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1/2 Conférence : Etre cadre territorial aujourd'hui
27/3/2009 21:52:10 (6512 lectures)

Conférence du 27 mars 2009 sur "Etre cadre territorial aujourd'hui"

 
CONFERENCE
sur
 
 
Etre cadre territorial aujourd’hui
 
 
 
 
- conférencier -
 
Philippe GELEOC
• Cadre territorial (attaché territorial) au Conseil général du Finistère, Responsable du Pôle Insertion des Jeunes,
• Intervenant à l’IPAG de Brest (Institut de Préparation à l’Administration Générale) et formateur dans d’autres départements de l’Université de Bretagne Occidentale
• Chargé de mission Solidarité territoriale
Coordonnées :
Tel : 06.12.02.81.70
Sites :
 
 
 
Bonjour à toutes, bonjour à tous,
 
Mon objectif est simple : je voudrais apporter aux étudiants qui passent les concours une petite idée de ce qu’ils seront amenés à faire demain dans le milieu professionnel qui sera le leur une fois qu’ils auront décroché un concours de rédacteur territorial ou attaché territorial et une fois qu’ils accèderont à leur premier emploi en tant que « cadre territorial » aujourd’hui.
 
                Evidemment, je ne pourrai pas délivrer ici, avec une bougie dans chaque main, la vérité absolue, définitive et objective sur ce que signifie être cadre territorial aujourd’hui. Je serai plutôt dans une vérité :
-          relative : je pars de mon point de vue
-          temporaire : le métier évolue (cf. Roger Morin : réglementation à gestion à projet, coproduction)
-          et subjective : car c’est mon expérience, ma représentation des choses, au niveau où je suis (je ne suis ni catégorie C, ni DGS : ni complètement en bas, ni complètement en haut).
 
Ceci dit, m’efforçant de prendre du recul et de faire émerger des constantes, je prétends – petit prétentieux que je suis – à un minimum de vérité et d’objectivité. Ce que je dis n’est pas valable que pour moi : il est beaucoup d’autres qui partagent sans aucun doute mon point de vue ; en tous cas : tout ou partie de ce point de vue.
 
Mon objectif – j’y reviens – est simple : décrire ce que signifie être cadre territorial aujourd’hui pour que les étudiants puissent se dire « tiens, c’est super ça, je vais passer les concours » ou « ce n’est pas un métier qui me brancherait cela ! ». Dans les deux cas, j’aurai atteint mon objectif : j’aurai aidé certains à rejoindre un milieu professionnel où, comme moi, ils auront un vrai plaisir à travailler / ou bien : j’aurai évité à d’autres de passer des concours menant à des emplois qu’ils détesteront et où ils n’auront qu’une seule envie : démissionner (Cf. Pierrick Le Jeune : rentrée IPAG le 12 septembre. Il parlait de quelqu’un qui avait tout fait pour décrocher tel concours et, une fois en poste, il s’est rendu compte de ceci que ce type d’emploi auquel il venait tout juste d’accéder ne lui convenait absolument pas : il a donc démissionné ! D’où l’importance que revêt – je le souligne au passage – le fait de passer divers concours et d’essayer d’être admis à plusieurs afin de se rabattre sur tel emploi si tel autre ne nous plaît pas. – Je ferme la parenthèse).
 
PLAN :
I-Etre cadre territorial aujourd’hui : ce qui est positif
II-Etre cadre territorial aujourd’hui : ce qui est moins rose
III-Ce qui peut être pas mal : quelques conseils…
 
Conférence sur : « être cadre territorial aujourd’hui »
 
I-Etre cadre territorial aujourd’hui : ce qui est positif
 
Qu’est-ce qui fait qu’on peut prendre plaisir à travailler en tant que cadre territorial aujourd’hui ?
 
