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L'homme vulnérable (7)
5/11/2016 7:09:07 (681 lectures)

Les idées de Lévinas...

B-Les idées de Lévinas

1- « Dés-inter-essement »

2-Responsabilité pour autrui

3-Nous sommes ici, mais aussi là où nous ne sommes pas

4-Le visage

5-Une responsabilité que j'ai sans l'avoir prise

6-Subjectivité = sensibilité

7-Subjectivité = vulnérabilité

8-Retour au sujet assujetti

9-Subjectivité = exposition à l'affection

10-L'un pour l'autre, une structure de notre être

Le cours est centré principalement sur une œuvre de Lévinas :

-Emmanuel Lévinas (1978), Autrement qu'être ou au-delà de l'essence. Le livre de poche. Biblio essais. 2013.

Nous citons également quelques passages de l'ouvrage suivant :

-Emmanuel Lévinas (1978), Éthique et infini.Le livre de poche. Biblio essais. 2013. (il s'agit d'un ensemble d'entretiens)

1- « Dés-inter-essement »

Emmanuel Lévinas (1978), Autrement qu'être ou au-delà de l'essence. Le livre de poche. Biblio essais. 2013.

Arrière de couverture :

Dans ce livre je parle de la responsabilité comme de la structure essentielle, première, fondamentale de la subjectivité. Car c'est en termes éthiques que je décris la subjectivité. L'éthique, ici, ne vient pas en supplément à une base existentielle préalable ; c'est dans l'éthique entendue comme responsabilité que se noue le nœud même du subjectif. […] l'humanité dans l'être historique et objectif, la percée même du subjectif, du psychisme humain, dans son originelle vigilance ou dégrisement, c'est l'être qui se défait de sa condition d'être : le dés-intéressement. C'est ce que veut dire le titre du livre : Autrement qu'être. […] Être humain, cela signifie : vivre comme si l'on n'était pas un être parmi les êtres.

Ces quelques lignes sont précieuses car elles donnent à comprendre en peu de mots et de façon relativement simple la façon qu'a Lévinas de penser le sujet, ou plus précisément « la subjectivité » comme il le dit lui-même, c'est-à-dire ce qui fait que le sujet est sujet. En même temps ces lignes mettent à découvert la signification que revêt le titre de prime abord énigmatique de son livre : Autrement qu'être.

S'il est dit de façon classique que « le sujet » c'est le fait pour l'Homme d'être conscience et volonté, Lévinas quant à lui fait un pas de plus : ce qui fait que le sujet est sujet, c'est « la responsabilité ». Responsabilité en quel sens ? Il nous faudra le découvrir ultérieurement mais il est d'ores et déjà possible de dire que cette responsabilité tient dans le fait qu'en tant que sujet entrant en inter-relations avec autrui j'ai à répondre de ce qu'il advient d'autrui selon des modalités qui seront évoquées ailleurs (« visage » d'autrui qui me place dans une situation d' « otage » à l'égard de ce dernier).

Il est intéressant de noter comment s'exprime Lévinas : il nous dit « c'est en termes éthiques que je décris la subjectivité ». S'il s'agit de décrire la subjectivité, ce qui fait que le sujet est sujet, on aurait pu s'attendre à ce qu'il se contente d'évoquer ce qui est. On aurait pu s'attendre à une « ontologie » au sens classique et littéral du terme : un discours (logos) sur ce qui est (ontos). Or ici la description de ce qui est, pour ce qui concerne la subjectivité, en vient aussitôt à croiser ce qui doit être. On pourrait donc dire que l'ontologie de Lévinas est traversée par l'éthique. Il n'y a pas une ontologie puis une éthique ; il n'y a pas un discours primordial de type ontologique auquel viendrait se surajouter dans un second temps un discours éthique. L'ontologie est éthique. Dès lors la responsabilité que j'ai à l'égard d'autrui n'est pas un « supplément » à une « base existentielle ». Autrement dit, il n'y a pas un sujet qui commencerait par exister, puis qui en viendrait à se trouver placé dans des situations requérant de lui l'adoption de points de vue éthique. Au lieu de cela il y a un sujet qui n'existe qu'au travers d'une relation éthique aux autres. Cette existence d'entrée de jeu éthique, au fil de la rencontre avec autrui, est telle qu'elle est, à savoir éthique d'entrée de jeu, en vertu d'un processus nommé par Lévinas le désintéressement. Ce mot est très souvent décomposé par l'auteur en trois segments, afin de lui donner une signification très spécifique, en lien avec l'étymologie.

