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L'homme vulnérable (11)
9/11/2016 19:39:08 (790 lectures)

TEXTES (Quelques textes complémentaires) / Cours sur "Subjectivité, vulnérabilité et lien social"

Textes de : Tournier, Prigent, Laborit



(09/11/2016)

Année universitaire 2016-2017

Cours de Philippe Géléoc

Chargé de cours à l'Université

Unité d'enseignement : Sujet, lien social et vulnérabilité (approche philosophique)

Intitulé du cours :

L'homme vulnérable

- subjectivité, vulnérabilité et lien social -

TEXTES :

S'il nous paraît difficile de définir positivement ce qu'est le lien social, l'expérience de son délitement place sous nos yeux ce qui se perd lorsqu'il n'est plus là et, a fortiori, tout ce qu'il pouvait nous apporter, sans que nous nous en rendions forcément compte, lorsqu'il était encore là.

« Derrière moi, le groupe de mes malheureux compagnons s'enfonçait dans la nuit. Leurs voix s'étaient tues depuis longtemps, quand la mienne commençait seulement à se fatiguer de son soliloque. Dès lors je suis avec une horrible fascination le processus de déshumanisation dont je sens en moi l'inexorable travail.

Je sais maintenant que chaque homme porte en lui – et comme au-dessus de lui – un fragile et complexe échafaudage d'habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications qui s'est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables. Privée de sève, cette délicate efflorescence s'étiole et se désagrège. Autrui, pièce maîtresse de mon univers... Je mesure chaque jour ce que je lui devais en enregistrant de nouvelles fissures dans mon édifice personnel. Je sais ce que je risquerais en perdant l'usage de la parole, et je combats de toute l'ardeur de mon angoisse cette suprême déchéance. Mais mes relations avec les choses se trouvent elles-mêmes dénaturées par ma solitude. Lorsqu'un peintre ou un graveur introduit des personnages dans un paysage ou à proximité d'un monument, ce n'est pas par goût de l'accessoire. Les personnages donnent l'échelle et, ce qui importe davantage encore, ils constituent des points de vue possibles, qui ajoutent au point de vue réel de l'observateur d'indispensables virtualités. »


 

M.Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique (1969), Editions Gallimard. Collection Folio 1972, pp.53-55.

Le point de vue psychiatrique nous indiquerait lui aussi, à sa façon, l'importance que revêt le lien social ainsi qu'en témoigne le propos suivant du psychiatre Yves Prigent :

« Si on en croit les historiens de l’Antiquité grecque, un citoyen pouvait être puni en raison d’une faute par une peine de prison ou toute autre forme de privation de liberté ou de bien-être. Cependant, dans les formes les plus graves, aucune de ces punitions n’était appliquée et on recourait alors à ce qui était considéré comme la sanction absolue : l’ostracisme. La fautif n’était pas alors condamné à de la prison, à des amendes ou à des privations de biens. Il se trouvait « tout simplement » banni, c’est-à- dire laissé libre d’aller et venir dans la cité, de travailler, de consommer, mais avec l’interdiction à quiconque de lui adresser la parole, de lui répondre et même de le regarder ou de croiser son regard. Cette sanction, pour un esprit non averti des fonctions essentielles pour le maintien de l’identité humaine de l’interlocution, pourrait sembler moins grave qu’être jeté en prison ou privé de ses biens. Et pourtant il s’agissait là de la condamnation suprême qui avait, dit-on, pour conséquence le dépérissement rapide du sujet ainsi exclu de la communauté humaine. Il devenait alors ce que le langage courant dénomme de façon si évocatrice : une « âme morte », un « mort vivant », un « ectoplasme », une « ombre » ou un « fantôme » d’être humain. Cet état de dés-animation et de déshumanisation aboutissait, dit-on, à une « mort psychique » et parfois à la mort biologique. »

Yves Prigent (2003), La cruauté ordinaire. Où est le Mal ? Editions Desclée de Brouwer. (pp.58-59)

Le point de vue du biologiste dit aussi, à sa façon,l'importance indéniable de ce lien social pour que nous puissions nous construire :

« Nous savons maintenant que le système nerveux vierge de l’enfant, abandonné de tout contact humain, ne deviendra jamais un système nerveux humain. Il ne suffit pas d’en posséder la structure initiale, il faut encore que celle-ci soit façonnée par le contact avec les autres, et que ceux-ci, grâce à la mémoire que nous en gardons, pénètrent en nous et que leur humanité forme la nôtre ».

H. Laborit (1976), Éloge de la Fuite, Paris, Gallimard, coll. 10/18, p. 65. Cité par Jean-Yves Barreyre dans Éloge de l’insuffisance. Les configurations sociales de la vulnérabilité. Ed. Erès. 2014, p. 215.


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