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50 pièces à conviction...(45)
25/6/2015 19:23:42 (1463 lectures)

Conviction 45 / La maladie

La maladie peut être appréhendée comme l'opportunité de construire un autre rapport à soi et au monde.



45

LA MALADIE

La maladie peut être appréhendée comme l'opportunité de construire un autre rapport à soi et au monde.

Finalement, la maladie m’a été du plus grand intérêt : elle m’a affranchi, elle m’a restitué le courage envers moi-même…

Lettre du 10 avril 1888 à Georg Brandes Nietzsche (Présenté par Jean-François Pestureau.) Editions Perrin. 2013, p. 263.

Il fut un temps, pas si lointain, où par quelque bon jeu de mot supposé être d’une profondeur et d’une intelligence insoupçonnées on rapprochait l’idée de « maladie » de l’idée que, par cette dernière, le « mal a dit ». L’inconscient étant supposé structuré comme un langage, et notre langage étant présupposé venir dire des choses sur nous à notre insu, tout était censé être symptomatique de quelque chose à découvrir. La maladie elle-même était ainsi censée venir nous apprendre quelque chose sur nous, tel un bon maître.

Par-delà cette personnification de la maladie menant encore certains à penser que celui qui a mal au dos en a « plein le dos », par delà cette relation magique aux mots qui séduit encore bon nombre, peut-être conviendrait-il de se demander, un peu plus sérieusement, ce que nous pouvons apprendre à l’occasion de la maladie, quand cette dernière surgit, et non, en tombant dans le verbiage, ce qu’elle pourrait nous apprendre que ne nous ne sachions pas sur nous.

La maladie nous mène, en bon nombre de cas, à nous extraire momentanément du monde, à sortir du terrain pour ne plus avoir qu’un regard extérieur sur ce dernier, du point de vue du banc de touche. En cela même, elle octroie du recul physique et peut être l’occasion, aussi, de prendre un certain recul de type psychique. Ne plus être dans l’action, mais pouvoir considérer celle-ci du dehors. Ne plus être dans la course, mais pouvoir se poser pour éventuellement prendre le temps de s’interroger quant au sens que revêt le fait de foncer constamment, de s’absorber constamment, de… ne chercher parfois ses clefs que là où il y a de la lumière.

Il est de ces malades qui s’enveloppent dans leur maladie comme on trouve à s’emmitoufler dans un vêtement bien chaud. On s’occupe d’eux, on est aux petits soins avec eux et la douceur du nid est telle qu’on ne saurait alors songer à vouloir quitter pareil cocon. On s’installe donc dans la maladie, quand bien même cette dernière était censée ne s’installer en nous que momentanément. On devient « le malade »… parfois imaginaire.

Il est aussi des ces malades qui, ne supportant pas l’idée d’une telle situation, n’acceptant pas l’idée qu’il faille s’arrêter un instant pour se soigner, se rendent malades à l’idée d’être malade comme le personnage Gribouille, dit-on, se lançait à l’eau afin de ne point être mouillé par la pluie… Singulière posture que cette posture-là, revenant à provoquer soi-même en soi l’analogue de cela-même qu’on souhaitait éviter. Comme on ne le sait que trop bien depuis Watzlavick, il est tout à fait possible de se passer du service des autres pour faire soi-même son malheur et, en la matière, nous autres humains savons atteindre des sommets.

Il est également de ces malades qui ne conçoivent la maladie que comme une partie, une facette temporaire ou pérenne de leur identité qui peut leur donner l’occasion d’apprendre encore et encore sur eux-mêmes et le monde à cette occasion. Bien des maladies font découvrir la possibilité d’un autre rapport au monde et toute nouvelle façon de se rapporter à ce monde est comme l'opportunité de se donner une nouvelle perspective cognitive, un nouveau point de vue.

Une maladie qui ralentit un usage du corps permet d’user différemment de ce dernier. Un simple bras cassé permet de découvrir les trésors d’ingéniosité dont nous sommes capables pour mettre, malgré tout, quelques morceaux de linge à sécher sur un fil. Le droitier devenu gaucher temporairement ou de façon pérenne, le gaucher devenu droitier découvrent chacun le monde d’un autre point de vue, à partir d’un nouveau promontoire auquel il faut faire l’effort d’accéder : en sortant des routines, en sortant des habitudes et autres automatismes pour redécouvrir la possible mobilisation de la conscience face aux obstacles qui n’en étaient pas jusqu’alors.

Non que la maladie est souhaitable. Qui pourrait, sérieusement, vouloir d'elle ? Il reste que, quand elle est là, nous avons, à l’évidence, le choix quant à la façon de nous y rapporter, la responsabilité de nous faire devenir tel ou tel. Et quand bien même nous ne ferions pas de choix, ce serait... encore un choix !


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