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Lecture du nouveau monde (8)
8/7/2013 19:17:51 (1923 lectures)



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24 avril…

Depuis hier je suis inquiet. Cette gêne à la gorge qui revient, ça m’angoisse. Je pense au pire.

En même temps, j’ai honte. Je sens bien qu’il n’est pas normal de reprocher à Sylvie de s’inquiéter de tout et de m’inquiéter moi-même…

Ce jour-là, Ken ne se sentit pas en état d’écrire davantage. Il ne se sentit pas davantage en état de s’écarter de sa petite troupe pour rejoindre la boulangerie au village.

Des pensées tournoyaient dans sa tête. Le cadre global semblait s’être restreint : il ne voyait plus le monde qu’à travers cette gêne à la gorge.

Il saliva encore, volontairement. La boule de salive glissait dans la gorge, mais une fois de plus, cela se confirmait : une petite gêne surgissait.

Ken leva les sourcils, expira d’un coup sec et laissa un rictus de désarroi surgir entre ses lèvres et sa joue. Il venait de réaliser que de grandes idées peuvent être mises à mal par de petites gênes : hier il croyait encore que nous pouvons créer la réalité par nos façons de nous la représenter, voilà qu’aujourd’hui une seule représentation des choses, teintée d’angoisse, s’imposait à lui.

Ken pensa à Sylvie… Il but une gorgée de café puis pensa à sa grande Amélie, à sa petite Léa. Il fit défiler dans sa tête les images des derniers bons moments vécus ensemble.

Tout le monde dormait encore. Ken était là, dans la cuisine, seul face au cahier bleu de Léa, face à sa tasse de café. Il jeta un regard panoramique sur cette résidence de vacances : la cuisinière, la petite télévision, les fleurs cueillies dans le parc la veille par Amélie et Léa.

Ken regardait tout cela. Il fut surpris d’entendre le ressac de sa respiration envelopper ce qu’il observait. La gêne à la gorge était là mais, étrangement, calme et sérénité parvenaient à se frayer une voie parmi ses pensées tourmentées.

*                        *                        *

  • Tu ne vas tout de même pas rester comme cela ? demanda Sylvie à Ken lorsqu’elle eut appris de ce dernier que la gêne à la gorge le perturbait.
  • Non, non, bien sûr fit Ken.

Ken se sentait coincé, comme pris dans ses contradictions. Il réalisait que, pour une fois, il ne pourrait pas reprocher à Sylvie de trop s’inquiéter. Il réalisa aussi à quel point il pouvait être doux de se loger dans cette inquiétude que l’autre développe à notre égard.

- On va aller voir un docteur, hein ? fit Sylvie. Ken la regarda. Elle était sans doute inquiète mais ne le faisait guère paraître. Elle aurait sans doute pu lui reprocher de sombrer à son tour dans des inquiétudes qui étaient généralement les siennes, à elle mais… elle n’en faisait rien. Un sourire discret d’admiration à son égard naquit en lui.

*                        *                        *

  • Vous n’avez rien du tout, fit le médecin à Ken. Vous n’avez rien du tout, répéta-t-il, et tout cela est absolument normal. De telles gênes peuvent revenir quelques jours mais, inutile de se faire des idées, tout cela est momentané et n’est dû qu’à l’aliment acide que vous avez mangé et qui a, momentanément, réveillé la gêne. Bref, vous n’êtes pas à l’article de la mort, cher Monsieur !

Ken se sentit soulagé par ces mots. Ce soulagement était mélangé à un sentiment étrange et passager que venait de créer en lui cette expression « cher Monsieur ». Il sentit qu’il détestait cette expression : « cher Monsieur ». Il la détestait mais, en même temps, il n’aurait su dire pourquoi.

Pour l’heure, le sourire reprit le dessus. Il régla le médecin pour cette consultation, sortit de la maison de ce dernier et vit au loin, près de la voiture, Sylvie, Léa et Amélie qui se dégourdissaient les jambes en l’attendant.

  • Tout va bien, se contenta-t-il de dire à Sylvie avec un sourire qui ne pouvait laisser penser qu’il en fut autrement.
  • Et si on allait faire un tour jusqu’à la mer ? suggéra Ken en passant chacune de ses mains sur la tête de ses filles et en regardant Sylvie.
  • Ouais, ouais !!! Ce mot répété deux fois par les petites sur un air tellement guilleret permit à Ken de tirer un trait sur cette gêne momentanée à la gorge.

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