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Réussir sa vie. Lettres à un jeune ami. (16)
23/4/2011 18:15:13 (4363 lectures)

Lettre n° 16



Lettre n°16
 
Cher ami,
 
Voici un nouveau courrier de ma part, qui suit assez rapidement le précédent tant je voulais, sans trop tarder, expliciter le sens que nous devons donner, me semble-t-il, à cette idée que « ce que nous voyons (dans le monde) n’est qu’une représentation de ce que nous croyons ». Partons de quelques exemples, si tu veux bien.
 
« Cette personne est énervante », « ce type ne comprend jamais rien », « ce gars ne pose que des questions bêtes », etc. : autant de phrases qui sont parfois véhiculées au quotidien dans les échanges et que tu auras sans doute entendu tout comme moi. Voici maintenant, pour bien me faire entendre, quelques questions sous chacune de ces phrases que je reprends une à une :
 
« Cette personne est énervante »
 
Question : d’accord mais comment comprendre qu’elle n’énerve que toi ? Est-elle « par nature » énervante ? Ou bien n’est-ce pas plutôt toi qui te mets en état d’énervement face à cette personne en raison des représentations que tu t’en donnes ? Et, ne suffirait-il pas que tu modifies un tout petit peu tes représentations (« verre à moitié vide, verre à moitié plein… ») pour que tu vives plus sereinement ta relation à cette personne ?
 
« Ce type ne comprend jamais rien »
 
Question : soit. T’es-tu interrogé, toutefois, sur la façon privilégiée qu’il a de comprendre quelque chose ? Et, as-tu fait en sorte d’adapter tes explications à son mode de compréhension des choses ?
 
« Ce gars ne pose que des questions bêtes »
 
Question : d’accord, mais qu’est-ce qui compte ? est-ce de poser des questions que tu jugeras intelligentes et qui ne répondront pas à ses interrogations ? ou bien des questions que tu juges certes bêtes mais qui lui apportent à terme des réponses à ses propres interrogations ?
 
Je ne sais si ces quelques exemples te sembleront parlants. Ils me semblent toutefois indiquer clairement que nous pouvons avoir une fâcheuse tendance à nous énerver et donc à mal vivre les choses présentes dans notre vie uniquement parce que nous nous énervons nous-mêmes. Au lieu de croire que les choses, les individus sont énervants en eux-mêmes, mieux vaut finir par comprendre que ces choses et individus ne sont énervants que pour qui s’énerve à leur égard. Le problème n’est pas chez l’autre, il est en moi.
 
Le fait de « réussir sa vie » me semble ainsi extrêmement lié à la capacité que l’on a, ou pas, de maîtriser ses propres représentations et les émotions qui ne peuvent pas ne pas surgir à l’occasion de ces représentations. Ainsi observeras-tu peut-être comme moi certaines personnes qui se placent elles-mêmes sans s’en rendre compte dans un état de mal être extrême : il suffirait parfois, me semble-t-il, de prendre conscience de la part déterminante de nos représentations dans le mal être qu’elles génèrent pour commencer à sortir de ces prisons dans lesquelles nous nous enfermons nous-mêmes et dont nous seuls avons la clé, ne crois-tu pas ?
 
Ainsi « ce que nous voyons (dans le monde) » n’est-il bien souvent « qu’une représentation de ce que nous croyons ».
 
Depuis que j’ai pris conscience de cela, j’écoute avec un malin plaisir ceux qui me disent que « untel est un benêt » par exemple, ce qui m’apprend moins de choses sur la qualité de benêt du supposé benêt que sur le sentiment de supériorité intellectuelle qu’éprouve par rapport à son entourage celui qui évalue l’autre comme un benêt. Les évaluateurs ne réalisent pas toujours à quel point leurs évaluations les évaluent eux-mêmes…
 