Il va de soi que pour répondre à une telle question il est difficile de sortir des valeurs qui sont les nôtres, de s’arracher à ces valeurs. Autrement dit, en répondant à cette question, je vais forcément me fonder sur ce à quoi j’accorde de l’importance pour ma part  dans l’existence, sachant que ce à quoi j’accord de l’importance n’est pas forcément ce que à quoi vous, vous accordez de l’importance. J’insiste donc sur la relativité de mon propos. J’insiste aussi sur le fait que nul n’est tenu de partager avec moi mes passions, mais en même temps j’ai tendance à penser que d’autres que moi pourraient trouver un vrai plaisir à partager les mêmes passions que les miennes au niveau professionnel.
 
Bien, à présent que ces différentes précautions oratoires et méthodologiques sont prises, entrons dans le vif du sujet.
 
Je vais évoquer successivement plusieurs points afin, à chaque fois, d’évoquer ce qui fait que je trouve du plaisir à travailler en tant que cadre territorial.
 
1er point : Participation à l’élaboration des politiques publiques
 
Ce qui fait que je trouve du plaisir à travailler en tant que cadre territorial, c’est – pour reprendre l’expression de Roger MORIN dans l’une des conférences que nous avons eu le plaisir d’entendre au sein de l’association Solidarité Territoriale – le fait qu’il y ait « coproduction de l’action publique », c’est-à-dire le fait que j’ai aujourd’hui vraiment l’impression de participer à l’élaboration des politiques publiques.
 
Autrement dit, il n’y a pas que les élus qui soient producteurs des politiques publiques au sein des collectivités territoriales. Il y a un lien parfois très étroit – sans qu’il y ait pour autant et forcément de connivence particulière – entre les élus et les techniciens *, entre les élus et les cadres territoriaux (« techniciens » * = le personnel administratif, qui lui n’est pas élu) ; et il s’ensuit ceci que, en tant que cadre territorial, vous participez pleinement à la construction des politiques publiques. Alors, évidemment vous ne participez à la construction de ces politiques que en tant que technicien, pas en tant que politique et politicien, mais cela est déjà très palpitant : c’est palpitant parce que, bien entendu, vous avez l’impression de travailler par exemple à l’élaboration de dispositifs d’un point de vue technique qui vont être portés au niveau des projets politiques et qui vont véritablement servir aux personnes pour lesquelles vous créez ces dispositifs : ceux qu’on appelle les usagers le plus souvent, les usagers du service public.
 
Roger MORIN, pour le citer encore, parlait de « co-production » de l’action publique. Je crois que ce point est fondamental et que les jeunes cadres territoriaux ne l’ont pas toujours forcément en tête lorsqu’ils commencent sur leur premier poste et cela, faute d’avoir eu en amont les informations nécessaires.
 
Notez au passage la chance que vous avez : vous, vous aurez ces informations….
 
« Co-production de l’action publique », ça veut dire quoi ? Eh bien, cela signifie que vous produisez en concertation avec les élus les politiques qui vont être applicables aux usagers. Cela ne signifie pas – j’y insiste – que vous faites de la politique au sens de la politique politicienne, bien entendu. Cela signifie quelque chose de plus noble ; cela signifie que vous avez à vous occuper – et là on rejoint le sens étymologique du terme de politique, la « Polis » - des affaires de la cité. Pas tout seul, bien sûr, mais : en lien avec les élus, en lien avec plusieurs services, vous allez produire à plusieurs certains dispositifs, certaines procédures, certains types d’aides, etc., dans le prolongement de projets politiques qui sont ceux des élus et qui vont ensuite servir à différents usagers.
 
Cela est assez palpitant parce que vous pouvez observer ainsi à un moment donné quels sont les besoins des personnes et vous pouvez être véritablement acteur pour mettre en œuvre les politiques qui auront vocation à couvrir les besoins en question.
 
2ème point : La méthode au service du sens
 
Je pense que être cadre territorial aujourd’hui peut être véritablement palpitant et avoir du sens dans la mesure où vous accordez de l’importance à la méthode.
 
