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Journal 8
17/9/2016 8:42:50 (849 lectures)

L'humain et la tentation du pire

17 septembre 2016

L'humain et la tentation du pire

« Les théories politiques extrémistes séduisent souvent les gens qui se vivent comme des bannis, des humiliés, victimes d'injustices. Leur message, c'est « Viens avec nous, tu seras un guerrier héroïque ». Ces idéologies font sauter le verrou qui empêche normalement la violence de déferler. (…) Ces personnes sont convaincues d'être dans le bon camp et que les autres sont des sous-hommes qu'elles peuvent anéantir, sans culpabilité »

(Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue, auteur de Troubles de la personnalité aux Ed. Dunod, propos recueillis par Hervé Chambonnière dans Le Télégramme du vendredi 16 septembre 2016, « Etat islamique. Les jeunes des proies idéales »).

Etre jeune, me dis-je, c'est se chercher. On imite ses parents (la fameuse « dînette » comme maman, « bricoler comme papa », pour reprendre des stéréotypes – hélas – encore en vogue), on imite ses amis (« Ouaich, trop cool ! ») par les paroles, par les mimiques, par le comportement. Puis vient le temps où, par-delà les imitations initiales, il s'agit de choisir, de se faire être tel ou tel.

L'identité, entité éminemment fluctuante, s'érige sur fond de ce qui attire (« footballer ! »), mais aussi parfois, très certainement, en prenant un appui préalable sur le tremplin du ressentiment : « on croit que je ne suis pas capable, que je suis trop comme ceci, pas assez comme cela et...on me met de mauvaises notes, on me fait passer d'un stage parking à un bout d'emploi précaire puis à un autre stage parking, comme si personne ne m'aimait, comme si personne ne voulait me laisser avoir une place, comme si je ne valais rien... », « moi à qui on inflige cela, je veux une place aussi, je veux un idéal à poursuivre aussi, je veux me réaliser aussi et...je suis tout ouvert à la première offre qui pourra m'apporter ce sans quoi mon être demeure lacunaire : LA RECONNAISSANCE, cet indispensable aliment permettant à mon identité de se déployer et me permettant de ne pas dépérir ». Je l'imagine, ce jeune qui se cherche, l'esprit traversé parfois par des monologues intérieurs de cet acabit.

Ainsi arrive-t-il qu'en l'absence de cet aliment nommé « reconnaissance » il y ait ce qu'un auteur appelait « insertion sur le mode de la déviance ». La société, dans son offre classique aux individus, ne propose guère que certains modes d'insertion, d'inclusion, d'intégration : études, stages,...et emploi quand tout va bien. Dans son offre cette fois parallèle, elle propose d'autres modes d'insertion, d'inclusion, d'intégration : économie parallèle, ralliement à des groupes qui sont contre un certain type de société qui est à l’œuvre1 . Or on sait, suffisamment, à quel point le premier type d'offre relève, pour ainsi dire, de l' « offre limitée » : tout le monde n'a pas accès à l'emploi, et quand bien même il y a accès à l'emploi, tout le monde n'accepte pas de voir son être entier se réduire à un métro-boulot-dodo assez souvent précaire et ne donnant très souvent qu'assez peu à se réaliser plus globalement en tant qu'être humain. De là, au moins pour partie, la tentation du pire. Quand un type d'offre n'est guère accessible, qui de nous s'en tient là ? Ne nous ouvrons-nous pas tous, alors, à tout autre type d'offre susceptible de nous convenir ?

Que vienne à passer, en ces moments-là, tissés d'amertume, une offre soudaine flattant notre ego ainsi que nos pulsions de base, et nous voilà prêts à dévaler sur la première piste venue. Cette piste-là nous propose ce qui était tant attendu : un idéal, une certaine reconnaissance dans le groupe, fondée – comme dans tant de groupes – sur le rejet des autres groupes. Ces autres groupes ne relèvent pas de ce nouveau « nous » au sein duquel il nous est dès à présent, et enfin, proposé de nous insérer et reconnaître.

Que vienne à passer, toujours en ces moments-là, un groupe incarnant soi-disant « le mal » et voilà que ceux qui ont déjà connu le mal de la non insertion, de la non inclusion, de la non intégration et de la non reconnaissance que produit déjà notre société en viennent à mettre dans la balance deux choses : d'un côté ce que « la société » n'a pas su leur apporter, de l'autre toutes ces merveilles à portée de main (idéal, reconnaissance, relations,...) que « le groupe » incarnant soi-disant « le mal » fait miroiter. Comment ne pas être pris de doutes ? Comment ne pas être tenté par cette tentation du pire ? Et comment, en même temps, finir par comprendre, un jour et avant qu'il ne soit trop tard, que la tentation du pire est parfois aussi la pire des tentations, celle menant à des contrées dont très souvent on ne revient pas ?

1 David Lepoutre (1997), Cœur de banlieue, Codes, rites et langage, Editions Odile Jacob


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