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Lecture du nouveau monde (9 et fin)
9/7/2013 8:00:51 (1884 lectures)



*                        *                        *

« Toutes les bonnes choses ont une fin ». Cette phrase tournoyait dans la tête de Ken en cette dernière matinée de vacances.

En se préparant un café alors que tout le monde était encore à dormir, là-haut, à une heure si matinale Ken se mit à repenser à cette phrase : « toutes les bonnes choses ont une fin »… Il attrapa son stylo plume et ressortit le cahier bleu de l’un des bagages préparé la veille.

26 avril…

« Toutes les bonnes choses ont une fin ». Une phrase qui n’est qu’une formule. Il n’y a pas forcément les vacances qui seraient une bonne chose et qui auraient une fin, alors que le travail…

On s’exprime souvent par des formules et on finit par être pris par elles. On finit, en fait, par ne plus penser. La fin, elle-même, ne peut-elle pas être une bonne chose ? N’est-ce pas parce qu’elle existe comme perspective que tout ce qui existe avant elle acquiert de la valeur ?

Ces vacances m’auront au moins permis de découvrir cela : j’écris de plus en plus, moi qui n’écrivais jamais… Et, sentiment étrange, j’aime écrire…

Seule déception mais il faudra s’accommoder de cela : je n’ai pas retrouvé le livre que j’avais lu. En même temps, je me sens différent : je me sens autre par rapport à ce que j’étais avant. Tout cela est bien étrange mais c’est comme si le contenu de ce livre s’était déposé en moi. C’est comme si j’en étais à présent imbibé.

Je l’ai lu et… j’ai l’impression de lire autrement ce qui m’entoure maintenant. J’aimerais bien retrouver ce livre et, en même temps, je me demande s’il pourrait encore m’apporter quelque chose : ce que je serais en l’ayant à nouveau ne serait peut-être pas grand-chose de plus que ce que je suis devenu depuis que je l’ai lu.

Je sens bien qu’il faudra encore que je travaille sur moi. Il faudra que je travaille à me détacher de ce que je peux avoir un jour et que je peux perdre aussi, par la suite.

Peut-être pourrais-je un jour mettre moi-même en écriture ce que je suis devenu grâce à ce livre.

Ken entendit du bruit dans l’escalier. Sylvie descendait. Une fois arrivée dans la cuisine, elle regarda Ken qui rebouchait son stylo plume et fermait doucement le cahier bleu. Elle fit un sourire. Ce dernier se déposa sur son visage à lui.

  • Tu écris ?
  • Un peu. Disons que j’essaye ?
  • Tu écris quoi ?

Sylvie s’était approchée de Ken. Ken se leva.

  • J’essaye d’écrire un peu sur la vie telle qu’elle va, fit Ken en plaçant ses mains sur les hanches de Sylvie et en l’embrassant une première fois sur le front.
  • J’aime beaucoup l’écriture.

Ken regarda Sylvie dans les yeux, puis déposa un autre baiser sur son front.

  • Moi aussi, répondit-il ; mais c’est tout neuf…
  • J’aime bien écrire dans mon journal de bord, cela me rassure, fit Sylvie, en se blottissant dans le cou de Ken.
  • Cela te rassure par rapport à quoi ?
  • Une fois que les choses sont écrites, elles sont là et elles restent là. J’ai écrit sur nos vacances par exemple et plus tard je sais que j’y reviendrai : je suis rassurée parce que ces bons moments, y compris avec des hauts et des bas (Sylvie lança un sourire de complicité à Ken), ces bons moments resteront. L’essentiel restera…
  • L’essentiel… c’est sans doute cela qui compte le plus. Cela me fait penser à une phrase manuscrite que j’avais lue sous le carton sur lequel était posée une bière un jour dans un bar.
  • Elle disait quoi, cette phrase ? demanda Sylvie en déposant à son tour un baiser sur le menton de Ken et en se blottissant à nouveau dans son cou.
  • Cette phrase était la suivante : « les sans-ciel font comme si elles d’eux avaient envie ».
  • C’est très joli…

