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Lecture du nouveau monde (3)
6/7/2013 18:27:57 (2030 lectures)



*                        *                        *

  • Je me demandais où tu étais, Ken, lâcha Sylvie, l’air inquiet, lorsque Ken eut ouvert la porte de la location en faisant le moins de bruit possible.
  • Pas d’inquiétude, fit Ken, après un petit claquement de langue sur le palet.
  • Tu ne devrais pas partir comme cela. En plus dans la nuit…

Ken venait à peine d’ôter son gros blouson qui s’était transformé en étuve. Sylvie était déjà dans ses bras. Ken la tenait entre ses propres bras au niveau des épaules. Elle était là, en pyjama, douce, si jolie ces matins là au croisement des courants de la timidité et de la fragilité. Son corps était chaud.

  • Tu sais bien que tu n’as pas à t’inquiéter.
  • Ce n’est pas que je m’inquiète… On ne sait jamais ce qui peut arriver… fit Sylvie en commençant à disposer les cuillères, les tasses, les verres pour le petit déjeuner.

Ken ramassa discrètement le cahier bleu que Sylvie venait de retirer de la table de la cuisine et de déplacer de cette table sur le bord du canapé. Il ramassa aussi le crayon plume en lui substituant le sac de papier contenant les pains au chocolat.

« Chaque chose à sa place, une place pour chaque chose » : cette formule traversa l’esprit de Ken alors qu’il regardait Sylvie disposer les petites cuillères à un endroit devenu immuable au fil des jours. Il eut un sourire tendre pour elle, alors qu’il entendait les filles commencer à parler là-haut dans leur lit.

*                        *                       *

            Ce jour-là, voulant faire plaisir aux « petites », Ken et Sylvie décidèrent de se rendre à la piscine à vagues.

            Armés des sacs, des serviettes, des maillots, de la poupée Kindy pour Léa, de la poupée Diana pour Amélie, la troupe traversa les rangées de cyprès, longea le golf pour enfants. Elle entra dans l’immense complexe au sein duquel chacune des familles, affluant de tous bords, faisait de même.

            Kamboutch Park est un lieu à part. Ken pensait à son ami et collègue de travail Erman : ce dernier serait devenu fou dans un tel endroit qui, à ses yeux, représente l’une des cathédrales de la société de consommation. Ken souria en pensant à lui et, tout en avançant à côté de Léa et Amélie qui sautillaient, leva la tête pour observer en hauteur les immenses tuyauteries qui alimentaient en eau le complexe.

            Ken pensa à Erman. Il pensa aussi à tous ces individus qui chacun avaient leur conception bien à eux. Il se mit à penser aussi à son autre collègue Hugo qui, lui, lui avait parlé de Kamboutch Park comme un adulte n’étant jamais sorti du stade de l’enfance : « tu verras les fontaines…, tu verras aussi l’espace des SPA, il y a un jeu de ballon qui est organisé et qui… ». Les yeux d’Hugo brillaient comme ceux d’un enfant découvrant pour la première fois les lumières de Noël.

  • Je pensais à Hugo fit Ken en voyant Sylvie le rejoindre après s’être arrêtée pour vérifier que la crème était bien dans le sac.
  • Où sont les filles ? demanda Sylvie, passablement crispée. Ken fit juste un signe du doigt. Amélie et Léa venaient de s’emparer d’un véhicule d’enfant. Amélie négociait déjà avec sa petite sœur pour que ce fut cette dernière qui demanda la pièce tant attendue qui mettrait enfin en branle le bolide.
  • On y va, fit Sylvie. Attention en descendant, hein !

Une fois en maillot et face au brouhaha qui montait en volutes dans la piscine déjà investie par des dizaines et des dizaines de personnes, Ken se demanda un court instant si le merveilleux monde que lui avait vendu en paroles Hugo n’était pas plutôt le pire des camps qu’inventa l’homme pour punir un Erman…

Ken était là de ces courtes réflexions qui passent par centaines par notre esprit pour disparaître le plus souvent définitivement.

  • Papa, tu peux mettre la boucle à mon maillot ?
  • Ce n’est pas ton maillot, fit Ken, en rigolant et en jetant un regard de connivence à Sylvie, c’est un petit gilet gonflable !

Cette subtile distinction ne retint qu’assez peu l’attention de Léa : elle regardait déjà au loin, du haut de ses cinq ans, ce merveilleux endroit où les enfants parmi les vaguelettes semblaient avoir atteint le seul vrai bonheur qui vaille sur terre.

  • Tu iras avec elle ? demanda Sylvie alors qu’elle s’occupait pour sa part d’Amélie.
  • Oui, bien sûr, fit Ken, non sans avoir perçu le rictus d’inquiétude présent sur le visage de sa compagne.
  • C’est dangereux ? demanda Léa, comme si un virus d’inquiétude généralisée commençait à prendre dans l’ensemble du complexe.
  • Il n’y a aucun danger, déclara Ken aussitôt, coupant court à ce début de propagation de stress. Il se fit l’effet d’être un pompier ou un agent de la sécurité en donnant si efficacement à croire que tout était sous contrôle.

Une fois dans l’eau, avec Léa dans les bras, Ken réalisa que tout n’était pas si sécurisé qu’il l’aurait voulu lorsque retentit le signal indiquant le début de lancement des vagues artificielles. Sylvie venait de lui faire un signe lui indiquant qu’Amélie les rejoignait. Une première vague monta, puis une deuxième. Amélie avait à peine eu le temps d’atteindre la main de Ken. Ce dernier décida de rejoindre la rampe, au bord de la piscine. Avec Léa dans les bras, qui ne savait pas nager et Amélie qui avec ses brassards ne se doutait pas que sans ces derniers elle aurait rapidement rejoint le fond, Ken eut un instant peur de céder à l’angoisse.

Se reprenant, il décida, pour le bien de tous, de sauver les apparences à défaut de se sentir capable de sauver autre chose.

La troisième vague éclata contre la paroi. Amélie riait. Léa, quant à elle, ne vit pas la quatrième vague qui, croisant le retour de la troisième créa une grande gerbe d’eau et vint s’abattre sur les têtes des trois aventuriers de cette jungle factice.

Ken regarda Léa. Au niveau de la commissure des lèvres naissait un début de tension tandis que les sourcils en disaient suffisamment long sur la panique et les pleurs qui dans un court instant allaient s’emparer de tout ce petit être en proie à l’incompréhension.

  • Ouah !!! cria alors Ken en faisant un immense sourire à Léa dont les cheveux étaient trempés. On est encore plus fort que ta poupée Kindy, et même que la poupée Diana ! Tu te rends compte ? Quand tu vas dire à maman que tu as nagé sur la plus grande vague de la piscine et même du monde !

Un doute apparut sur le visage de Léa.

  • Quand tu vas dire à maman que tu n’as même pas eu peur du tout ! Tu penses qu’elle va te croire ? demanda Ken à Léa sur un ton d’exaltation.

Le doute disparut alors du visage de Léa. Le sourire enfantin refit son apparition comme le soleil se levant une fois de plus au matin.

Tout ce petit monde rejoignit alors Sylvie, affairée à recharger l’appareil photo. Elle n’avait rien vu de ce qui s’était passé. Ken se dit que c’était bien ainsi. Elle n’eut pour solde de tout conte que le récit d’une petite fille de cinq ans, sa petite Léa, qui déployait tous ses efforts pour dépeindre la grandeur d’une aventure extraordinaire qu’elle venait de connaître sur les vagues.

                        *                        *                             *


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