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Promenades (8)
23/7/2014 22:27:20 (1732 lectures)

Promenade 8

Promenade 8

            Aléas des vies. Un homme de quelques dizaines d’années avance sur un trottoir, dans une commune. Dire qu’il avance est presque trop dire. La lenteur est telle, la progression parait à ce point empêchée qu’on peine à dire qu’il avance. Est-ce la vieillesse, la maladie, ou encore un handicap qui entravent à ce point cette progression ? Difficile de le déterminer.

Je l’imagine, à présent rentré chez lui, préparant quelques victuailles pour se restaurer, toujours empêtré dans cette pseudo mobilité sur fond de laquelle se détachent quelques mouvements.

Tout autour, tout s’agite. Les voitures passent et repassent en contre-bas de son humble demeure. Des gens affairés, absorbés, tout occupés en pensée par les projets qui les animent se déplacent rapidement.

Lui, aussi, est en projet : à sa façon. Les objectifs sont peu lointains, les moyens de les atteindre sont soupesés préalablement par un esprit qui flotte encore en ce corps rabougri. Les gestes sont lents, hésitants. Se lever. Rejoindre un placard. Prendre une boite. Prendre un ouvre-boite... Chaque étape parcourue est comme une victoire sur la fixité de ces corps desquels toute velléité d’animation s’est depuis longtemps extirpée.

Tout autour, tout s’agite. Chacun communique rapidement avec l’autre. Dans un monde tissé pour partie d’éléments de virtualité, les échanges sont rapides, nombreux et les identités elles-mêmes se font et se défont au fil des modes suivies.

Chez lui, toute forme d’agitation a depuis longtemps disparu. Les seules communications sont celles qu’occasionne le passage d’une infirmière chaque jour, ou peut-être tous les deux ou trois jours. En arrière-fond de tels échanges, qui n’en sont pas vraiment, une identité continue à se recroqueviller sur elle-même. Chaque jour diverses possibilités paraissent s’amenuiser, s’estomper, limitant de plus en plus l’étendue des projets de cette individualité.

Un verre, une assiette, une fourchette, un couteau, une cuillère : l’étendue relationnelle de cet être n’a pas nécessité plus ample investissement matériel que celui circonscrit à un placard.

Les solitudes contemporaines se croisent parfois en quelque lieu dit d’échange que les institutions créent pour pallier les déficiences du réel. Les solidarités construites, instituées tentent en ces endroits de faire germer ce qui ne pousse guère naturellement : ici une envie, là un désir, ici un début de conversation, là un début de partage…

En attendant, je passe à côté de ce pauvre hère qui restera peut-être dans les pages blanches de l’Histoire avec un grand « H » et qui, sans le savoir, sans s’en douter, transforme les pages blanches de mes promenades en un monde d’humanité partagée, au moins en pensée.

Qui sont tous ces individus aux yeux hagards, à la démarche ici figée, là chaloupée, que nous croisons dans nos villes ? Quelles sont leurs histoires ? Le savent-ils toujours eux-mêmes ? Ou bien sont-ils depuis fort longtemps sortis de toute forme d’histoire pour entrer dans un éternel présent que chaque nouvelle journée repeint de nouvelles couches des mêmes couleurs mornes, sans mouvement, sans envie ?

Peut-être déposent-ils parfois quelques-unes de leurs valises auprès d’un travailleur social, d’un médecin en dernier recours. Peut-être ont-ils cessé d’essayer de donner une cohérence à leur soi-disant parcours, un sens grandiose et grandiloquent aux quelque gestes, quelques mouvements et quelques déplacements qui occupent une partie de leurs longues et lentes journées.

Eternelle question : est-ce leur lot de difficultés initiales qui les a menés à se réduire à n’être que cela ? Ou bien, est-ce une vie les ayant réduit à cela qui a généré autant de difficultés s’accumulant encore et encore ?


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