Je crois d’ailleurs, en fait, que la méthode est quelque chose de fondamental et même - pour tout vous dire…-  que c’est ce qu’il y a de plus fondamental pour être vraiment au niveau du sens, en tant que cadre territorial.
 
Qu’est-ce que je veux dire par là ?
 
Eh bien je veux dire la chose suivante : c’est que le terme de méthode vient de « méta-odos » qui signifie en gros : « en suivant le chemin ». Je pense que c’est en agissant avec méthode, c’est-à-dire en suivant un certain cheminement, très carré pour ainsi dire, que vous pouvez montrer la valeur que vous avez et l’importance que revêt votre rôle de cadre dans la production justement des actions publiques, des politiques publiques.
 
Alors la méthode c’est quoi ? me demanderez-vous (n’est-ce pas ?). Eh bien par méthode, j’entends la chose suivante : c’est en fait tout un ensemble d’outils que vous pouvez utiliser mais aussi construire parfois vous-mêmes ; et parmi ces outils on trouve :
 
-          tout ce qui relève de la méthodologie de projet, tout d’abord, c’est-à-dire :
 
·          le fait de savoir se fixer des objectifs en vue de répondre à certains besoins,
·          le fait de mettre en place des moyens pour atteindre ces objectifs,
·          le fait de mettre en place des indicateurs qui permettront de savoir et d’indiquer à quel moment vous aurez véritablement atteint les objectifs en question
·          et puis tout ce qui est communication, bien entendu, dans le cadre de ces projets,
·          tout ce qui est analyse des risques pouvant surgir tout au long des projets.
 
Par méthodologie, je songe aussi à :
 
-          différents tableaux de bord que vous pouvez constituer, qui vous servent à rationaliser votre activité et celle, le cas échéant, de vos collaborateurs.
 
 
Pour prendre un exemple, imaginons qu’une collectivité ait l’intention de réduire sa masse salariale, eh bien elle peut décider de le faire en ne remplaçant pas les gens qui partiront en retraite. Il est dès lors possible – et c’est là que je veux en venir – de construire un tableau de bord dans lequel vous indiquerez les noms et prénoms des agents et les dates auxquelles ils sont rentrés dans la collectivité et dans la fonction publique territoriale et puis la date prévue de la retraite. Ainsi, par exemple, en tant que DGS (Directeur Général des Services) et en lien avec le Maire vous pourrez indiquer à ce dernier à quel moment il pourra escompter baisser sa masse salariale au moment où, justement, Untel ou Untel partira en retraite et ne sera pas remplacé.
 
On le voit, c’est un type d’outil qui permet d’agir par anticipation, qui permet de prévoir, de planifier, et qui permet d’indiquer à l’avance à quel moment on sera dans tel cap intermédiaire qui précède l’atteinte de l’objectif qui a été fixé initialement.
 
En parlant de méthodologie, je songe également à des choses simples comme :
 
-          la conduite de réunion parce que justement :
·          une réunion est quelque chose qui se conduit,
·          une réunion n’est pas une conversation de café de commerce dans laquelle chacun irait dans tous les sens,
·          une réunion c’est quelque chose qui est animé par un animateur et qui doit se dérouler en fonction d’un ordre du jour qui est prévu à l’avance, qui est exposé avant la réunion et pendant la réunion et puis – sans entrer davantage dans les détails – ajoutons aussi que :
·          une réunion, c’est une réunion qui débouche sur un compte-rendu de cette réunion pour construire l’histoire, l’historique des réunions qui sont en cours.
 
Pour reprendre une expression de HEGEL, les discours, ici justement dans les réunions, peuvent être soit des bavardages, justement dans le cadre de réunions qui ne sont pas fondées sur une véritable méthodologie, comme ils peuvent être de véritables instruments pour l’action dès lors qu’en tant qu’animateur vous faites en sorte de mener la réunion, de la conduire et non d’être mené par la réunion et d’être conduit dans tous les sens par les propos des uns et des autres.
 
