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Réussir sa vie. Lettres à un jeune ami. (9)
20/3/2010 22:56:33 (4101 lectures)

Lettre n°9



Lettre n°9
 
Cher ami,
 
Merci de ton dernier courrier. Je vois que cette histoire de petites voix te parle complètement, si j’ose dire. Tant mieux. Poursuivons donc notre chemin et l’évocation des autres voix intérieures.
 
Petite voix n° 3 : « ça peut bien attendre demain, non ? » [procrastination]. Incroyable voix que celle-là ! Elle nous mène à différer de jour en jour ce que nous devons faire si nous voulons vraiment réussir en faisant quelque chose. Tout commence par une petite phrase comme : « tiens, demain il faudrait que j’écrive la première page de mon livre ». Arrive le lendemain où l’on se trouve mille excuses pour ne pas faire tout de suite ce qu’on avait pourtant projeté, la veille, de faire. Suit alors une deuxième petite phrase comme : « ça peut bien attendre demain, non ? » puis suit également une argumentation courte et à première vue sans faille : « on n’est pas à une journée près, hein ! »
 
Tout irait pour le mieux si les choses s’arrêtaient là et si le surlendemain on finissait par se mettre à faire ce qu’on avait prévu de faire depuis l’avant-veille. Il reste que ce qu’on appelle la « procrastination » et qui consiste à toujours remettre au lendemain est fondé sur un scénario récurrent : il y a une sorte d’éternel retour du même comportement qui fait que chaque nouveau jour est un nouveau temps présent durant lequel on se dit à nouveau que « cela peut bien attendre demain », toujours dans la mesure où « on n’est pas à une journée près ».
 
Ainsi certaines vies se consument-elles à remettre toujours à plus tard. Ainsi ces mêmes vies consistent-elles à finir par déplorer de ne jamais avoir réussi à faire ce qu’on voulait faire. Mais, le voulait-on vraiment ? Et, si c’est le cas, s’en est-on réellement donné les moyens ?
 
Petite voix n° 4 : « ah, si tu avais le niveau ! [victime]. Cette petite voix est terrible : elle nous mène à ne jamais prendre nos responsabilités. Il s’agit d’une petite voix qui est sur le ton de la plainte : « ah, si j’avais le niveau, j’écrirais un livre », « ah, si j’avais le niveau, je ferais une conférence ».
 
Comme il m’est arrivé parfois de le dire : c’est « la position du ah si qui fait qu’on reste toujours assis » et qui fait que jamais on ne prend la ferme décision de se lever pour aller de l’avant et se jeter à l’eau.
 
Il est d’autant plus difficile de sortir de cette position victimaire qu’il y a quelques avantages à y demeurer au chaud. Ainsi, y a-t-il un avantage à inspirer chez autrui de la pitié : le « ah si j’avais le niveau » ayant parfois pour écho dans l’entourage un « mais si, tu vas aussi y arriver ! » émis sur le ton de l’encouragement, il permet de bénéficier d’un souci bienveillant d’autrui à notre égard.
 
Comme la posture dépressive qui incite l’entourage à s’enquérir constamment de ce qui va ou ne va pas chez nous, la posture victimaire a ce même avantage secondaire de provoquer de la pitié et, comme à la télévision, de faire monter l’audience. Le pseudo moment de célébrité obtenu à cette occasion encourage plus d’un à céder à la « tentation de l’innocence » (Pascal Bruckner) et à se poser en éternelle victime des circonstances : « si je ne réussis pas, c’est la faute aux circonstances, lesquelles ne sont jamais favorables ».
 
Bref, nous restons « ah si » et « assis » : au lieu de prendre en main notre propre destin et de faire le premier de ces petits pas qui, accumulés, finissent par nous faire parcourir de grands chemins, nous cédons à la tentation du repli. La mauvaise foi aidant nous passons ainsi notre temps à déplorer les circonstances qui jamais ne seraient là pour nous aider. Et nous passons notre temps à oublier, ce faisant, la part de responsabilité que nous avons à déplorer ainsi ce que sont les circonstances au lieu de les appréhender comme autant d’occasion de se mettre au défi et de gravir les obstacles un à un pour mieux apprécier un jour sa propre réussite après avoir bravé les pires intempéries.
 
