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Lettres à Johann 14
21/10/2016 22:50:36 (484 lectures)

Lettre n°14

Lettre n°14 du... 2016

Cher Johann,

D'un côté je suis heureux : vous n'avez pas coupé les ponts ! Et je vous remercie de votre nouveau courrier. J'y vois l'acceptation d'une poursuite de notre échange ; je m'en réjouis.

D'un autre côté, je ne vous cache pas que je suis un peu dépité par votre nouvelle phrase, encore plus courte que tout. Je sais que l'époque est au « Tweet », au « texto », et en cela je vois bien un lien minimal entre votre philosophie et notre époque – peut-être bien le seul, d'ailleurs... – mais je sens bien que ce qui est ici laconique ne peut être pleinement compris sans être, pour ainsi dire, « déplié ».

Vous m'écrivez donc ceci :

« Quand je pense quelque chose, je pense quelque chose ».

J'ai cru, en première lecture, que vous vous étiez trompé en écrivant. Pourquoi se répéter ainsi ? « je pense quelque chose » puis, encore, « je pense quelque chose ». A ce moment-là, j'ai failli...écrabouiller votre fichu courrier entre mes mains et...le balancer à l'autre bout de la pièce ! Mais, en relisant cette phrase, je me suis alors rendu compte d'une chose...

J'ai pris conscience de ceci : dans le premier bout de la phrase, avant la virgule, vous mettez « quelque chose » en italiques, et dans le deuxième bout de phrase, après la virgule, cette fois c'est « je » qui est en italiques. Qu'est-ce à dire ?

Cela signifierait peut être que quand je pense à quelque chose (par exemple à votre courrier qui est agaçant, par exemple!), c'est moi qui pense cette chose. Je ne vois pas bien, de toute façon, qui, hormis moi, pourrait penser quand je pense ! N'est-il pas évident que c'est moi qui pense toutes ces choses auxquelles je pense et personne d'autre ? A quoi bon faire tout un plat de ce qui est une évidence ? Je me le demande bien...

A moins...

A moins que, selon vous, cela ne soit quelque chose dont nous ne prenons pas assez la mesure, comme vous le disiez la fois précédente ? Votre idée serait alors que l'homme ordinaire parle de ceci, de cela et de quantité d'autres choses encore mais sans prendre la pleine mesure de ceci qu'il joue un rôle déterminant dans ce qu'il dit au sujet du monde. Est-ce bien cela ?

Quand je pense « quelque chose », le monde qui m'entoure, je ne prends pas suffisamment la mesure de ce que « je » pense alors : mon « moi » serait, beaucoup plus que je ne l'imagine, à l’œuvre dans ce que ce monde est pour moi. Est-ce bien là votre idée ?

Et donc, si je poursuis et fais le lien avec ce que vous disiez auparavant : le rôle de la philosophie, tel que vous l'entendez, consisterait à nous faire reprendre pied dans ce « moi » qui parle du monde, des personnes vulnérables, de Dieu (comme saint Augustin!) et de toutes sortes de choses, en oubliant que c'est lui qui pose tous ces éléments d'une certaine façon.

Les choses ne seraient donc telles qu'elles sont, à nos yeux, que parce que nos yeux nous les font voir d'une certaine façon (et pas simplement « nos yeux », bien entendu, mais nos jugements, nos sentiments, nos valeurs, nos principes,...). En ce cas, votre courrier, par exemple, ne serait « agaçant » que...pour quelqu'un qui s'énerve facilement, tandis qu'il ne serait pas le moins du monde agaçant pour celui/celle qui sait se maîtriser. Est-ce bien là la conception qui est la vôtre ?

Je ne sais pas si c'est ainsi qu'il faut comprendre votre conception, mais, en tous cas, à ce stade de la réflexion, j'ai l'impression d'avoir réussi à formuler pour moi-même quelque chose que je trouve tout à fait intéressant, et qui risque de ne plus me faire voir le monde comme je le voyais jusque-là. Je sens bien que cette façon de voir les choses, que cette philosophie ou, en tous cas, son principe, mènent à une nouvelle façon d'appréhender ce que nous passons notre temps à raconter au quotidien.

Disant cela j'ai souvenir d'un élu qui, dans une réunion, s'insurgea d'entendre constamment parler des « personnes vulnérables » quand on parle des personne âgées. Quand nous parlons des personnes âgées en disant « les personnes vulnérables », c'est nous qui leur conférons cette réalité présupposée, c'est nous qui ne savons plus voir en elles que notre propre besoin d'enfermer les autres dans la catégorie des êtres faibles, à aider, à protéger,...à sauver, ai-je envie de dire. Je sens que votre idée aurait été bien utile à cet élu pour qu'il lui fut donné de pouvoir expliquer clairement le sens de son grief, de son reproche à l'endroit de ceux qui réduisent les personnes âgées – comme celles en situation de handicap, et quelques autres encore... – à n'être que des personnes vulnérables !

Mais peut-être aurai-je le plaisir de savoir (en un peu plus d'une phrase cette fois...?) si j'ai bien compris ce que vous vouliez dire ?

Philosopher serait donc cela ?

Bien à vous,


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