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Lecture du nouveau monde (7)
8/7/2013 10:39:27 (1883 lectures)



 

*                        *                        *

 

 

Le lendemain, le calme succéda à la tempête de cerveau. Ken réalisa qu’il avait bien mieux dormi et réalisa surtout à quel point une mauvaise nuit peut générer… une mauvaise journée !

 

Le café fumait. Il s’empara du cahier bleu de Léa, de son stylo encre puis se mit à écrire.

 

 

19 avril…

J’ai écrit que j’avais créé la réalité mais je crois que c’est abusif. En même temps, hier était une mauvaise journée et je crois que j’y suis pour quelque chose. Si je n’étais pas là, si je n’existais pas, la journée se déroulerait, un point c’est tout : elle serait bonne pour certains, mauvaises pour d’autres et… pourtant c’est la même journée.

Je joue donc un rôle, c’est bien ça…

Hier, je m’y suis mal pris, je le sens bien. Comment ai-je pu faire cela à Sylvie ? Pourquoi faire du mal aux autres au nom de fichus modèles qu’on a dans la tête ?

J’entends les pas des filles dans l’escalier…

 

Tout en entendant les pas d’Amélie dans l’escalier, Ken repensa au livre : ce livre qui l’avait tellement marqué et qui aurait pu lui faire mettre des mots sur ce vécu décidément bien compliqué.

 

Amélie poussa la porte, en bas de l’escalier. Elle ne dit mot. Elle s’approcha de son père.

  • Tu écris sur le cahier bleu à Léa ?
  • Juste un peu… fit Ken qui réalisa au même moment qu’il était pris la main dans le sac.
  • Pourquoi tu écris sur son cahier ?
  • Parce que… je vais lui acheter un autre. Des cahiers bleus, ça s’achète partout. En plus, il faut qu’on fasse des courses aujourd’hui, donc ça tombe bien, hein ? Ken arborait un grand sourire.
  • Tu as écrit une liste de courses ? demanda Amélie en jetant un regard sur le cahier bleu de sa petite sœur.
  • Non, non fit Ken, le sourire aux lèvres.
  • C’est quoi alors ?
  • Rien… rien qu’une histoire…
  • Une histoire pour les enfants ?
  • Une histoire pour les grands déclara Ken en guise de conclusion…

 

*                        *                        *

 

 

  • Tu ne vas pas la laisser se lancer de là-haut ? demanda Sylvie d’un ton très vif comme s’il se fut agi d’un cas grave à traiter sur le champ.
  • Regardes, fit Ken à Sylvie, en lui lançant un tendre sourire. Regardes, répéta-t-il, comme elle se débrouille notre grande fille !

 

Sylvie avait le visage crispé. Elle ne voulait plus s’entendre dire que sa nature inquiète exaspérait tout le monde mais cette nature revenait, malgré elle, au galop.

 

Léa était sur le jeu. Ses pieds étaient au niveau de la tête de Ken. Elle mettait ses bras en avant en vue d’atteindre la barre métallique sur laquelle elle s’apprêtait à glisser.

 

Ken imaginait Sylvie dans son dos : sourire crispé, tension, crainte s’immisçant dans tout son corps…Il se retourna un quart de seconde pour lui lâcher un grand sourire et obtint un sourire presque aussi grand en retour. Ken sentit que Sylvie faisait des efforts.

 

  • Vas-y ! lâcha-t-il à Léa.

 

Léa se laissa glisser sur la tige métallique avec un grand éclat de rire.

 

Tout s’était bien passé. Un petit pas venait d’être franchi : par Léa pour rejoindre le sol, par Sylvie pour commencer à s’affranchir de vaines inquiétudes qui tenaillaient tout son être en quasi-permanence.

 

*                        *                        *

En fin d’après-midi, revenant vers l’appartement avec deux sacs de courses, Ken fut surpris par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux : Sylvie était là à côté du même jeu et de la barre métallique. Elle avait un grand sourire aux lèvres et éclatait de rire par moments avec les filles qui, tour à tour, se laissaient glisser sur la barre métallique.

Que s’était-il passé ? Comment Sylvie pouvait-elle être à ce point inquiète le matin et donner ainsi à présent l’impression d’avoir balayé toutes ses inquiétudes ?

Sentant que quelqu’un les regardait, elle se retourna et vit Ken. En guise de réponse à sa question, ce dernier obtint la plus belle et la plus profonde des réponses possibles : il obtint un sourire amoureux de la part de Sylvie.

