse s'arrêter pour voir comment vivre sa vie au lieu, comme trop souvent, de toujours l'engager dans des labyrinthes prédéfinis par d'autres que soi ?

Reste que, bien souvent, la vie n'est pas tendre avec celles et ceux qui font ce choix-là. Telle une sève qui n'irriguerait plus les canaux habituels, voilà qu'à force d'attendre, la vie et l'énergie qui l'accompagne d'ordinaire viennent à se raréfier. Voilà même, parfois, que le rideau tombe, alors qu'il restait pourtant, pense-t-on, tant d'autres actes et tant d'autres scènes à jouer encore. Les personnes auxquelles nous pensons s'offusquent alors : « comment ?!? », « vous comprenez... », « si la vie est théâtre, il faut nous laisser encore un peu de temps pour que nous puissions nous mettre à en prendre ! », « en répétant encore, nous finirons bien par arriver à jouer en apprenant à prendre du temps, n'est-il pas vrai ? »

Reste que, le jeu de la vie elle-même n'est point de ces pièces qu'il serait possible de répéter avant que de le jouer pour de bon. Il est, bien plutôt, comme une course s'alimentant de nos habitudes de remettre à plus tard, s'alimentant de notre propension à ne point vivre ce que nous pourrions, pourtant, décider de vivre. Le jeu se déroule et nous n'y sommes, alors, que ce à quoi nous avons fait le choix de nous réduire, de réduire notre être : nous ne sommes plus que des pions avançant en étant mus et poussés par d'autres que nous, des rouages ajoutés à d'autres rouages en vue d'un mécano final dont nous ignorons tout ou presque. Nous voudrions jouer notre partition, mais nous nous sommes trop contentés d'être une simple note parmi tant d'autres dans un concert de la vie qui nous dépasse. Au moment du final, il s'avère que c'est manifestement la vie qui s'est jouée de nous au lieu que ce soit nous qui ayons fait en sorte d'y jouer, à notre façon.


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