Petite voix n° 5 : « tu vas voir, je suis sûr que je vais échouer » [auto sabordage]. Cette petite voix nous montre que nous sommes notre propre ennemi sur fond d’une grande perversité parfois. De fait, nous arrivons parfois à nous faire croire que nous avons réussi notre coup en réussissant… à échouer ! Incroyable, non ?
 
Tout commence par une petite phrase d’allure anodine qui, de loin en loin, va engager l’avenir, notre avenir : « tu vas voir, tu vas encore échouer ». Cette petite voix intérieure est l’exact pendant de ce que nous déclarons parfois aux autres : « tu vas voir, je vais échouer ».
 
Cette petite phrase a tout d’une phrase anodine mais, comme tu le verras, elle est bien loin d’être sans effet sur celui ou celle qui la prononce. Elle relève de ce que certains spécialistes de la communication appellent les « prophéties auto réalisatrices ». Autrement dit, nous annonçons ce que sera l’avenir (prophétie) et, du fait que nous annonçons qu’il se caractérisera par l’échec, il finit par advenir et par se conformer à ce que nous avions annoncé : nous avions annoncé que nous allions échouer et… voilà que nous échouons, effectivement. Nous voilà prophète et presque prêt à travailler pour la météo puisque nous réussissons à deviner ce qui va arriver et nous réussissons… à échouer ! Certes nous échouons mais au moins avons-nous réussi quelque chose : nous avons réussi à savoir par avance que nous allions échouer. Est-ce à dire que nous serions devenus devins ? Il est permis d’en douter…
 
Au lieu de croire que nous sommes devenus devins, mieux vaut tenter de livrer une explication plus prosaïque des choses : annonçant à autrui ou à nous-mêmes que nous allons échouer nous nous plaçons nous-mêmes dans un terrible processus psychologique qui va nous broyer. Annonçant que nous allons échouer, nous nous faisons prophète et nous prenons autrui à témoin de notre capacité à prédire l’avenir. Or nous ne voulons pas échouer devant autrui : nous allons donc tout mettre en place pour « réussir à échouer ». Pourquoi ? Parce qu’il est peut-être terrible et pénible d’échouer mais au moins aurons-nous réussi une chose sous ce même regard d’autrui : nous aurons réussi à deviner notre échec à venir ; tout du moins en apparence.
 
En réalité, il y a fort à parier que celui qui annonce qu’il va échouer place dans le monde par ses mots les bonnes conditions, le bon terreau pour que surgisse de façon effective l’échec tant annoncé. Peut-être un échec peut-il nous mener à perdre la face, au moins une annonce de cet échec sous forme de prophétie nous permet-elle de ne pas perdre totalement la face. Ainsi y a-t-il un plaisir à « réussir à échouer » qu’illustre merveilleusement bien la petite phrase finale utilisée en de telles occurrences : « tu vois, j’avais dit que j’allais échouer ! ». Ce plaisir est un moindre plaisir : le moindre plaisir de celui qui certes a échoué mais peut se targuer de l’avoir prédit. « Mais non… » disait autrui « tu vas réussir ! » et voilà que la réalité nous fait le plaisir de créer notre échec, à l’image de ce que nous avions prédit. Moindre satisfaction, il est vrai mais satisfaction minimale…
 
Tu me concèderas, je pense, que quand on est dans ce genre de situation, on reste plutôt, au final, sur un sentiment d’échec : on a réussi à échouer, certes, mais ce qui reste ce n’est pas tant la réussite que l’échec. Derrière l’attitude de parade caractérisant en première apparence le pseudo prophète qui crée la réalité de l’échec pour mieux réussir ses prophéties, il y a fort probablement très souvent un pauvre être démuni qui conserve de cette pseudo victoire un goût d’amertume.
Que retenir, alors, de tout cela ? me demanderas-tu. Je pense qu’il faut en retenir ce qui est essentiel : nous avons la possibilité de nous déterminer à échouer en fonction du discours que nous tenons aux autres et que nous tenons à nous-mêmes. Inversement, nous avons tout aussi bien, de façon symétrique inverse, la possibilité de nous déterminer à réussir. Pour ce faire, il faut mettre à la poubelle les mots et discours pseudo-prophétiques de l’échec, pour ne plus retenir que les mots et incitations à avoir une attitude mentale ouverte et positive de l’avenir. Pas simple ? Il suffit de s’entraîner !
 
