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L'homme vulnérable (10)
9/11/2016 19:17:08 (778 lectures)

Les idées de Ricoeur...

B-Les idées de Ricœur

1- Limites de l'empire de la subjectivité

2-Le corps et ce qui ne dépend pas de moi

3-Un pouvoir être lié au pouvoir faire

4-Volontaire = projet + impulsion du moi + motivation du vouloir

5-Une vulnérabilité qui donne parfois du pouvoir

6-Liberté limitée et nécessité de composer avec telle vie, tel état de santé, tel caractère

7-Découvrir sa vulnérabilité = découvrir la vie comme valeur

8-On ne choisit pas sa gueule...mais de faire la gueule ou pas...

9-L'autre moi comble le moi lacunaire

10-L'exigence de ne pas se laisser pétrifier par le regard sur notre vulnérabilité

Le cours est centré principalement sur une œuvre de Ricœur :

Paul Ricœur (1950), Philosophie de la volonté, I, Le volontaire et l’involontaire. Editions Aubier Philosophie. 2000.

Nous renvoyons à la bibliographie pour les autres ouvrages de Ricœur permettant d'aller plus loin dans la réflexion développée au sein du présent cours.

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1- Limites de l'empire de la subjectivité

L'émotion (…) peut tellement me ravir à mon propre empire que je deviens par rapport à moi-même comme la chute d'une pierre, une explosion ou une tempête. p.46

Ricœur pense le sujet comme pouvant être submergé par l'émotion : le sujet peut être pris par ce ravisseur qu'est l'émotion. Dans ce cas, il ne dirige plus, il est dirigé, il ne détermine plus lui-même son destin (comme chez Sartre), il est pris dans un destin comme on peut l'être dans un flot.

2-Le corps et ce qui ne dépend pas de moi

Mon corps a toujours de quoi me surprendre, m'échapper et me décevoir ; il est à la frontière des choses qui ne dépendent pas de moi, comme la santé, la fortune et le beau temps, et des choses qui dépendent de moi, comme le jugement pur. p.46

Mon corps est un des éléments qui font que, dans la vie, je n'ai pas uniquement affaire à ce qui dépend de moi : il dépend de moi de prendre cette chaise et de la mettre à tel endroit, en revanche, il ne dépend pas complètement de moi que mon corps me porte comme je le voudrais : anévrisme, crise cardiaque et autres menus plaisirs de l'existence indiquent les limites de notre maîtrise.

3-Un pouvoir être lié au pouvoir faire

Ce que je serai n'est pas déjà donné, mais dépend de ce que je ferai. Mon pouvoir-être est suspendu à mon pouvoir-faire. p.62

Même idée. Des possibilités d'action restreintes ouvrent sur une identité limitée. Je ne puis guère être ce que des actions impossibles pour moi me permettraient d'être.

Je n'affirme mon pouvoir-être qu'en le confirmant par des actes. Ma possibilité est d'abord ma puissance. p.62

On trouve sensiblement la même idée chez Sartre. Cf. L'existentialisme est un humanisme : pas de génie proustien sans les œuvre de Proust.

4-Volontaire = projet + impulsion du moi + motivation du vouloir

Projet (I) + Impulsion du moi (II) + Motivation du vouloir (III) = 3 caractéristiques propres à l'essence du volontaire.

5-Une vulnérabilité qui donne parfois du pouvoir

(…) mutuelle implication de la valeur et du pouvoir (…). Tantôt au contraire, c'est le sentiment d'une mission qui s'empare d'une vie éteinte et peut-être d'un corps débile, et éveille en moi des pouvoirs que je ne connaissais pas. p.79

Ex : une personne handicapée, suite à un accident ou maltraitée du fait de son handicap incompris va trouver en elle du sens et du pouvoir pour écrire un ouvrage sur la condition des personnes vulnérables... La vulnérabilité donne du pouvoir. La douleur face au mal infligé incite à trouver en soi de la force pour se battre...