La méthodologie existe donc à tous les niveaux. Elle peut exister pour la conduite de projet, la conduite de changement ; les deux étant liés : conduite de changement et conduite de projet car généralement un projet génère un changement entre le moment où il n’est pas réalisé et le moment où il devient effectif et où il est mis en œuvre.
 
3ème point : Développement professionnel et développement personnel
 
Je crois également que là où votre métier de cadre territorial peut faire sens, c’est si vous accordez de l’importance à tout ce qui est – en un sens non galvaudé du terme ou pas trop connoté – développement personnel.
 
Je pense que le développement personnel et le développement professionnel peuvent parfois faire tout un, constituer tout un.
 
Pour prendre un exemple : c’est en utilisant certaines techniques, certaines méthodes que vous pouvez par exemple évoluer personnellement au niveau professionnel en vous affirmant davantage que vous ne le faisiez jusque là en tant que cadre territorial, progressivement mais aussi au niveau personnel, en prenant peu à peu confiance en vous là où vous n’aviez pas forcément confiance en vous d’entrée de jeu.
 
Autrement dit un développement professionnel bien réfléchi passe par le fait de voir comment on peut s’épanouir personnellement en utilisant, justement, certaines techniques, certaines méthodes.
 
4ème point : Ecrire, prendre du recul et sortir du « nez dans le guidon »
 
Un autre point qui me semble important, c’est le fait de savoir sortir de l’attitude « nez dans le guidon » en réfléchissant sur vos pratiques professionnelles. Chacun le sait : il est toujours possible de s’améliorer et ce qui permet de s’améliorer, c’est justement le fait de faire un bilan de temps en temps de vos activités, de vos actions. Pour cela, il y a différentes techniques qui sont utilisables.
 
Vous pouvez par exemple ouvrir une sorte de carnet de bord de développement personnel et professionnel et y consigner régulièrement ce que vous avez réalisé.
 
Vous pouvez aussi, simplement, lister au jour le jour pendant une année toutes les tâches que vous réalisez au quotidien. Vous marquez par exemple :
 
CDPP
– Carnet de Développement Personnel et Professionnel –
Mardi 28 février
-coup de fil à Bernard Duschmol
-réunion chefs de service avec madame Tartempion
 
Donc, vous notez cela tous les jours et au bout d’un an, vous pouvez revenir sur l’ensemble de ces notes consignées au jour le jour de façon succincte et en dégager quelques leçons pour l’avenir.
 
                Soit dit en passant, c’est l’occasion aussi, si vous n’en avez pas, de construire votre fiche de poste. Cette fiche indique ce que vous avez vocation à faire et les limites du poste : elle doit être validée par vos supérieurs hiérarchiques. Vous pouvez aussi vous en servir pour avoir à disposition de vos collègues un descriptif de vos missions et tâches au quotidien.
 
5ème point : Le « mode projet »
 
Ce qui va donner un sens énorme à votre travail en tant que cadre territorial, je pense que c’est le fait de travailler en mode projet, c’est-à-dire le fait de faire en sorte que toutes les actions que vous mettez en place soient mises en forme par vous sur le mode projet, c'est-à-dire :
·          objectifs,
·          moyens mis en œuvre pour atteindre ces objectifs,
·          indicateurs
·          analyse des risques
·          communication sur le projet,
·          etc.
 
Cela va donner un sens énorme à votre vie professionnelle et à votre vie tout court parce que vous allez être mu par le désir d’atteindre certains objectifs et dès lors que vous savez par avance où vous voulez arriver dans le cadre de telle et telle action, eh bien vous allez voir qu’il y a quelque chose d’assez magique qui se produit, c’est que toute la vie autour de vous finit par être perçue de façon différente par vous.
 
