*
Top_left
Menu
ACCUEIL ACCUEIL
Mieux réussir, être + heureux... Mieux réussir, être + heureux...
Réussir sa vie Réussir sa vie
Attaché territorial - Culture G Attaché territorial - Culture G
RAEP, examens et concours RAEP, examens et concours
1. Rapport d'activité 1. Rapport d'activité
2. Expérience professionelle 2. Expérience professionelle
3. Parcours de formation 3. Parcours de formation
4. Illustration compétences pro 4. Illustration compétences pro
5. Curriculum Vitae 5. Curriculum Vitae
6. Lettre de motivation 6. Lettre de motivation
7. oral présentation parcours 7. oral présentation parcours
8. Réalisation pédagogique 8. Réalisation pédagogique
9. Mises en situation 9. Mises en situation
Ecrire ... Ecrire ...
Philosophie Philosophie
Réflexions au quotidien Réflexions au quotidien
Dissertations et citations Dissertations et citations
Ouvrages & Témoignages Ouvrages & Témoignages
Curriculum Vitae Curriculum Vitae
Livre d'or Livre d'or
Contact Contact
PrinterFriendly
Version optimisée pour imprimer
Promenades (32)
20/10/2014 17:18:56 (1560 lectures)

Promenade 32

Promenade 32

Voici un enfant qui s’ennuie. Il ne cesse de déclamer des tirades au sujet de son triste sort à qui veut l’entendre : « je ne sais pas quoi faire ». Il passe d’une pièce à l’autre de la maison, passe devant ses livres qu’il pourrait lire mais ne lit point, devant son vélo dont il pourrait faire usage mais dont il n’use guère, et devant des dizaines d’autres moyens, encore, de tuer son ennui, mais rien n’y fait. Il a le sentiment d’avoir déjà assez lu, d’avoir déjà assez fait de vélo et de toutes ces activités trop connues qui ne suffisent plus à faire naître une envie. Il tourne en rond, dirait-on. Il ne trouve pas à s’occuper tandis que le monde semble pourtant en attente d’une seule de ses décisions pour se mettre en branle, pour être à nouveau le théâtre animé d’un ensemble de façons de s’amuser.

L’ennui est là qui pèse sur sa façon d’entrevoir l’intérêt du monde environnant. Le monde est par avance vu comme insusceptible de lui apporter ce qu’il aimerait y trouver : le goût de faire des choses, l’envie d’être attiré par de nouvelles activités dans lesquelles on puisse trouver à être absorbé. En attendant, ne règne dans ce monde qu’une certaine torpeur, qu’une absence de vie véritable, faute d’animation. Quand rien ne vient introduire un minimum d’animation en ce monde, ce dernier apparait comme une grosse masse nuageuse lourde et inanimée pesant de son poids sur nos capacités de mouvement.

Rien ne parait intéressant. Rien ne parait digne d’attention. Rien ne semble émerger hormis le rien : il n’y a rien à faire. Il suffirait pourtant d’une petite étincelle d’intérêt pour que reprenne le feu des envies, pour que reprenne le sentiment d’être en vie. Au lieu de se trainer, on se sentirait alors porté. Au lieu de l’inertie qui plombe l’humeur, il y aurait l’esprit qui, par avance, donne une idée au corps des mille et un plaisirs qu’il y a à tendre encore et encore vers la concrétisation de quelque projet.

L’ennui nous fait goûter le temps où nous ne sommes guère saisis par une quelconque envie de faire quelque chose. Il nous donne à croire que le monde n’est plus digne d’intérêt et que c’est pour cela que nous nous y ennuyons alors que c’est fort probablement bien davantage de l’inverse qu’il s’agit. C’est parce que nous n’arrivons pas ou plus à raviver en nous la flamme de nos envies que le monde en devient pour nous, et comme par contrecoup, synonyme d’environnement ennuyeux.

L’ennui nous place hors du temps de l’absorption. Là où nous étions d’ordinaire pris par notre intérêt pour les choses et tout entier en avant de nous-mêmes, nous voilà rivés au présent, nous voilà rivés à nous-mêmes et à notre sentiment d’ennui, tel l’individu pris dans la vase, ne pouvant plus s’en extirper pour avancer. Là où nous étions, en pensée, toujours en avant de possibilités à concrétiser, nous voilà dès à présent assignés à résidence au royaume de l’ennui, loin de toutes les envies, loin de la vie faite, en général, de mouvement.

Quand nous cédons à l’ennui, nous ne parvenons plus à nous projeter dans un quelconque projet. L’absence de sens ressentie est comme une absence de carburant venant rendre impossible autre chose que de l’indifférence à l’endroit de ce qui avait pour habitude de  nous affecter.

Par l’ennui nous sentons qu’il est possible, à certains moments, que rien ne fasse plus sens. Non que le sens aurait fuit le monde, laissant ce dernier n’être qu’un magma sans intérêt. C’est plutôt une découverte que nous faisons là : rien n’acquiert de sens, ici-bas, tant que nous ne nous mettons pas à en conférer de ci, de là, à ce qui nous entoure. Seul l’Homme parait pouvoir faire de ce monde un monde ennuyeux ou empli de sens, quand bien même il a tendance à croire, parfois, qu’ennui et absence d’ennui relèvent plus du monde tel qu’en lui-même, que de lui, Homme. Le petit d’Homme n’échappe guère à la règle…    


Retour Version optimisée pour imprimer Envoyer cet article à un(e) ami(e) Version optimisée pour imprimer
Les articles et commentaires publiés ici sont sous la responsabilité, sans restriction de l'auteur respectif.
bottom
copyright

© Copyright by Worldsoft AG, Neuchâtel, 2008. Tous droits réservés pour le monde entier !
Site optimisé avec Internet Explorer - Meilleure résolution écran 1024 X 768 pixels
Conception et Gestion du site :
www.breizhlagon.info

Pseudo :
User-Login
Votre E-mail