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Lettres à Johann 9
23/10/2016 18:33:12 (535 lectures)

Lettre n°9

Lettre n°9 du... 2016

Cher Johann,

Merci de votre courrier. Les quelques premières observations que je vous avais rapportées suite à ma première lecture de saint Augustin m'ont semblé, au moins pour un instant, vous donner satisfaction. J'en viens toutefois à me demander si ce n'était pas que pure politesse, de votre part, de me dire « cela me convient ».

De fait, les quelques lignes qui se trouvent trois paragraphes plus bas dans votre lettre m'indiquent, de façon on ne peut plus claire, qu' « il faut aller plus loin ». Or, qu'est-ce qu' « aller plus loin » à vos yeux et, « ce faisant, se faire philosophe pour de bon », comme vous le dites ?

Je reprends ici ce que vous dites et ce que vous me demandez par la même occasion. « Si saint Augustin est le penseur et donc le pensant, et si son Dieu est le pensé par ce pensant, que pouvons-nous observer ici de cette relation qu'entretiennent pensant et pensé ? »

L'idée vous est-elle venue de vous moquer de moi ? J'avais cru, pendant un moment, que vous m'aideriez, que vous seriez là pour m'accompagner. En lisant à nouveau ce passage de votre courrier que je viens de reproduire ici, je vous avoue avoir plutôt l'impression que vous vous mettez à accélérer, à avancer à votre façon sur le chemin, tout en m'oubliant derrière vous... Car, comment comprendre ce que vous me demandez là ? Et comment, dès lors, répondre à votre question ?

Essayant de me placer à hauteur de votre interrogation et de ne pas baisser les bras tout de suite, je vous répondrai la chose suivante. Je vois que saint Augustin parle à son Dieu, dans ses Confessions, et qu'effectivement il doit bien le penser, d'une façon ou d'une autre, pour pouvoir ainsi s'adresser à lui. Ceci étant, moi qui n'ai point les mêmes croyances, je me demande effectivement un peu ce qu'il pense quand il pense Dieu. Si ce Dieu est « pensé », je me demande bien ce qu'il est dans cette pensée et surtout : comment on peut y accéder ! Autant je peux penser à ce à quoi je pense en pensant cette tasse de café à côté de moi, ce crayon plume que j'utilise pour vous écrire, ce papier à lettre sur lequel ma plume glisse en cet instant – ils me sont donnés dans l'expérience que je fais de la présence des choses, je les vois, je les touche,... –, autant ce qui est « pensé » par ce « pensant » qu'est saint Augustin ne me semble guère du même ordre et ne me paraît guère aussi accessible que cette tasse de café.

Peut-être est-ce là que vous voulez en venir ? Peut-être êtes-vous, m'interrogeant de la sorte, en train de me pousser à retrouver par moi-même cette idée qu'on trouve déjà chez Kant, que vous connaissez si bien, lequel déclare que la raison ne peut pas connaître vraiment ce qu'elle pense quand elle pense Dieu ou d'autres objets, si je puis dire, du même acabit. La raison outrepasse certaines limites, elle nous fait poser des choses comme Dieu que nous ne pouvons jamais percevoir par nos sens et qui, étant hors d'accès pour l'intuition ou saisie immédiate par les sens, ne peuvent réellement être connus. Est-ce cela que vous souhaitiez m'entendre finir par dire, tel un bon Socrate poussant son interlocuteur dans ses derniers retranchements ?

Mais peut-être n'ai-je rien compris à là où vous voulez en venir ? Car quel lien pourrait-il bien y avoir entre ce que vous racontez sur « pensant » et « pensé », et la question que je vous posais ? Je ne doute pas un seul instant que vous ayez toujours cette question présente à l'esprit, je ne sais que trop bien de quoi cet esprit qui est le vôtre est capable, mais je me permets de poser à nouveau cette question : qu'est-ce que la philosophie peut bien nous apporter comme approche spécifique qui fasse que ça vaille le coup de philosopher ?

Pour tout dire, je vais même parfois jusqu'à me demander si cette spécificité de la philosophie, à supposer qu'elle existe, peut être de telle sorte que, grâce à cette spécificité, nous ayons là, en la philosophie, une sorte d'outil pour vivre mieux, pour mieux vivre ce qu'il nous est donné de vivre sur cette terre.

Je sais : je vous demande beaucoup ; mais je le sais aussi : tout cela n'est que peu de chose à proportion de ce que votre philosophie et la philosophie telle que vous la concevez, ce qui est tout un, sont capables d'apporter à qui sait faire l'effort de l'entendre.

Au plaisir de vous lire,

Bien à vous,

PS : Vous trouverez ci-joint les grandes lignes de mon cours...


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