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Promenades (17)
10/8/2014 18:09:05 (1699 lectures)

Promenade 17

Promenade 17

            Un jour, il y a bien des années de cela, j’ai entendu parler d’un type qui, me disait-on avait « une philosophie ». Cette « philosophie », qu’on me pardonne de rapporter les faits à l’état brut, consistait en la formule suivante : « la vie est un bâton de merde, on doit en lécher un coin chaque jour » (sic). Le propos peut paraitre lourd, il a au moins l’avantage d’être clair et percutant. Qui tient un tel propos ? Précisons la question quant à son sens : qui est susceptible de tenir un tel propos ?

On peut imaginer que c’est un type qui a connu successivement plusieurs coups durs. On peut imaginer que c’est un type qui, à force de se prendre des coups, a fini par croire que la vie, de façon générale, c’est cela : recevoir des coups. Cette croyance est à ce point devenue sienne qu’elle a fini par s’accompagner d’une forme d’attente : il s’attend à recevoir des coups. Il s’y attend à tel point qu’il passe chacune de ses journées au crible de sa croyance et se demande : qu’est-ce qui, aujourd’hui, s’apparente à des coups que j’aurais reçus sur le coin de la figure ? Il sélectionne dans le réel tout ce qui, de près ou de loin, est susceptible de passer pour un « coup dur », de se définir comme tel. Pour peu qu’un « coup dur » soit, à ses yeux, le fait que survienne quelque chose dans le réel qui ne soit pas en adéquation avec ce qu’il avait prévu, qui ne soit pas conforme à son désir, la liste des « coups durs » risque de s’allonger encore et encore. Les éléments se cumulant sur cette liste viendront par ailleurs renforcer à chaque fois sa croyance initiale.

            Etrange façon de se rapporter au réel, dira-t-on, peut-être. Il n’est, pourtant, rien que de commun : un type croit que le réel est bon ou mauvais, puis il passe son temps, ensuite, à ne sélectionner dans ce réel que les éléments à l’appui desquels sa croyance ne fera que se fortifier. Autre question, maintenant : le réel est-il bon ou mauvais ? Plus trivialement : la vie est-elle un « bâton de merde » ou…quelque chose de mieux ?

            Réponse : le réel n’a pas de valeur particulière en lui-même, il n’a de valeur que celle qu’on lui donne. Il sera bon si nous le jugeons bon, mauvais si nous le jugeons mauvais. Le réel est…ce qu’on dit à son sujet. Change-t-on ce qu’on dit à son sujet, il se passe aussitôt, ou peu de temps après, d’étranges choses…

            Imaginons un instant notre type, celui qui disait que « la vie est un bâton de merde », changeant de point de vue. Le voici qui se dit, dès à présent, que la vie est plutôt un bâton de sucre comme une sucette et qu’il nous revient, chaque jour, de découvrir un nouveau goût, toujours meilleur, derrière chaque nouvelle couche sucée. Comment se rapportera-t-il désormais à la vie ?

            Ne se demandera-t-il pas quelle merveilleuse surprise lui réserve la vie pour le lendemain ? N’attendra-t-il pas, tout excité, qu’un nouveau jour se lève et ne se réveillera-t-il pas complètement joyeux à la perspective toute prochaine de découvrir encore et encore un nouveau goût ?

            Sa nouvelle croyance le fait incliner à se rapporter au monde tout autrement qu’il ne le faisait jusqu’à présent.

            Quand nos attentes et nos exigences à l’égard du réel sont très fortes, trop fortes, il nous faut nous attendre à être maintes fois déçus, maintes fois déprimés. Quand ces mêmes attentes et exigences se font plus raisonnables et s’élèvent davantage à hauteur d’Homme, il y a davantage de probabilités que la satisfaction soit au rendez-vous.

D’aucuns estimeront que tout cela est évident. Et pourtant… Et pourtant nous connaissons tous des personnes qui sont malheureuses de réaliser que le réel ne leur livre pas ce qu’il n’est pas en mesure de leur livrer. Peut-on d’ailleurs dire qu’elles « sont » malheureuses ? Ou ne faudrait-il pas dire, plutôt, qu’elles « se rendent » malheureuses ? Et ne serait-ce pas leur rendre service que de les aider, au moins subrepticement, à s’en rendre compte ? Bien souvent, il faut le concéder, nous sommes malheureux là où, en fait, nous ne faisons que faire nous-mêmes notre malheur.

Comment un type peut-il envisager un seul instant d’être heureux lorsqu’il a pour conviction de base que… « la vie est un bâton de merde dont on lèche un bout chaque jour » ? La vie, à supposer qu’elle soit réellement cela, n’est-elle pas devenue ce qu’elle est – à ses yeux – parce qu’il l’a, à un moment donné, constituée comme telle ? La constituerait-il autrement, via la perception qu’il s’en donne, ne deviendrait-elle pas autre ? Et si tel est le cas, ne portons-nous pas une grande part de responsabilité dans ce qu’est la vie, dans ce que sont nos vies ?


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