Le « dés-inter-essement » au sens de Lévinas est le processus qui fait que lorsque j'entre en relation ou « inter » relation avec autrui, disparaît aussitôt mon statut de simple « être » (esse), de simple « être parmi les êtres ». Le lien à autrui est ce qui vient me faire perdre ce statut de simple être parmi les êtres auquel on aurait pu songer à me réduire. Je suis certes un être qui, comme tout être, est ; mais je suis aussi, dans l'interaction avec autrui (« inter » relation, « inter » réaction) autrement. D'où le titre de l'ouvrage : « Autrement qu'être ». L'humanité de l'Homme tient en ceci que la relation à autrui nous transforme aussitôt en êtres qui ne sont pas de simples êtres, en êtres qui sont « autrement qu'être » : nous sommes des êtres tenus de...  : un engagement à l'égard d'autrui caractérise notre être d'entrée de jeu. Notre être est tissé de devoir être : bref, nous sommes responsables, en vertu même des modalités de déploiement de notre être.

2-Responsabilité pour autrui

5° La responsabilité pour autrui. p.23

Thème introduit dès les premières pages.

VOIR AUSSI : Emmanuel Lévinas (1978), Éthique et infini.Le livre de poche. Biblio essais. 2013.

-« (…) la responsabilité comme structure essentielle, première, fondamentale de la subjectivité. Car c'est en termes éthiques que je décris la subjectivité » (p.91)

- « C'est dans l'éthique entendue comme responsabilité que se noue le nœud même du subjectif » (p.91)

3-Nous sommes ici, mais aussi là où nous ne sommes pas

La responsabilité pour autrui est le lieu où se place le non-lieu de la subjectivité et où se perd le privilège de la question : où ? p.24

En général, trouver une réponse à la question « Où est telle chose ? » est rassurant : on situe la chose, on sait où elle est et on n'a plus à risquer de se perdre dans des recherches là où la chose n'est pas. Il n'en va pas de même avec « la subjectivité » : commencer à la trouver, c'est découvrir qu'elle réside dans un lieu qui est « la responsabilité pour autrui ». Le sujet n'est pas à un endroit tandis qu'autrui serait à un autre : il est projection vers le sort d'autrui et comme pris par une préoccupation pour autrui qui le fait être autant auprès d'autrui que de lui-même. Il est lui-même en étant auprès d'autrui, responsable pour autrui. Insistons sur le paradoxe : nous sommes au plus près de nous-même lorsque nous sommes auprès d'autrui. La recherche de ce qui fait notre être même, notre essence, nous découvre donc là où nous sommes le plus pleinement ce que nous sommes, c'est-à-dire ailleurs que là où nous sommes. Voilà pourquoi le lieu de la subjectivité est un non-lieu : nous sommes là où nous ne sommes pas c'est-à-dire en un langage non-lévinassien projetés vers le sort d'autrui à l'égard duquel nous nous sentons responsables. En ce sens, Lévinas peut bien dire que la question « où » perd son privilège car, en l'occurrence, et pour ce qui concerne le sujet, un certain paradoxe veut que nous autres sujets soyons pleinement là où nous ne sommes pas c'est-à-dire auprès d'autrui. Encore une fois, c'est lorsque nous sommes auprès d'autrui que nous sommes au plus près de nous, de notre essence.

4-Le visage

Trace qui luit comme visage du prochain dans l'ambiguïté de celui devant qui (ou à qui, sans paternalisme aucun) et de celui de qui je réponds, énigme ou ex-ception du visage, juge et parti.p.26

Introduction de ce thème du visage qui nous engage à répondre selon divers modes : répondre devant, à, de...

VOIR AUSSI : Emmanuel Lévinas (1978), Éthique et infini.Le livre de poche. Biblio essais. 2013.

-« L'accès au visage est d'emblée éthique » (p.79)

- « La meilleure manière de rencontrer autrui, c'est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux ! » (p.79)

- « Le visage est exposé, menacé, comme nous invitant à un acte de violence. En même temps le visage est ce qui nous interdit de tuer » (p.80)

- « Le visage est signification, et signification sans contexte » (p.80)

- « (…) la relation au visage est d'emblée éthique. Le visage est ce qu'on ne peut tuer, ou du moins ce dont le sens consiste à dire : « Tu ne tueras point ». » (p.81)

- « Le « Tu ne tueras point » est la première parole du visage. Or c'est un ordre. Il y a dans l'apparition du visage un commandement, comme si un maître me parlait. Pourtant, en même temps, le visage d'autrui est dénué ; c'est le pauvre pour lequel je peux tout et à qui je dois tout. Et moi, qui que je sois, mais en tant que « première personne », je suis celui qui se trouve des ressources pour répondre à l'appel. » (p.83)

- « Le visage me demande et m'ordonne » (p.94)

5-Une responsabilité que j'ai sans l'avoir prise

Le paradoxe de cette responsabilité consiste en ce que je suis obligé sans que cette obligation ait commencé en moi – comme si, en ma conscience un ordre s'était glissé en voleur, s'est insinué par contrebande, comme à partir d'une cause errante de Platon.p.28

Paradoxe : je me sens obligé par rapport à autrui en vertu d'une responsabilité à son égard qui n'a pas « commencé en moi» et qui pourtant est bel et bien en moi ; comme si cette responsabilité s'était glissée en moi à mon insu en vertu d'une cause dont j'ignore la provenance.