Prendre la maîtrise de la façon que nous avons d’évaluer le monde qui nous entoure et donc la maîtrise de nos propres représentations m’apparaît ainsi comme le passage obligé de qui veut « réussir sa vie » sans succomber, dès le premier évènement qui surgit, sous le coup de possibles représentations négatives des choses surgissant automatiquement en nous. Ces représentations négatives qui surgissent automatiquement en certains individus – comme la réaction réflexe du tibia qui se lève sous le coup de marteau que le médecin donne sur notre genou ! – indiquent que nous sommes parfois pris dans les filets de certaines habitudes dont nous avons du mal à nous dépêtrer. Ainsi pouvons-nous être pris par des représentations habituelles des choses surgissant sans réflexion à l’occasion de tout nouvel évènement quel qu’il soit. « Que va-t-il encore se passer ? » se demande ainsi par exemple la personne enfermée dans l’idée que tout ce qui surgit de nouveau sera forcément négatif. Modulant ses représentations elle pourrait donc tout aussi bien voir le nouveau comme une possible amélioration de l’ancien mais elle s’enferme, par automatisme, dans l’idée que tout ce qui vient modifier ses repères acquis est forcément mauvais.
 
Où l’on voit que « réussir sa vie » n’est en certains cas possible que pour autant que l’on arrive – après certaines lectures, après certaines rencontres qui font le sel de la vie – à prendre du recul par rapport au monde. Ce recul, il est plus aisé d’y atteindre, lorsqu’on prend conscience de ceci que le monde n’est jamais que la représentation que nous voudrons bien nous donner de ses manifestations. Une fois qu’on s’est rendu compte que l’expérience que nous vivons d’une rencontre avec une personne « énervante » n’est jamais que l’expérimentation de notre incapacité, jusque-là, à gérer nos représentations et nos émotions, la vie peut devenir plus facile à vivre. Il peut même arriver que l’on ait l’impression de « réussir sa vie ».
 
Cette impression sera-t-elle vraie ? Sera-t-elle fausse ? Qu’importe, ne crois-tu pas, tant qu’elle nous apporte une certaine sérénité, une certaine paix là où d’autres ont l’esprit aussi troublé que peut l’être un étang après qu’on y ait jeté une grosse pierre.
 
Peut-être « réussir sa vie » tient-il pour l’essentiel dans le fait d’arriver à vivre et donc à accéder à cette impression d’être en phase avec soi, avec des représentations maîtrisées des choses et du monde ?
 
A quoi bon se laisser troubler par des représentations négatives véhiculées autour de nous ? A quoi bon se rendre malade par un jugement à l’emporte pièce émis sur nous par une personne ? Notre vie tient-elle à un seul fil qui serait la représentation qu’autrui a de nous ? Ou bien ne pouvons-nous pas plutôt user nous-mêmes des ficelles nous permettant de mener plus sereinement notre vie ?
 
Pourquoi ces questions ? Parce qu’il m’est arrivé à maintes reprises de rencontrer des jeunes et moins jeunes qui avaient pour partie été brisés au contact de certaines personnes. Nous ne sommes pas toujours tendres entre nous, comme chacun sait : et cela commence dès l’école maternelle ! Les personnes auxquelles je pense étaient comme un vase ébréché : la représentation qu’autrui leur avait donnée d’elles-mêmes à une certaine période les avaient presque brisées et elles portaient en elles cette fêlure d’une estime de soi malmenée. Ainsi sommes-nous faits que nous accordons parfois une importance démesurée à la représentation qu’autrui nous donne de notre travail, de nous-mêmes : je songe, disant cela, à ce jeune d’un excellent niveau que son maître de stage avait malmené mentalement à un tel point que sa confiance en lui était proche de zéro. Et cela se fait, hélas, par moments à nos dépends. Il est des mots qui soignent, il est des mots qui élèvent mais il en est aussi qui peuvent tuer.
 
Ainsi « réussir sa vie » est-il parfois difficile pour certaines personnes du fait qu’elles demeurent engluées dans la représentation négative qu’autrui leur a donnée d’elles-mêmes. « Réussir sa vie » passe pour elles par le fait de devoir par elles-mêmes ou aidées d’autrui se reconstruire et reprendre la maîtrise de la représentation mesurée que chacun peut et doit avoir de soi.
 
Sur ces considérations, je te laisse et te dis à très bientôt. Je verrai s’il me reste encore beaucoup de choses à te dire sur ce sujet de la réussite mais je ne suis pas loin de penser que nous arrivons au bout de ce voyage épistolaire sur les chemins de la réussite ; non ?
                                                                                    Bien à toi,


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