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50 pièces à conviction...(8)
28/5/2015 21:54:03 (1289 lectures)

Conviction 8 / Autrui

L'image, parfois tronquée, que nous nous donnons d'autrui est très souvent le filtre à travers lequel nous ne cessons plus de le percevoir.



8

AUTRUI

Thèse : L’image, parfois tronquée, que nous nous donnons d’autrui est très souvent le filtre à travers lequel nous ne cessons plus de le percevoir.

Mes parents ne me regardaient pas, puisqu’ils avaient déjà décrété comment j’étais – « trop sage, pas vivante, etc. ».

Un regard véritable n’a pas d’idée préconçue.

Amélie Nothomb, Antéchrista. Ed. Albin Michel. 2003, p. 66.

Amélie Nothomb, Michel Lacroix, Amin Maalouf, Krishnamurti, … : nombreux sont les auteurs à avoir souligné cette fâcheuse tendance que nous avons, à divers degrés, à nous forger avec précipitation une image d’autrui sur la base de quelques impressions de départ. Une simple grimace d’autrui, un simple geste spécifique de sa part et nous voilà qui extrapolons, qui entrons dans des généralisations bien souvent abusives. Celui qui n’arrive pas à l’heure est forcément un fainéant, celle qui ne sort pas facilement son argent est une pingre : nous multiplions à volonté les points de vue arrêtés sur autrui ne nous rendant pas compte des conséquences.

Entre autres conséquences le fait que l’image, parfois tronquée, que nous nous donnons d’autrui est très souvent le filtre à travers lequel nous ne cesserons plus de le percevoir. Un élément nouveau vient-il mettre en question la vision que nous avions de l’autre, nous voilà qui nous empressons d’interpréter les choses à seule fin de continuer à avoir raison contre vents et marées : si autrui est arrivé à l’heure, c’est certainement « l’exception qui confirme la règle » – selon l’expression consacrée – et notre vision d’autrui comme fainéant ne se trouve pas le moins du monde affectée par les éléments qui devraient pourtant lui apporter un cinglant démenti ; si autrui sort aujourd’hui son argent alors que nous le prenions pour un pingre, c’est certainement parce qu’il a quelque chose à se faire pardonner ou qu’il est dans quelque autre stratégie latente qui ne tardera pas à devenir manifeste aux yeux de tous… Bref, la première image que nous nous donnons d’autrui est dans bien des cas celle dont nous avons du mal à nous dépêtrer. Elle colle comme un chewing gum à nos baskets, pourrait-on dire, avec une image qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui a l’avantage d’être claire.

Faire en sorte d’avoir un « regard véritable » afin de pouvoir s’extirper de chaque « idée préconçue » qui menace de happer notre attention et de figer notre point de vue sur autrui : tel est sans doute l’effort que nous devrions tous entreprendre. Il reste qu’au quotidien il est plus facile de se laisser glisser sur la pente de la facilité que de décider de grimper celle qui nous mènerait à élever un peu nos points de vue parfois bien caricaturaux. Aussi observe-t-on quantité de gens –ces gens… dont nous faisons partie – céder à la tentation de la facilité, ne pas chercher à comprendre, ne pas chercher à s’ouvrir à ce que l’Autre pourrait bien être, aussi, par-delà la caricature qu’ils s’en sont donnée.

L’ouverture à la richesse d’autrui et, a fortiori, à un possible enrichissement de soi dans le cadre de la relation à ce dernier est pourtant au prix de cet effort qui consiste à adopter une identité d’ouverture et non une identité de repli. Il est certes plus facile de se replier sur la conception aux contours limités qu’on se donne d’autrui et il est certes plus facile de céder au confort d’une interprétation idéologique ayant par avance assigné un sens à chacun des actes de l’autre, il reste que cela revient à ne se doter que d’une vision bien pauvre et appauvrissante de ce qu’est autrui, de ce qu’il peut nous apporter.

Chaque individu est une présence unique, non remplaçable à l’identique par un seul autre des milliards d’individus que compte cette planète. Pourquoi se priver de cette richesse ? Pourquoi ne pas poser, une bonne fois pour toutes, les lunettes qui déforment la réalité et nous enferment dans une vision tronquée d’autrui ? Pourquoi continuer à ne voir autrui qu'à travers un prisme déformant qui nous mène à ne plus voir la forêt de ses qualités derrière le seul arbre d'un seul défaut ? Autant de questions qui ne changeront peut-être pas nos tendances profondes mais auront peut-être le mérite de faire vaciller un moment les certitudes les plus tenaces dans lesquelles nous nous figeons nous-mêmes, tel un bout de bois entre les mâchoires d’un étau.


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