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50 pièces à conviction...(22)
12/6/2015 21:43:38 (1116 lectures)

Conviction 22 / Le regard

Le regard d'autrui posé sur moi : un moyen de se sentir en vie, un moyen et un risque de mise à mort aussi, parfois.



22

LE REGARD

Thèse : Le regard d'autrui posé sur moi : un moyen de se sentir en vie, un moyen et un risque de mise à mort aussi, parfois

On vit vraiment dans le regard des autres et on en ignore la puissance.

Boris Cyrulnik (2010), Je me souviens… Editions Odile JACOB, p. 39.

« Papa, tu me regardes ? », « elle lui a jeté un regard terrible », « il ne me regarde même plus ! », « il faut balayer du regard les membres du jury »… Nombreuses sont les phrases de ce type donnant à imaginer que le regard est loin de ne compter pour rien dans la constitution de nos vies. Si nous ne voyons pas d’entrée de jeu en quoi ou jusqu’à quel point ce regard est si important, comme bien souvent il suffit d’imaginer l’inverse : que se passe-t-il quand le regard n’est pas là ? Que se passe-t-il quand on a l’impression d’être invisible dans le regard de l’autre ?

Les psychiatres, comme Yves Prigent notamment, nous l’expliquent on ne peut plus clairement : cela attaque notre identité. Cela perturbe, puis détruit à petit feu, les fondations sur lesquelles s’appuient et reposent ce que nous sommes, ce que nous avions l’impression d’être avant que la force corrosive de l’absence de regard ne commence à faire son œuvre.

Tout se passe comme si nous avions en permanence, ou presque, besoin de la confirmation par autrui de ce que nous sommes, de ce que nous faisons, de ce que nous avons. Tout se passe comme si, à nous seuls, nous ne pouvions guère nous donner la pleine mesure de notre être, de nos actions, de nos possessions. Dans le regard de l’autre, nous venons nourrir ce besoin de sentir que nous valons bel et bien quelque chose, que nous faisons bel et bien ce qu’il faut en allant dans la bonne direction, que nous avons bel et bien acquis des éléments matériels de valeur, nous conférant bel et bien une valeur.

Nous nous pensons beau (ou moche…) et nous avons besoin du miroir d’autrui qui, émettant un jugement direct ou indirect, va nous confirmer que l’image que nous nous donnions de nous-même était la bonne. Nous pensons que nous sommes importants, que nous sommes quelqu’un de bien et nous avons, encore et comme toujours, besoin du miroir d’autrui qui, nous faisant une remarque positive, nous confirme dans notre existence et confère à nos faits et gestes cette valeur éthique que nous leur conférions nous-même en attendant confirmation, validation.

Comme si nous ne pouvions pas être juge et partie, comme si les impressions, images, jugements intérieurs que nous produisons à notre propre sujet ne pouvaient acquérir de pertinence assurée que par l’entremise d’un processus de soumission à un contrôle externe, objectif. Comme si nous ne pouvions prendre la pleine valeur de notre être et sa pleine existence que par observation des reflets que nous renvoient les regards portés par autrui sur nous.

Reste la question de savoir si nous ne devons pas nous méfier d’une certaine propension de ce besoin à prendre toute la place et à croire que ce que nous sommes, ce que nous valons, il suffit de se référer au regard d’autrui pour en prendre connaissance. Ce que nous sommes est-il réductible à ce que nous en dit autrui ?

Suis-je « maladroit » comme me le dit cette personne ? Mon être tout entier réside-t-il dans cette maladresse qui parait le colorer tout entier lorsque je suis affecté par le jugement péremptoire posé sur mon être ? Ou bien ne dois-je pas me dire que tout cela n’est qu’un jugement, une perspective sur un acte de ma part, un acte certes maladroit mais auquel mon être ne saurait se résumer ?

Où l’on voit que le regard que nous portons nous-même sur le regard qu’on porte sur nous est déterminant, aussi, dans la construction de notre identité, dans le récit que nous nous tenons à nous-mêmes au sujet de notre importance, de notre valeur. Le regard : puissance de vie, puissance – aussi – de mise à mort…


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