*
Top_left
Menu
ACCUEIL ACCUEIL
Mieux réussir, être + heureux... Mieux réussir, être + heureux...
Réussir sa vie Réussir sa vie
Attaché territorial - Culture G Attaché territorial - Culture G
RAEP, examens et concours RAEP, examens et concours
1. Rapport d'activité 1. Rapport d'activité
2. Expérience professionelle 2. Expérience professionelle
3. Parcours de formation 3. Parcours de formation
4. Illustration compétences pro 4. Illustration compétences pro
5. Curriculum Vitae 5. Curriculum Vitae
6. Lettre de motivation 6. Lettre de motivation
7. oral présentation parcours 7. oral présentation parcours
8. Réalisation pédagogique 8. Réalisation pédagogique
9. Mises en situation 9. Mises en situation
Ecrire ... Ecrire ...
Philosophie Philosophie
Réflexions au quotidien Réflexions au quotidien
Dissertations et citations Dissertations et citations
Ouvrages & Témoignages Ouvrages & Témoignages
Curriculum Vitae Curriculum Vitae
Livre d'or Livre d'or
Contact Contact
PrinterFriendly
Version optimisée pour imprimer
50 pièces à conviction...(18)
11/6/2015 20:25:38 (1102 lectures)

Conviction 18 / Le normal

Nous accommodant de l'anormal, nous en faisons quelque chose de normal et facilitons l'érosion de toute conscience morale en nous.



18

LE NORMAL

Thèse : Nous accommodant de l'anormal, nous en faisons quelque chose de normal et facilitons l'érosion de toute conscience morale en nous.

Il n’y a plus rien d’anormal puisque l’anormal est devenu habituel. Ainsi, tout s’arrange.

LE ROI dans Eugène Ionesco, Le roi se meurt.Ed. Gallimard. 1963. Collection Folio, p. 32.

Le normal, en un des sens du terme et en son sens le plus ordinaire, est ce qui, à nos yeux, va de soi et ne requiert ni remarque, ni critique particulières de notre part sur fond desquelles nous jugerions qu’une situation doit évoluer. Il est « normal » de payer son ticket avant d’entrer dans le bus, il est « normal » que les enfants respectent leurs parents, il est « normal » de dire bonjour à son voisin, il est « normal » d’arriver à l’heure pour un rendez-vous. Derrière ce que nous présentons comme « normal » il y a tout un ensemble de situations que nous passons, pour ainsi dire, au laser de certaines de nos conceptions morales et dans lesquelles nous ne repérons pas de contrefaçon, pas de façon de faire mettant en cause ce qui, toujours à nos yeux, doit être en vertu de nos modèles intérieurs. « Tout est normal » est ainsi l’expression qui vient à l’esprit quand ce qui est se révèle, à l’examen, conforme à ce qui doit être.

Resterait à se demander si en certains cas il n’y a pas, parfois, un glissement qui s’opère menant subrepticement à juger normal ce qui ne l’est point et ce, en raison de notre tendance, toujours parfois, à céder au processus faisant entrer dans l’habitude.

Ainsi accepte-t-on, sans broncher, que quelqu’un parle mal aux autres : peut-être s’est-il levé du mauvais pied ? Ainsi accepte-t-on d’être celui/celle qui débarrasse la table, prépare le repas, fait la vaisselle : les autres sont certes là mais n’ont-ils pas tant d’autres choses à faire ? Ainsi accepte-t-on… quantité de choses, des plus insignifiantes à celles signifiant clairement le franchissement de certaines limites ayant trait à une certaine morale, ayant trait parfois aussi à la loi. Telle femme accepte l’inceste sans dire un mot dans la mesure où elle y voit un moyen de gérer la honte qu’elle a de ne pouvoir satisfaire son mari. Tel parent accepte que son propre enfant lui parle mal, voire le tape, tant que ce n’est qu’une fois, tant que ce n’est que deux fois, tant que… l’habitude n’a pas anesthésié définitivement la faculté de s’indigner.

Car, c’est effectivement, à une forme d’anesthésie de la faculté d’indignation que mène en certains cas de figure l’habitude à laquelle nous cédons. Venant à nous accommoder une fois, puis deux, puis trois de ce qui choquerait plus d’un, nous en venons à nous faire à ce dont nous aspirerions pourtant à nous défaire, nous en venons même à accepter ce qui, de l’avis de quasiment tous, relève de l’inacceptable. A chaque fois pour une bonne raison que nous ne manquerons pas de nous inventer pour justifier jusqu’à l’injustifiable…

C’est ainsi que quantité de personnes ont contribué à mettre en œuvre le système des chambres à gaz. C’est ainsi que quantité de personnes, dans bien d’autres situations analogues, en sont venues à s’accommoder de ce qui est, étouffant en elles tout sentiment de révolte, toute volonté d’opposition à diverses formes de privation de liberté. « Tout finira bien par s’arranger » se dit celui/celle qui décide de prendre l’habitude de s’accommoder momentanément de l’anormal, ne voyant pas que par cette décision il/elle entre dans un processus d’érosion de toute conscience morale en soi.

C’est ainsi que ce qui devrait être vient à se fondre dans ce qui est quand plus personne ne tape du poing sur la table et ne s’insurge face à certaines dérives venant à surgir. C’est ainsi que les petits arrangements qu’on s’autorise, en attendant que tout s’arrange, se révèlent n’être qu’une forme d’attentisme, de laisser faire, de laisser passer qui autorisent le pire.

La dimension anormale de l’anormal venant à être gommée par anesthésie de notre faculté à nous indigner et à nous insurger, les premiers barrages cèdent et nous n’observons parfois que trop tard la vérité : ne rien faire est encore faire, ne pas s’opposer à l’anormal est contribuer à le faire apparaître comme normal, acceptable.


Retour Version optimisée pour imprimer Envoyer cet article à un(e) ami(e) Version optimisée pour imprimer
Les articles et commentaires publiés ici sont sous la responsabilité, sans restriction de l'auteur respectif.
bottom
copyright

© Copyright by Worldsoft AG, Neuchâtel, 2008. Tous droits réservés pour le monde entier !
Site optimisé avec Internet Explorer - Meilleure résolution écran 1024 X 768 pixels
Conception et Gestion du site :
www.breizhlagon.info

Pseudo :
User-Login
Votre E-mail