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Promenades (29)
10/10/2014 12:55:43 (1426 lectures)

Promenade 29

Promenade 29

Je la connais depuis un moment. A chaque fois qu’on se croisait, elle en venait à me parler de sa fille. Toujours ces problèmes de comportement à l’école. A présent les notes baissaient énormément. L’établissement en avait lui-même assez de faire des mots aux parents.

Les derniers temps, la situation avait empiré. Le ton était beaucoup monté entre elle et sa fille. Elle en était même venue aux mains tant l’excédait le fait de voir que sa propre fille ne tienne aucun compte des remarques de ses parents, de l’école et du monde adulte en général.

La dernière fois que je l’ai vue, elle était dépitée, totalement dépitée. Son ton de voix était le résultat d’un reste de surprise qui lui restait encore au fond de la gorge, s’entremêlant avec un vrai sentiment de culpabilité. Elle venait d’apprendre, par un psychologue, que sa  fille n’avait pas un tel comportement hors norme « pour casser les pieds de ses parents », ou encore « pour se moquer de tout le monde ». Sa fille avait un tel comportement pour une autre raison : on venait de détecter qu’elle fait partie des enfants dits « surdoués » ou encore « à haut potentiel », « intellectuellement précoces ».

En apprenant cela, les écailles lui étaient tombées des yeux et la lumière de cette vérité nouvelle l’aveuglait presque. Là où elle voyait, au départ, et depuis si longtemps, « moqueries », « impertinence » voire « insolence », tout était à revoir ou, en tous cas, à voir d’une autre façon. Elle n’en finissait plus, dès lors, de balayer à nouveau le passé pour chercher à lui conférer un autre sens au regard de ce qu’elle venait d’apprendre. Comment était-il possible qu’elle se soit à ce point trompée au sujet de sa propre fille ? C’était impensable…

Sa fille ne jouait pas à lancer son crayon en l’air par absence de respect pour les enseignants, elle le faisait car elle avait, quant à elle, l’impression que c’était se moquer d’elle que de faire un cours d’une heure pour lui expliquer ce qu’elle avait compris en cinq minutes. Elle ne passait pas son temps à « chercher à perturber la classe » mais à trouver de quoi s’occuper tant l’ennui plombait ses journées à devoir écouter de la sorte des choses qu’elle savait déjà pour la plupart.

Bref, la mère se rendait compte de ceci : elle avait interprété chaque évènement dans un cadre d’adulte ne comprenant guère l’essentiel de ce qui se passe, de ce qui se joue, elle avait étiqueté chaque comportement à partir des seules étiquettes qu’elle avait à sa disposition en vertu de son éducation et n’avait pas pu voir plus loin que le bout de son nez. Adoptant un autre cadre d’interprétation, plus ouvert, arrivant à voir plus loin que le bout de son nez, jamais elle n’en serait venue à s’énerver autant avec sa propre fille, jamais – ce qu’elle se reprochait le plus – elle n’en serait venue aux mains…

Depuis ce moment, repensant à elle et à sa fille, je ne puis m’empêcher de m’interroger : jugeons-nous bien ceux qui nous entourent ? N’adoptons-nous pas dans nos interprétations un cadre trop rabougri, trop étriqué pour penser et comprendre la richesse d’autrui ? Ne passons-nous pas une bonne part de notre temps à ne voir d’autrui que nos propres représentations bien souvent figées à son sujet là où nous pourrions nous ouvrir à ce qu’il est vraiment ?

Figer l’autre dans une identité déformée qu’on projette sur son être, le fixer, l’épingler tel un papillon dans l’une de nos collections des idées reçues : combien de fois nous arrive-t-il, dans nos vies, de nous laisser aller à de tels travers, à de telles inclinations ? Ne faudrait-il pas apprendre, plutôt, à déformer nos cadres, à les adapter à la réalité, là où nous faisons bien souvent l’inverse ?

Untel fait-il vraiment la tête « parce qu’il ne peut supporter personne » ou bien parce qu’il est malade ? Ne dit-il pas bonjour aujourd’hui « parce qu’il est lunatique voire bipolaire » ou bien parce que sa vie traverse une crise sans précédent ? Si le futur vient nous apprendre, parfois, que nos cadres d’interprétation étaient trop rigides, ne devrions-nous pas songer, parfois, à les rendre plus souples, plus ouverts ?


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