VOIR AUSSI : Emmanuel Lévinas (1978), Éthique et infini.Le livre de poche. Biblio essais. 2013.

- « Dès lors qu'autrui me regarde, j'en suis responsable, sans même avoir à prendre de responsabilités à son égard ; sa responsabilité m'incombe. » (p.92)

6-Subjectivité = sensibilité

L'exposition (…). Elle s'attache à dégager la subjectivité du sujet à partir de réflexions sur la vérité, sur le temps et sur l'être (…) ; elle présentera alors le sujet, dans le Dire, comme sensibilité d'emblée animée de responsabilités.p.37

Une certaine « sensibilité » (réceptivité?) à autrui ferait de nous des sujets « d'emblée » animés de « responsabilités ». Nous n'avons pas encore dit quoi que ce soit, nous n'avons pas encore engagé de façon volontaire une quelconque action à l'égard d'autrui que nous sommes déjà placés à notre insu en position de responsabilité à l'égard d'autrui.

7-Subjectivité = vulnérabilité

La subjectivité du sujet, c'est la vulnérabilité, exposition à l'affection, sensibilité, passivité plus passive que toute passivité, temps irrécupérable, dia-chronie in-assemblable de la patience, exposition toujours à exposer, exposition à exprimer et, ainsi à Dire, et ainsi à Donner.p.85

On ne peut faire plus clair : ce qui fait que le sujet est sujet, c'est, aux yeux de Lévinas, sa vulnérabilité. Celle-ci est « exposition à l'affection » : nous sommes donc exposés, c'est-à-dire en lien avec ce qui peut menacer notre être. Lévinas parle aussi de « temps irrécupérable » : le temps qui passe, je ne puis le récupérer, je vais donc vers ma propre déchéance en épuisant peu à peu un capital temps indéterminé et limité.

Le sujet ne se décrit donc pas à partir de l'intentionnalité de l'activité représentative, de l'objectivation, de la liberté et de la volonté. Il se décrit à partir de la passivité du temps .p.90

Renversement de perspective : là où, en philosophie, on avait jusque là tendance à poser le sujet comme cette activité intentionnelle qui fait que je me pose en tant que sujet libre face à l'objet, Lévinas définit le sujet non plus en terme d'activité mais de passivité.

La subjectivité est vulnérabilité, la subjectivité est sensibilité.p.92

Les choses sont donc posées on ne peut plus clairement p.92 : « la subjectivité est vulnérabilité ». La subjectivité ne rencontre donc pas la vulnérabilité, elle ne commence pas par exister, puis par rencontrer un jour des situations au contact desquelles il lui faudrait se frotter pour constater sa fragilité dans la relation à ces situations. Rien de tout cela. Plutôt ceci : notre subjectivité « est » vulnérabilité, au sens où celle-ci serait identique à celle-là, au sens où celle-ci ne serait rien autre chose que cela, à savoir vulnérabilité.

8-Retour au sujet assujetti

La passivité la plus passive, l'inassumable – subjectivité ou sujétion même du sujet – tient à mon obsession par la responsabilité pour l'opprimé autre que moi.p.92

La « responsabilité pour l'opprimé autre que moi » fait apparaître une autre facette de cette subjectivité-vulnérabilité : la subjectivité est « sujétion même du sujet » vraisemblablement en ce sens que je ne puis que me soumettre à l'appel que me lance le spectacle d'autrui opprimé. Je ne peux que me rendre, ma seule activité tenant alors en cette passivité qui consiste à se laisser soumettre, à se rendre, à se faire prendre par ce ravisseur de ma liberté qu'est autrui vulnérable.

VOIR AUSSI : Emmanuel Lévinas (1978), Éthique et infini.Le livre de poche. Biblio essais. 2013.

-« (…) je suis sujétion à autrui ; et je suis « sujet » essentiellement en ce sens. » (p.95)

9-Subjectivité = exposition à l'affection

L'exposition à l'affection – la vulnérabilité – … p.102

La vulnérabilité est définie comme le fait de se trouver exposé à l'affection.

10-L'un pour l'autre, une structure de notre être

(…) l'un pour l'autre en guise de sensibilité, ou de vulnérabilité. p.109

Une structure de notre être, semble-t-il, pour Lévinas : nous ne nous contentons pas d'être, nous sommes « l'un pour l'autre », c'est-à-dire advenant à ce que nous sommes véritablement par l'entremise de la sensibilité à ce qu'il advient d'autrui.


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