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Réussir sa vie. Lettres à un jeune ami. (6)
16/3/2010 22:20:28 (3339 lectures)

Lettre n°6



Lettre n°6
 
Cher ami,
 
J’en viens à ta première question : « N’est-il de réussite qu’individuelle ? ». Il pourrait paraître extrêmement simple de répondre : « Bien sûr que la réussite peut aussi être collective ». Réponse simple à une question simplissime ? Je n’en suis pas si sûr. J’ai tendance à penser qu’il y a un vrai problème qui se cache derrière ta question et qu’il faut l’en extirper afin de s’y confronter pleinement. Le problème, aujourd’hui, me semble être à peu près le suivant : le sens du collectif, en tout cas pour ce qui concerne la France, peut sembler avoir pour partie disparu. Il n’est qu’à songer aux syndicats dont certains disent qu’ils ne sont plus vraiment en mesure de représenter le personnel au vu du nombre parfois bien faible de leurs adhérents. Force est d’avouer que globalement rares – pour ne pas dire inexistants – sont les moments où tout le monde est dans la rue pour défendre un projet commun de société. On pourrait être tenté d’en inférer ceci : il ne peut plus désormais y avoir de réussite collective et il ne peut plus y avoir désormais que de la réussite individuelle.
 
Je ne sais pas s’il faut tendre vers semblable conclusion. Toujours est-il que je suis convaincu de la chose suivante : il n’y aura de réussite pour le collectif et il n’y aura de collectif tout court que pour autant que ce collectif sait associer l’individu et lui faire entendre que l’engagement dans ce collectif n’est pas synonyme de sacrifice de l’individualité. Cela n’est pas simple aujourd’hui : non que chacun soit devenu égoïste – ce que je ne crois pas un seul instant - mais il faut peut-être comprendre que l’individu au-delà de sa sphère personnelle préfère de plus en plus ne pas s’engager trop durablement. En tous cas, il préfère ne s’engager qu’à proportion de garanties qu’on lui apporte concernant le fait que sa participation au collectif ne sera pas synonyme de sacrifice. En bref et pour prendre un exemple dans ce secteur : « solidaire, oui, pourquoi pas, mais pour autant que je vois ce que cela peut m’apporter, à moi aussi, au niveau de ma propre individualité ».
 
Sans doute faut-il faire avec cette nouvelle donne et composer avec elle, non ?
 
J’en viens à ta deuxième question ou à la seconde partie de ta question : « ne faut-il pas concevoir la réussite du point de vue du collectif ? » Première remarque qui me vient à l’esprit : le collectif n’est pas quelque chose de simple. Si un individu veut réussir en déplaçant une chose d’un point A à un point B, cela est fort simple. Si maintenant un groupe veut réaliser quelque chose, atteindre lui aussi des objectifs il y faut une coordination sans faille tant les points de vue des uns et des autres peuvent diverger au sein d’un groupe. Toutefois s’il y a un accord global qui se dégage des échanges concernant les objectifs qu’il s’agit de viser rien n’empêche à un groupe de viser la réussite. Si, comme je le disais, le collectif n’est pas quelque chose de simple, force est toutefois de convenir qu’il permet de réaliser des choses qu’à lui seul un simple individu ne peut réaliser. Je ne m’y attarde pas, la chose étant connue au moins depuis Platon, soit tout de même le Ve siècle avant Jésus-Christ.
 
Sur fond de tes deux questions, j’en vois une troisième, un peu grandiloquente je le concède mais en plein dans notre sujet – « réussir sa vie » - et que je ne peux m’empêcher de poser : peut-on créer une société de la réussite pour tous ?
 
Je vois déjà les tenants du réalisme monter au créneau : « mon pauvre ami, auriez-vous perdu la tête ? Nous vous conseillons de sortir de votre tour d’ivoire philosophique pour rencontrer dans la rue des gens qui ici tendent la main pour une pièce, là dorment sur un carton sous un pont pour atterrir et réaliser que cette société de la réussite pour tous n’existe pas ».
 
A quoi je répondrai fort probablement que ce n’est pas parce qu’une chose n’existe pas à un instant donné qu’elle n’existera pas le lendemain ou le surlendemain ou quelques années plus tard. A quoi je répondrai également qu’il est toujours intéressant et important de se référer à l’état de l’existant mais qu’à s’y engluer jamais nos sociétés n’auraient atteint le degré de perfection qu’on leur connaît actuellement. N’est-ce pas, de fait, la locomotive de l’idéal, de l’utopie qui doit tirer les wagons de la réalité pour que ces derniers les mettent en route vers un mieux ?
 
Je vois aussi, sensiblement sur la même position, ceux qui m’objectent qu’il y a toujours eu et qu’il y aura donc toujours de ces gens qui, quoi que l’on fasse en leur faveur, demeureront toujours sur le bord de la route et ne monteront jamais dans ce train idéal de la réussite pour tous.
 