6-Liberté limitée et nécessité de composer avec telle vie, tel état de santé, tel caractère

Toutes nos analyses, – qu'elles procèdent de l'élucidation directe des notions, de l'exégèse des métaphores révélatrices ou de l'effort pour éclairer quelques expériences fondamentales – concourent à la même définition de l'essence du décider. Décider c'est 1) projeter la possibilité pratique d'une action qui dépend de moi, 2) m'imputer moi-même comme l'auteur responsable du projet, 3) motiver mon projet par des raisons et des mobiles qui « historialisent » des valeurs susceptibles de le légitimer. En particulier le lien de l'activité à la réceptivité annonce la limite fondamentale d'une liberté qui est celle d'une volonté d'homme et non d'un Créateur. pp. 80-81

Ce passage fait écho avec la conclusion du tome 1 de cette Philosophie de la volonté, intitulé « Une liberté seulement humaine ». Nous ne sommes pas libres d'une liberté qui serait celle d'un créateur. Nous ne partons pas de rien, nous autres hommes : il nous faut composer avec ce que nous recevons pour ensuite songer à agir. Telle vie, tel état de santé, tel caractère : tout cela me fait d'ores et déjà incliner vers certaines pentes et ma liberté comme mes décisions ne surgissent donc pas ex nihilo.

7-Découvrir sa vulnérabilité = découvrir la vie comme valeur

(…) ma vie ne m'apparaît comme valeur que tout à la fois menacée et transcendée, menacée par la mort et transcendée par d'autres valeurs.p.116

Se savoir vulnérable, c'est se savoir menacé par une mort qui à tout moment peut venir prendre ma vie. Ma vie m'apparaît alors comme valeur : elle est ce dont je puis profiter tout en pouvant en être privé à n'importe quel moment.

8-On ne choisit pas sa gueule...mais de faire la gueule ou pas...

De même que je n'ai pas choisi mon corps, je n'ai pas non plus choisi ma situation historique ; mais l'une et l'autre sont le lieu de ma responsabilité.p.119

Si je n'ai pas choisi mon corps je porte toutefois la responsabilité de ma façon de le voir.

9-L'autre moi comble le moi lacunaire

Le moi est lacunaire par rapport à l'autre moi. Il me complète comme l'aliment. L'être du sujet n'est pas solipsiste ; il est être-en-commun. C'est ainsi que la sphère des relations intersubjectives peut- être l'analogue de la sphère vitale et que le monde des besoins fournit la métaphore fondamentale de l'appétit : l'autre moi, comme le non-moi – comme par exemple l'aliment – viennent combler le moi.

C'est à partir de cette structure fondamentale de l’intersubjectivité, que les valeurs qui la rendent possible peuvent être attrayantes et non pas seulement obligatoires. La communauté est mon bien parce qu'elle tend à m'achever dans le nous où la lacune de mon être serait comblée .p.122

La vulnérabilité est parfois pensée comme dépendance et la dépendance est bien souvent appréhendée de façon négative. Cette dépendance semble toutefois le lot commun et non le supposé malheur de quelques-uns puisqu'il n'est de moi, selon Ricœur, que comblé par un autre moi, il n'est de je achevé que par la « communauté » et « dans le nous » qu'elle rend possible. Hors de ce « nous » mon moi demeurerait lacunaire.

10-L'exigence de ne pas se laisser pétrifier par le regard sur notre vulnérabilité

Quand la conscience s'attarde à méditer sur ses conditions et ses limites, elle n'est pas loin d'être accablée. (…) c'est un acte qui la sauve d'être pétrifiée par ce qu'elle regarde.p.350

Attention à ne pas trop attarder notre regard sur notre vulnérabilité : nous risquerions de nous y embourber et de ne plus voir que cela en nous. Ce que nous regardons dans le réel peut pétrifier notre conscience et la mener à ne plus voir dans le monde que la partie sur laquelle elle focalise son attention.

Et, pour finir, un assez joli passage expliquant le lien entre « volontaire » et « involontaire » :

Il nous suffit de porter la main au côté pour sentir ce cœur dont les battements nous permettent de vouloir, jusqu'à ce jour où il nous trahira. Ce cœur qui bat, et qui s'arrêtera de battre, est le raccourci de ce monde involontaire tout proche de nous et que la vie rassemble pour nous et en nous ; c'est la vie qui nous permet de choisir et de faire effort ; sans elle, nous ne serions pas des hommes capables de vouloir. Nous appellerons du terme général de nécessité corporelle ces diverses formes de l'involontaire qui ne sont ni motifs, ni organes pour le vouloir.p.321

En arrière-plan du volontaire, la vie elle-même qui, par ce cœur que nous sentons battre en nous, nous donne une idée de l'importance que revêt l'involontaire pour que le volontaire puisse advenir. Car comment pourrait-il y avoir projets, décisions, s'il n'y avait, à la base, la vie elle-même ?


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