Du bruit venait à nouveau de l’escalier. Léa et Amélie descendaient. Les corps de Ken et de Sylvie se séparèrent doucement. Un regard, un sourire. Ken serra la main de Sylvie dans la sienne en y entrecroisant ses doigts avec les siens, comme au premier jour…

  • Nous on veut rester encore en vacances. C’était pas long du tout les vacances déclara Amélie en se faisant le porte-parole d’un groupe composé d’elle… et de sa petite sœur.
  • Il y aura encore d’autres vacances, répondit Sylvie en disposant sur la table le nécessaire pour le petit déjeuner.
  • On se fera plein d’autres vacances encore, fit Ken.

*                        *                        *

Les bagages étaient prêts. La petite troupe allait bientôt quitter la résidence. Le lendemain une autre vie reprendrait sons cours, faite d’horaires bien plus fixes, de contraintes bien plus cadrées. Ken sentit un nuage d’angoisse traverser sa cage thoracique à cette perspective mais décida aussitôt d’orienter son esprit vers autre chose.

Il amenait chacune des valises à la voiture. Il se concentra sur ses bras, ses muscles qui travaillaient à porter tout cela.

La voiture était pleine. Tout le monde était prêt à embarquer. A peine restait-il un interstice entre les bagages pour y placer un magazine acheté la veille.

  • ça va les filles ? demanda Ken comme pour prendre la température et s’assurer qu’Amélie et Léa s’étaient faites à l’idée de quitter ce lieu de vacances.

Amélie regarda son père un instant puis poursuivit son échange avec Léa au sujet d’images qu’elles s’échangeraient pendant le retour en voiture. Ken souria, comme rassuré, puis leur demanda de s’asseoir sagement dans la voiture.

  • Maman arrive aussi.

Ken croisa Sylvie qui venait de fermer l’appartement.

  • Tu as les clefs ?
  • Non. Il fallait les laisser sur la table.
  • OK. Je vais régler…

En arrivant à l’accueil Ken vit qu’il y avait un petit attroupement sur le côté gauche. Un homme était assis à une table. Des piles de livres étaient disposées tout autour de cette table.

  • Appartement 313, avec télévision je crois ? fit le type de l’accueil.
  • Oui, c’est bien cela, répondit Ken en sentant une préoccupation monter pour ce Monsieur sur la gauche entouré de livres et dont le visage ne lui était pas complètement inconnu.

Où avait-il pu le voir ? Comment aurait-il pu le croiser alors qu’il n’avait jamais côtoyé un… écrivain ?

Ken réalisa qu’il s’agissait bien d’un écrivain : un écrivain qui semblait laisser des autographes sur ses livres en échangeant avec les quatre ou cinq personnes qui s’étaient attroupées autour de lui.

  • Voici votre facture et votre ticket de caisse. Ken fit un sourire au type de l’accueil mais sans pouvoir lui répondre. Il était trop préoccupé par le visage de l’écrivain au fond de la salle, à gauche.

Ramassant sa facture, son ticket de caisse Ken vit cette fois à droite que Sylvie l’attendait dans la voiture avec les petites. Elle était au volant. Il fallait « partir tôt pour éviter les bouchons » comme elle disait.

Ken traversa la salle pour sortir de l’accueil. Il ne pouvait s’empêcher de regarder le visage de l’écrivain, ces piles de livre et… cette chose plus noire sur le côté gauche de la table. Etait-ce une ombre ? Ou bien était-ce un chapeau ?

Ken rejoignit la voiture, Sylvie, les petites. Il était perturbé mais ne le montra pas. Une question se mit à monter en lui et à le tarauder : pouvait-il se faire que notre vie ne fut faite que d’histoires qu’on se raconte ?

 

FIN


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