A quoi je réponds que le fait qu’il y ait toujours eu quelque chose dans le passé ne doit pas nous inciter à penser qu’il en sera toujours pareil demain sans quoi on pose les armes avant d’envisager un quelconque combat, sans quoi on se place dans une posture peu enthousiasmante qui consiste à laisser le train aller vers ce qu’il veut et donc vers une catastrophe autrement plus grave que la situation actuelle.
 
« Oui, mais comment créer une société de la réussite pour tous ? » « Est-ce autre chose qu’une vue de l’esprit ? » « Et si chacun a sa conception de la réussite, comment croire à cette idée d’une possible réussite pour tous ? ».
 
Je pense que l’idée d’une société de la réussite pour tous est un idéal et que comme tout idéal qui mérite qu’on y adhère, ce projet doit être poursuivi quand bien même la réalité mais surtout nos croyances pourraient nous mener par avance à baisser les bras.
 
Mais qu’est-ce que « viser la réussite pour tous » lors même que tous n’ont pas la même définition de la réussite et que la définition de la réussite par l’un risque de contrecarrer la réussite de l’autre ?
 
Une chose me semble certaine : il ne s’agit pas de se substituer à autrui pour réussir à sa place mais d’assurer les conditions de possibilité de la réussite. De ce point de vue, me semble regrettable le fait qu’il y ait aussi peu de cours évoquant au minimum les ouvrages présents dans notre société pour nous aider à réussir au mieux notre vie. S’il n’est pas par avance acquis que ceux à qui on présenterait ces ouvrages en viendraient à les lire, il vaut toutefois la peine de se donner les moyens de les présenter au plus grand nombre, me semble-t-il. Ne pas le faire revient à laisser le hasard faire pour que l’homme en général découvre les outils, stratégies, techniques et méthodes pour réussir sa vie. Il est, à mes yeux, dommage de laisser le hasard décider de la réussite des hommes là où la découverte par ces derniers de la liberté et de la volonté en eux pourrait les mener bien plus sûrement à la réussite.
 
Une autre chose me semble certaine : la société doit continuer à veiller au fait que la réussite des uns ne se fasse pas au détriment de la réussite des autres.
 
Comment créer une société de la réussite pour tous ? Cela ne me semble possible que sur fond de solidarité et sur fond de cette idée que si chacun donne et donne du sien sans attendre de recevoir au préalable alors et alors seulement il sera possible qu’advienne cette société de la réussite pour tous. Force est d’admettre que l’horizon de cette société est encore fort lointain et force est d’admettre que le progrès des uns ne se transmet pas génétiquement aux autres : chaque nouvelle génération doit apprendre à son tour et redécouvrir l’importance que revêt le fait de donner sans attendre de recevoir au préalable. Faut-il le déplorer ou se féliciter d’avoir la chance de pouvoir transmettre cette vérité fondamentale, le sel de ce qui fait sens dans l’idée de réussite « pour tous » ?
 
Ceux à qui l’on donne et se félicitent d’avoir réussi parce que d’autres leur ont donné se sentent endettés : ils veulent à leur tour donner à d’autres, lesquels se féliciteront à leur tour d’avoir réussi parce que d’autres leur ont donné et se sentiront endettés au point de vouloir à leur tour donner... Ainsi peut se créer un ensemble de cercles vertueux de la réussite : ces cercles pousseront sur le terreau du secteur de la solidarité pour peu que chacun d’entre nous se mette à semer au profit d’autrui afin de récolter, au final, une société de la solidarité et de la réussite pour tous. Vision idyllique que celle-là ?
 
A cette question je répondrais volontiers par une citation : « je me sens proche de ces utopistes qui, à force de croire obstinément à leurs rêves, finissent par leur imposer la réalité ». (Citation de « celui qui a demandé un rapport à Bertrand SCHWARTZ » in Blog de Philippe LABBé).
 
J’ai rencontré des grands hommes d’une simplicité déconcertante qui demeureront des individualités fort peu connues et qui ont passé leur vie à donner aux autres. Ils font partie, sauf erreur de ma part, de ceux qui ont le plus réussi du fait même que ce qu’ils cherchaient était manifestement moins leur propre réussite que celle des autres. Leur propre réussite est venue en surplus, comme un effet secondaire.
 
Je te parle ici d’hommes peu connus, d’une incroyable gentillesse et d’une incroyable simplicité. De tous ceux que j’ai pu rencontrer jusqu’ici ils incarnaient l’intelligence véritable, celle des êtres qui donnent et se donnent générant par leur attitude un monde un peu meilleur dans leur sillage.
 
M’inspirant de KANT, je me dis que le mieux que nous ayons à faire est de nous demander si ce que nous voulons faire repose sur un principe qui soit universalisable, qui soit valable pour toute la société et fasse que celle-ci fonctionne au mieux. Eriger le mal en principe universel rendrait la société invivable, la chose est sûre ; mais imaginons, au moins un cours instant, que chacun en vienne à donner un peu de ce qu’il a aux autres, un peu de ses biens, un peu de son savoir-faire sans rien attendre en retour. Le retour pour la société entière ne se ferait pas attendre bien longtemps, si l’on y réfléchit… Non ?
 
A bientôt,
Bien à toi,
 


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