Prenons un exemple.
 
Imaginons que je sois venu ici simplement faire une conférence sans objectif particulier en tête. Dans ce cas, tous les évènements qui vont se produire dans le cadre de cette conférence où juste avant, ou juste après n’auront pas de sens particulier à mes yeux.
 
Imaginons en revanche que je vienne faire cette conférence avec un objectif particulier que j’ai dans ma tête au préalable, qui est par exemple d’écrire un livre sur « Qu’est-ce qu’être cadre territorial aujourd’hui ? ». Imaginons toujours qu’après cette conférence, certaines personnes viennent me voir en me disant : « Oui, c’était très bien votre conférence…c’est un sujet qui est très intéressant et moi, Bernard Duschmoll, j’ai lu un livre sur cette question là qui ne valait pas ce que vous avez raconté ; d’ailleurs, je suis en contact avec certains éditeurs qui sont en attente d’ouvrages sur cette question ».
 
Eh bien, qu’allez-vous faire si on vous dit cela suite à la conférence que vous venez de faire ?
 
Eh bien, vous allez vous saisir, bien entendu, de cet évènement comme d’une opportunité puisque votre objectif, au-delà de la conférence est – comme vous vous l’êtes dit en vous rasant le matin… – d’écrire un livre sur « Qu’est-ce qu’être cadre territorial aujourd’hui ? ».
 
Vous voyez ce que je veux dire ?
 
Ce que je veux dire, c’est la chose suivante, c’est que : dès lors que vous vous fixez des objectifs dans le cadre de votre vie professionnelle – et dans le cadre de votre vie tout court – vous vous mettez en mesure de détecter dès qu’ils se présentent les évènements qui seront fondamentaux et qui constitueront de véritables opportunités pour concrétiser vos projets. Vous allez vous servir de ces évènements pour que ces évènements ne soient pas simplement des évènements mais quelque chose que vous appréhendez comme étant un véritable levier au service de la réalisation de vos projets, au service donc de l’atteinte des objectifs que vous vous êtes fixés en amont.
 
Croyez-moi sur parole, me fondant sur ma propre expérience, je puis vous dire que cela vous met dans un état assez extraordinaire – et c’est pour cela que je parlais de « magie » – parce que vous allez voir que, lorsque vous avez votre cible en tête (par cible, je songe aux objectifs), eh bien vous vous mettez à diriger votre vie en fonction de ce que vous voulez faire.
 
Autrement dit, vous devenez maître de votre propre vie, vous devenez un véritable acteur.
 
J’y insiste : vous devenez « acteur ». Autrement dit : au lieu d’être agi par les différents évènements qui se passent ici et là, vous ne perdez jamais de vue votre objectif qui est là devant vous, tel une cible, et quoi qu’il se passe, vous ne vous laissez pas déstabiliser par les évènements quels qu’ils soient. Au contraire, vous vous servez de ces évènements pour les voir tous sous un angle positif, c’est-à-dire sous l’angle de ce qu’ils pourront vous apporter éventuellement en vue de la concrétisation de vos projets.
 
L’optimisme devient ainsi de rigueur parce que : par exemple telle critique formulée à l’égard de votre projet, vous n’allez pas la recevoir comme quelque chose de négatif, mais comme quelque chose de positif dans la mesure où la critique en question vous permet d’éprouver la valeur de votre projet et de remettre en cause si nécessaire – il n’y a pas toujours nécessité en pareil cas : il vous appartient d’en décider – certains points de votre façon de cheminer vers vos objectifs et vers la concrétisation de vos projets.
 
6ème point : Les vertus de l’optimisme
 
Etre cadre territorial, c’est donc – je conçois en tous cas les choses ainsi –, utiliser certaines méthodes, mais aussi être dans un certain état d’esprit pour se mettre en état de réussir ; et, vous l’aurez compris, un état d’esprit qui sied plus particulièrement à la réussite est le fait d’être optimiste et de toujours arriver à voir positivement le verre qui est à moitié plein là où d’autres se mettent constamment à déplorer le fait que le même verre – et donc la même réalité – soit à moitié vide.
 