Petite voix n° 6 : « pour réussir, ne donnes rien aux autres et gardes tout pour toi » [mentalité de pénurie]. L’avant dernière petite voix que j’invoquerai avec toi est une petite voix qui parle dans la tête des personnes se caractérisant par une « mentalité de pénurie ». La littérature sur le développement personnel regorge d’ouvrages distinguant ainsi « mentalité de pénurie » et « mentalité d’abondance ». D’un côté ceux qui ont toujours peur de ne pas avoir assez ou qui pensent, en tous cas, qu’en donnant aux autres, ils se dépossèdent de ce qu’ils avaient et perdent en richesse. De l’autre, ceux qui ont contraire pensent que dans le monde il y a largement assez pour tout le monde et qu’il faut donner aux autres : donner ne signifie pas se déposséder mais, tout au contraire, s’enrichir dans la mesure où l’on gagne une meilleure estime de soi par les autres mais aussi et d’abord par soi.
 
Je dois t’avouer que je crois la seconde position largement plus pertinente que la première. Pourquoi ? Pour le comprendre, je t’invite à songer à ce que serait le monde si chacun de nous faisait en sorte de donner un peu à autrui. Sans sombrer dans la mièvrerie, ne crois-tu pas que nous vivrions alors dans un monde meilleur pour tous ? Donner davantage mène à recevoir davantage. Pour recevoir, il ne faut pas commencer par attendre de recevoir sans rien donner soi-même : c’est, au contraire, en commençant par donner soi-même qu’on finira, sans s’en apercevoir, par recevoir. La chose est connue depuis belle lurette : c’est en semant qu’on finit par récolter. J’ajouterai que c’est en semant du don qu’on finit par créer un monde fondé sur le principe du don et a fortiori un monde au sein duquel chacun va pouvoir recevoir. Mieux vaut donc éviter d’adhérer à la mentalité de pénurie : mentalité aigrie de repli sur soi qui ne fait, sans s’en rendre compte, qu’inviter les autres à un repli semblable et à un monde de repli. Dans ce monde de repli, chacun ne fait qu’obtenir au final ce qu’il a semé, soit… pas grand-chose.
 
De mon attitude personnelle au monde, il n’y a qu’un pas, aussi suis-je assez d’accord avec cette injonction de GANDHI : « il faut être soi-même le changement que vous voulez introduire dans le monde ». Autrement dit : veux-tu vivre dans un monde davantage solidaire, au sein duquel chacun reçoit un minimum ? Dans ce cas, il te faut introduire ce changement dans le monde en étant toi-même ce début de changement et en commençant par donner. Ainsi, te mettras-tu le plus en état, au même titre que les autres, de recevoir.
 
« Réussir sa vie » : est-ce possible à ton avis sans jamais donner aux autres ? Ceux qui réussissent leur vie, y arrivent-ils en gardant tout pour eux ? Je te laisse avec ces questions.
 
Je te laisse aussi avec cette citation un brin provocatrice de Paul ARDEN :
 
« Quand on garde tout pour soi, on finit par vivre sur ses réserves. Et par se dessécher.
 
Si vous donnez tout ce que vous avez, il ne vous reste plus rien. Ce qui vous force à chercher, à vous tenir au courant, à vous renouveler.
 
D’une certaine manière, plus on donne, plus on reçoit. »
 
Je t’invite à faire tienne cette idée : « plus on donne, plus on reçoit ». Je t’invite, dès cette semaine, à donner davantage d’amour et de gentillesse par exemple autour de toi. Et je t’invite, enfin, à observer ce qui se passe alors. Là où tu doutais peut-être jusqu’ici de la véracité de mes propos, il n’est pas dit que tu resteras longtemps encore sur l’idée que « ce ne sont que des mots » relevant d’une littérature « développement personnel » quelque peu fétide et sans portée…
                                                                                    A bientôt

                                                                                                            Bien à toi


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