Ken sentit alors une demi inspiration surgir malgré lui dans sa cage thoracique : comme un sanglot de bonheur qu’on ne peut plus contenir. Le sourire irradiait son visage. Il se sentit très heureux en reprenant son chemin pour aller ranger les courses.

22 avril…

Depuis combien de temps suis-je en train de chercher ce fichu petit livre ? Je vais finir par ne plus penser qu’à ça. Il faut que j’arrête. Si je lisais davantage, je retiendrais les titres, les noms et je pourrais retourner acheter ce livre. Il faut que j’arrête d’y penser. Ce n’était après tout qu’une histoire, une histoire que disait des choses sur la vie. Des histoires, il y en a plein d’autres : ça s’entasse comme des pommes de terre dans les librairies. Quand ça ne se lit plus, c’est mis au pilon, c’est remplacé par d’autres histoires : c’est peut-être d’ailleurs  comme nos vies elles-mêmes… Voilà que je deviens philosophe, quelle bonne blague…

7 H 03. Les filles ne se lèveront pas tout de suite. J’ai un peu de temps devant moi pour aller me promener et passer à la boulangerie. Depuis mon rêve de l’autre jour, je ne vois plus cette boulangerie et ce village de la même façon. Par moment, je me dis que la vie entre dans le rêve et vice-versa. C’est complètement stupide mais c’est la deuxième fois que je me dis que ce livre perdu, je l’ai peut-être rêvé. Je sais que c’est absurde : je sais qu’il est réel, je l’ai lu un jour mais, les rêves, quand on y est, on croit dur comme fer que c’est la réalité, alors…

Ken recula la tête puis les épaules : il contempla les lignes qu’il venait d’écrire dans ce cahier. Il trouvait de plus en plus incroyable l’écriture.

Il repensa à leur arrivée en vacances, à cette entrée dans le village où ils allaient prendre du bon temps. Il se rappelait de ce moment en voiture où il avait observé la fixité des maisons qui étaient à sa gauche et à sa droite. Il avait alors levé la tête et assisté au merveilleux spectacle des nuages qui se déformaient et avançaient de concert vers la droite. Il avait un court instant imaginé leur entrée dans ce village vue d’en haut.

Ken relut ses lignes d’écriture dans le cahier bleu de Léa et se prit à imaginer que la vie n’était peut-être qu’un rêve passager dans lequel certains cherchent des livres qu’ils ne trouvent pas ou perdent encore leur temps à en vouloir bêtement aux autres d’être comme ils sont et de ne pas être comme nous. Ken repensa à Sylvie. Il réalisa à quel point elle et les petites comptaient pour lui.

Voulant profiter de cette liberté matinale, Ken se leva, enfila son manteau, mit ses chaussures de marche. Il allait sortir de l’appartement mais se rappela qu’il n’avait pas fini de boire son café. Il fit donc machine arrière et avala les deux dernières gorgées. Cela fut l’occasion de reprendre conscience de cette gêne qu’il sentait ressurgir au fond de la gorge.

Il décida d’ajouter une écharpe à la panoplie du promeneur matinal puis sortit.

En arrivant au bord de l’eau, il se mit à sourire : de grands oiseaux évoluaient dans le ciel. Leur formation en V étaient un immense spectacle qui semblait avoir mobilisé la moitié du ciel pour l’occasion.

Ken ne les lâcha pas un seul instant du regard. Il ne voulait pas perdre une seconde de joie. Chaque oiseau semblait faciliter à celui qui était derrière lui une percée dans l’air. Chacun se donnait ainsi pour l’autre et bénéficiait en retour du système global. Ken se faisant cette remarque se demanda un quart de seconde s’il n’y avait pas là quelque chose de mathématique qui s’inscrivait, telle une leçon en lettres d’or dans le ciel. C’était le chiffre « V » en chiffres romains, c’était aussi le « V » de Victoire.

Ken se prit à sourire tout seul en réalisant toutes ces pensées qui lui passaient par la tête. Il se mit à penser à tous ceux qui, eux aussi, pensent, laissent surgir des idées dans leur tête et décident d’écrire pour les partager avec d’autres.

Dans la chaleur de ses pensées, il laissa les oiseaux partir de leur côté et reprit le chemin vers le village, vers la boulangerie. Il se racla la gorge. La gêne perdurait. Il pensait qu’il en avait ainsi fini avec cette toux qui l’avait gêné pendant trois mois. Il n’en était rien. Ken pensa à Sylvie, à Léa et à Amélie, au pain qu’il allait apporter au petit déjeuner et au fait que cette gêne, il pouvait la laisser de côté.

 

*                        *                        *


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