7ème point : L’enrichissement relationnel
 
Ce qui peut également faire sens dans votre travail, c’est toute la dimension relationnelle qui fait que vous entrez en lien, volontairement, avec toutes sortes de collègues, de partenaires qui, si vous vous mettez à les écouter véritablement se révèlent être profondément enrichissants.
 
Ainsi, si vous êtes dans l’état d’esprit optimiste que je décrivais tout à l’heure, vous concevez chaque nouvelle journée comme quelque chose qui va forcément être merveilleux puisque vous allez rencontrer de nouvelles personnes, découvrir de nouveaux dossiers, réaliser de nouvelles actions, etc.
 
Pour peu que vous soyez en outre, comme moi, féru de la méthode, vous allez construire au quotidien de nouveaux outils tous plus palpitants les uns que les autres dans la mesure où ils vous aident :
-          à rationaliser ce qui est bien souvent irrationnel
-          à maîtriser ce que peu de personnes maîtrisent faute de méthode.
 
Ainsi allez-vous acquérir un pouvoir assez extraordinaire.
 
Ce pouvoir extraordinaire est celui que vous pouvez avoir en tant que cadre territorial pour peu que vous ayez pris conscience de l’importance de tous les points que je viens d’évoquer.
 
Evidemment intégrer tout cela ne se fait pas du jour au lendemain ; il y faut du temps et il faut savoir réaliser deux choses :
-          d’un côté, se mettre à l’écoute des collègues : ils vous apprendront plein de choses, et
-          de l’autre côté, lire : lire énormément.
 
Je vous incite à lire au minimum deux livres par mois car, comme l’ont souligné, à juste titre je crois, certains auteurs : les leaders – et les cadres territoriaux peuvent en être – sont de grands lecteurs.
 
 
Venons-en, maintenant, au 2ème temps de notre conférence.
 
 
II-Etre cadre territorial aujourd’hui : ce qui est moins rose
 
Je voudrais ouvrir ce 2ème temps de ma conférence sur une citation de Alain-Gérard SLAMA, chroniqueur à France Culture. Dans l’une de ses chroniques, celle du 31 mars 2008, Alain-Gérard SLAMA nous mettait en garde et déclarait ainsi :
 
« Une société qui ne tolère pas l’imperfection n’est pas une société parfaite, c’est une société intolérante »
(Alain.-Gérard Slama, France culture, 31 mars 2008).
 
 
Pourquoi cette citation ? Parce que je remarque comme tout le monde que nous sommes entrés petit à petit au sein des collectivités territoriales dans ce qu’on appelle la « culture du résultat » et que cela peut parfois faire tomber dans certains travers pour peu que l’on passe de cette « culture du résultat » à un « culte de la performance », à l’idée – qui me semble dangereuse – que « nous n’avons pas /ou plus droit à l’erreur » et à la croyance qui voudrait qu’au sein de nos collectivités territoriales nous soyons en mesure d’atteindre la perfection.
 
Parodiant Jules LAGNEAU, le professeur célèbre de ALAIN, qui lui parlait de l’absolu, je conclurais avec plaisir en disant la chose suivante : « la perfection n’est pas de ce monde, n’en déplaise à notre orgueil ».
 
Maintenant, ce n’est pas le tout, il faut que je m’explique…
 
Depuis quelque temps, LOLF oblige (loi Organique Relative aux lois de Finances), nous sommes entrés dans la « culture de résultat » : on pourrait résumer en disant « ce n’est pas le tout d’administrer, de gérer », encore faut-il utiliser avec parcimonie l’argent public et se mettre en état de rendre des comptes concernant l’utilisation qui est faite de ces deniers publics.
 
