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L'homme vulnérable (2)
26/9/2016 12:14:28 (949 lectures)

Petite histoire n°1 / Au bord de l'eau...

(26/09/2016)

Année universitaire 2016-2017

Cours de Philippe Géléoc

Chargé de cours à l'Université

Unité d'enseignement : Sujet, lien social et vulnérabilité (approche philosophique)

Intitulé du cours :

L'homme vulnérable

- subjectivité, vulnérabilité et lien social -

PREMIÈRE PARTIE :

LA SUBJECTIVITÉ COMME LIBERTÉ

Petites histoires du quotidien (1)

Ou

Quand « subjectivité », « vulnérabilité » et « lien social » s'entremêlent...

« Subjectivité, vulnérabilité et lien social » : de tels thèmes peuvent paraître bien éloignés de ce dont sont tissées les petites expériences de la vie ordinaire. A bien y regarder, il pourrait pourtant se faire que ces expériences très concrètes génèrent en nous quelques interrogations de nature philosophique mobilisant chacun de ces thèmes implicitement. Voici quelques-unes de ces histoires, parmi tant d’autres possibles. Elles précèdent ici la réflexion philosophique, le cheminement en compagnie de grands philosophes (Sartre, Lévinas, Ricoeur) et peuvent être appréhendées comme des défis pour une réflexion philosophique soucieuse d’arriver à mettre des mots sur le vécu, ce qu'elles seront ici à nos yeux.

HISTOIRE N° 1 : Au bord de l’eau…

Aujourd’hui pourrait être un jour d’été comme un autre, il est toutefois possible qu’il n’en soit rien. Assis sur le sable au bord de l’eau, nous contemplons la mer. Il y a, aujourd’hui, beaucoup de rouleaux formés par les vagues et certaines de ces vagues peuvent sembler menaçantes. Se baigner là, en ce moment, serait vraisemblablement dangereux, tout du moins pour des personnes vulnérables comme des enfants en bas âge, des personnes âgées ou fragiles en raison de leur constitution chétive.

Voici que notre attention est soudain happée par le passage d'un homme, pas très loin de nous. Il serait difficile de lui donner un âge. Certains éléments nous font nous focaliser sur ce corps : un corps qui n’est pas comme le corps des autres personnes fréquentant la plage. Le tronc est assez court, les jambes et les bras apparaissent longs par contraste. Le dos, quant à lui, paraît quelque peu courbé : cet homme est légèrement recroquevillé sur lui-même.

Nous ne sommes pas très à l’aise. Nous voudrions le regarder sans regarder, regarder cet individu sans montrer à qui que ce soit, nous observant, que nous le regardons et surtout pas à lui. Tout se passe comme si nous voulions faire abstraction de cette différence et ne surtout pas stigmatiser cet homme par notre regard.

Il est difficile d’y arriver, de ne pas se faire prendre, d’arrêter de focaliser là notre attention. En termes de lien social, nous voudrions simplement le regarder, sans un regard appuyé qui puisse lui être gênant, puis l’être à nous-mêmes en retour si nos regards respectifs venaient à se croiser. Nous voudrions regarder cet homme comme les autres, mais l’expérience ne paraît témoigner que de notre échec car, à l’évidence, cet homme n’est pas comme les autres : tout du moins dans notre regard…

Cet homme est, comme on dit parfois, « porteur d’un handicap », sans que ce qui est ici porté soit ce dont on pourrait se séparer. Il est « en situation de handicap » dit-on encore parfois, pour éviter de dire « handicapé » et de circonscrire son être sur la base de cette seule spécificité. Concrètement, il paraît éprouver quelques difficultés à tenir en équilibre sur ses deux jambes. Il a une façon tout à fait singulière de marcher.

Voici que cet homme s’approche de l’eau. Que va-t-il faire ? Quelle est son intention ? Il parait difficile d’imaginer qu’il en vienne à se lancer dans l’eau. Cela lui serait bien impossible tant il paraît gêné, handicapé par son propre corps.

Le voici qui avance. Le voici qui met un pied dans l’eau, puis l’autre pied, et avance encore… Voici qu’il tombe – ou se laisse tomber ? – dans l’eau. Ses proches, demeurés sur le sable discutent ensemble et ne paraissent pas le moins du monde se soucier de quoi que ce soit, de qui que ce soit, pas même de celui qui est pourtant leur proche…

Comment peut-on laisser un être en apparence très vulnérable courir à sa perte ? Comment peut-on le laisser entrer dans de tels flots impétueux, alors que les rouleaux représentent un danger potentiel encore plus pour un tel individu ?

L’inquiétude est là. Nous avons vu cet homme tomber sous l’effet d’une vague, tenter péniblement de se relever pour rejoindre la position debout, en vain. L’inquiétude se répand en nous et nous nous apprêtons déjà à intervenir bien que personne ne nous ait demandé quoi que ce soit. Voici pourtant qu’un élément de communication non verbale perceptible sur le visage de cet homme nous retient d’intervenir : cet individu a le sourire jusqu’aux oreilles !

Là où notre subjectivité était aux prises avec l’inquiétude, celle de cet individu parait on ne peut plus sereine. Là où nous imaginions le pire, là où nous imaginions cet homme confronté à des dangers potentiels ingérables en son état, il ne fait, à vrai dire, que jouer, s’amuser avec son propre corps ballotté de ci, de là : semblant maîtriser son absence de maîtrise des éléments.

Voilà matière à s’interroger… N’entrons-nous pas parfois dans des représentations par trop alarmistes ? Quels types de lien devons-nous entretenir avec les personnes que nous jugeons, à tort ou à raison, vulnérables ? Les personnes vulnérables sont-elles vulnérables en elles-mêmes ou en vertu du regard que nous portons sur elles ? Toute subjectivité n’est-elle pas vulnérable de telle sorte que le regard porté sur autrui vulnérable est toujours le fruit d’une subjectivité elle-même vulnérable au même titre que les autres ? La vulnérabilité est-elle ce qui doit nous mener à cesser de nous exposer à des risques ? Ou bien, la confrontation aux risques ne participe-t-elle pas du plaisir qu’il peut y avoir à vivre en tentant, notamment, de déployer au mieux ses potentialités face à l’adversité ?

Une seule expérience, une multiplicité de questions. Derrière « subjectivité, vulnérabilité et lien social » pourraient se trouver quantité d’autres expériences encore génératrices de bien d’autres questions…


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