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L'homme qui marchait dans sa tête...(6)
11/5/2015 19:15:27 (1889 lectures)

Journal philosophique 6

Entre ombres et lumières...



Entre ombres et lumières...

Petite balade matinale, de nuit. Petit à petit on s'habitue à la nuit. Petit à petit on s'habitue à presque tout, à vrai dire.

Différence entre les endroits éclairés par quelque réverbère au bord de la route et les endroits encore emmitouflés dans la nuit : des oiseaux chantent ici, et pas encore là. L'artifice bouscule l'ordre de la nature.

Certains prônent un certain retour à la nature. Ils invitent à se rapprocher à nouveau de ce dont nous nous sommes éloignés, et notamment à retrouver la vraie noirceur d'une nuit non éclairée par nos si nombreux lampadaires. C'est une option... N'allons pas en conclure, trop vite, que nous devrions nous défaire de toutes les inventions technologiques qui nous écartent de la nature : la nature, c'est aussi, comme il arrive, la perspective soudaine de la mort et chacun sait, parfois pour soi, parfois pour ses proches, à quel point il peut être apprécié de voir cette mort différée grâce aux prouesses technologiques. Elle arrivera bien assez tôt...

Jeux d'ombres et de lumières. Mon ombre s'est dédoublée, une ombre en demi-teinte paraît poursuivre ma propre ombre... Nous sommes presque quatre : moi qui me pense, moi qui suis cet être physique en balade, mon ombre et l'ombre de mon ombre... Expérience quasi psychiatrique à l'entrecroisement des jets de lumière des divers lampadaires et de ma propre lampe de poche.

Autres jeux d'ombres et de lumières, en sous-bois cette fois. Le chemin se découvre morceaux par morceaux, après chaque petit virage. En journée, on devinerait davantage ce qu'il y a devant, au-delà de ces méandres successifs se donnant à découvrir les uns après les autres. A cette heure, c'est à une toute autre perception qu'on est confronté. Le devant des scènes, placé sous les jets de lumière, laisse inaccessible, derrière lui, tout un monde obscur, par-delà la clarté. Les ombres des branches paraissent d'abord être des branches pour se révéler presque aussitôt comme simples ombres. La vitesse de la marche fait défiler ces tableaux successifs de réalités qui ne sont qu'ombres, d'apparences d'ombres qui se révèlent être, parfois aussi, bien plus qu'ombres.

En revenant d'une telle balade, au petit matin, une esquisse de jour se laisse entrevoir au bout d'un chemin. Bientôt le jour aura balayé la nuit. Bientôt la vie normale va reprendre son cours et il faudra se replacer dans ses sillons.

Écrire sur tout cela ne sert à rien : voilà en quoi cela est si utile. On n'imagine pas toujours à quel point se consacrer à l'inutile peut être utile...

Une petite balade de plus. Mettre un pas devant l'autre. La vie en somme. Une vie qui se consume, une vie qui se dit, aussi. Une vie qui se déroule, qui se déplie, qui coule, qui manque de se perdre dans la confrontation à quelques ornières et qui, de ce fait, n'en devient que plus intéressante, enrichissante.

En marchant dans la nature, je pense à ceux qui sentent ces fleurs, qui voient ces herbes folles, qui entendent ces bruissements permanents, qui voient leur attention happée par tout mouvement soudain, inopiné. Sont-ils dans la nature ? Ou bien sont-ils dans leur façon de penser la nature ? Je les entends mettre des mots sur telle fleur dont j'ignore le nom, sur tel arbre dont je méconnais les formes spécifiques. Arriver à mettre les mots précis sur les choses, les bonnes étiquettes sur les catégories diverses et variées les met-il dans une meilleure connaissance de ce qui est (certainement) ? Dans une plus grande proximité avec l'être des choses (il est bien possible) ?

Chacun a sa façon de se rapporter au monde environnant, de mettre certains mots sur les choses, les êtres, les relations. Mise en mots de nature descriptive, mise en mots tentant de percer le sens, à supposer qu'il soit d'ores et déjà dans le monde. Chacun y va de sa façon de mettre des mots. Ne parlons pas de ceux qui mettent des mots sur le fait de...mettre des mots...

Tout cela génère une plus ou moins grande adhésion au monde. En certains cas, une proximité qui va jusqu'à l'absorption de soi en ce qui est. En d'autres cas, un recul qui peut aller jusqu'à l'insertion dans un monde parallèle, un monde de mots pour dire le monde qui peut sembler perdre le contact.

Être absorbé par ce qui est, est-ce toutefois être en contact avec ce qui est ? Ou bien, n'est-ce pas se perdre aussi ?


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