Qui s’en plaindrait ? Je suis le premier à dire que c’est bien : nous connaissons tous cette vieille histoire racontée dans les bons manuels et cours de finances publiques : les fonctionnaires qui veulent avoir autant de crédits en année N+1 que ce qu’ils ont eu en année N et qui emploient la fin de l’année N à dépenser n’importe comment ce qui leur reste de leur enveloppe pour avoir au moins autant de crédits en N+1. Dans certains cours on parlait des fonctionnaires qui faisaient des tours avec les voitures de service simplement pour consommer du carburant et dépenser ainsi les crédits carburant afin que ces derniers soient reconduits en l’état en N+1.
 
Bref, on faisait parfois un peu n’importe quoi sans doute dans certaines administrations dans la façon de gérer les crédits, les enveloppes et donc l’argent « public » : en clair, l’argent « de nos impôts » comme on dit. Or, aujourd’hui, culture de résultat oblige, on accorde de plus en plus d’importance à l’ « évaluation ».
 
En gros, l’idée est la suivante : pour être performant, il faut évaluer ce qu’on fait. Ça aussi, c’est bien, à première vue. Même si en France on a un peu de mal, par comparaison avec d’autres pays, avec l’idée d’évaluation (« évaluation = contrôle = flicage » : c’est notre côté rebelle !), globalement on se dit que c’est bien d’évaluer, de mesurer ce qu’on fait pour pouvoir améliorer encore et encore, et par exemple pour faire la même chose sinon en dépensant moins, au moins en dépensant mieux.
 
Bon d’accord, mais, me direz-vous, pourquoi dire que tout ça c’est bien si vous commencez votre 2ème partie de conférence en disant qu’il y a des choses qui sont moins bien ?
 
J’y viens…
 
Je pense, effectivement, que tout cela est bien : « culture de résultat, évaluation, quête de performance, quête d’un moindre coût » et notamment toute la « culture projet » qui va avec : on n’est plus dans un « présentisme » où on gère, on est beaucoup plus « en mode projet » avec « des objectifs à atteindre », des choses à viser et donc une façon d’être en avant de soi. Tout cela est très bien.
 
Ce qui est moins bien, maintenant, tient en plusieurs glissements possibles vers ce que j’appellerais des situations danger potentielles : et c’est, justement, « ce qui est moins rose ».
 
Alors qu’est-ce qui est « moins rose » ?
 
1-1er glissement vers une situation de danger potentiel
 
J’observe une tendance à revenir vers de la pure gestion froide. Dans certains endroits, plus particulièrement à l’Etat mais cela arrive et existe dans certaines de nos collectivités, on réduit le travail au sein du service public à n’être que suivi de tableaux de bord et, pour ainsi dire, « comptage de bâtons ».
 
Je n’ai rien contre le « comptage de bâtons » et je pense que l’évaluation quantitative de ce qu’on fait est quelque chose d’essentiel : pour autant j’observe l’absurdité qu’il y a à réduire le travail du cadre au suivi d’une batterie d’indicateurs. Je dis bien « à réduire : car, quand le travail n’est plus que cela, je crois qu’il n’a plus grand sens.
 
1ère mise en garde donc : attention à ne pas transformer nos métiers si riches en un suivi exclusivement quantitatif d’indicateurs. Il y a aussi une évaluation qualitative de ce que nous fabriquons au sein des services publics qui importe tout autant et qui suppose de savoir sortir de son bureau pour échanger avec les acteurs concernés (usagers, partenaires, élus…) et pour être au niveau du sens : évaluation du sens de l’action publique par un échange sur les besoins, sur la pertinence des actions engagées ou à engager. Notre monde est trop complexe pour qu’on puisse croire le diriger ensemble à partir d’un suivi d’indicateurs et de tableaux de bord. Pour être appréhendée au mieux, la complexité nécessite des échanges et de la co-construction au croisement des points de vue des divers spécialistes.
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