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Réussir sa vie. Lettres à un jeune ami. (14)
23/4/2011 9:08:52 (4516 lectures)

Lettre n°14



Lettre n°14
 
Cher ami,
 
Suivant ton conseil, je suis allé sur Internet. J’ai tapé « réussir sa vie » sur un moteur de recherche. Tu as raison : il y a une quantité incroyable de choses écrites sur ce sujet. Je m’en étais déjà rendu compte en faisant le tour des quelques livres que j’avais découverts puis lus sur ce sujet, mais je n’avais pas voulu aller trop sur Internet, de peur de me laisser influencer par certaines idées lors de ma conférence.
 
Tu fais bien, me semble-t-il, de te demander par conséquent s’il n’y a pas une « euphorie de la réussite » au même titre qu’un auteur parlait d’« euphorie du bonheur ». S’il y a autant d’articles sur Internet et autant de livres dans nos librairies sur ce sujet, c’est vraisemblablement qu’il y a là comme une quête récurrente d’un grand nombre de personnes. Peut-être y a-t-il derrière cette quête de la réussite une quête, plus classique, du bonheur : cette quête du bonheur est déjà évoquée chez Aristote au Ivè siècle avant Jésus-Christ, ce qui… ne nous rajeunit pas !
 
Parler d’euphorie renvoie toutefois à l’idée d’abus critiquable. Or, est-il délirant de chercher à réussir ? Je n’en suis pas certain…
 
Je t’avoue que je me demande tout de même ce qui compte véritablement derrière cette recherche qui consiste à essayer de « réussir sa vie ». L’objectif sous-jacent est-il d’anticiper et d’éviter d’avoir à faire part un jour du regret de ne pas avoir tout mis en œuvre pour réaliser ce qu’il nous tenait à cœur de réaliser ? Ou bien l’objectif est-il, comme disent certains, de faire de sa vie un chef d’œuvre ? Ou bien encore, de façon plus simple, l’objectif est-il de se donner les moyens de briller dans le regard des autres ? Difficile à dire…
 
Je me demande ce que peut être la réussite hormis un jugement porté par les Hommes sur une réalisation conforme soit à ce que la société nomme « LA » réussite, soit à ce que nous voulions réaliser.
 
Vois-tu ce que je veux dire ? Ne sommes-nous pas en quête de quelque chose qui, à bien y penser, n’est peut-être pas si primordial que cela ?
 
Qu’est-ce qui compte, finalement, dans la réussite ? Est-ce d’atteindre ce qu’on visait à atteindre et de posséder ce qu’on visait à posséder ? Si tel est le cas, est-ce vraiment très intéressant d’arriver à ce stade où il n’y a plus qu’à contempler le résultat atteint ?
 
Derrière toutes ces questions, il y a une interrogation qui me taraude : je me demande si cherchant à réussir nous ne visons pas surtout et essentiellement à nous projeter en avant et ainsi à éviter le sur place, l’absence de mouvement synonyme de mort. Peut-être est-ce ainsi moins la réussite qui compte que le fait de viser celle-ci et ainsi de continuer à mettre un pas devant l’autre, de vibrer pour quelque chose, de se mettre en mouvement grâce à ce que certains nomment les « utopies motrices », des choses qui ne relèvent d’aucun lieu mais que nous visons malgré tout à atteindre vraisemblablement pour nous sentir encore en vie, pas encore mort.
 
Nous ne faisons pas des choses au même type qu’un pommier produit des pommes : nous faisons des choses, nous engageons des actions pour réussir à inscrire dans le réel ce qui a d’abord germé et fait sens dans notre esprit. Nous ne sommes pas régis par cette nécessité qui fait qu’un pommier ne saurait produire autre chose que des pommes : au lieu de cela nous visons à réussir, trop conscient que nous sommes de la possibilité en l’humain de l’échec et ainsi de cet écart possible entre ce qu’il s’était imaginé pouvoir faire et ce qu’il parvient effectivement à faire. La réussite est peut-être aussi le moyen de ressentir en soi cette capacité extraordinaire qu’à l’humain à pouvoir viser et atteindre ce que rien, hormis lui, ne l’oblige à atteindre. Un pommier n’a pas peur de l’échec : il n’a pas peur de produire une poire, tu me le concèderas sans peine, n’est-ce pas ! L’humain, en revanche, a ceci de particulier qu’il peut par son esprit imaginer qu’adviennent certaines choses puis faire qu’adviennent de façon effective ces choses. La réussite n’est-elle pas, dans ce cas, un de moyens privilégiés de réaliser sa propre humanité, de déployer ses propres potentialités spécifiquement humaines là où la plante, elle, ne peut faire autre chose que croître et dépérir sans même pouvoir concevoir ce que les mots « croître » et « dépérir » peuvent signifier ?
 
Au risque de te barber une fois de plus avec mes conceptions passablement abstraites, je me permets de souligner avec les philosophes que l’être humain est un être « métaphysique ». « Méta » signifie « au-delà » et physique vient aussi du grec « Physis » qui signifie « Nature ». L’homme est donc dans la nature au même titre que ce courrier, cet arbre, ce crayon… mais il est toujours aussi et en même temps « au-delà » de cette nature : par sa conscience, par son esprit il peut se projeter là où il n’est pas, projeter des actions en pensée puis les réaliser. Aussi réussir consiste-t-il peut-être, d’une certaine façon, à consacrer cette capacité que nous avons de faire que l’esprit s’impose à la nature : la nature en moi fait que, fatigué, je pourrais me laisser aller et ne désirer qu’une chose : aller dormir, mais la liberté en moi fait que, même fatigué, je peux me faire violence et contrarier le cours naturel des choses en me mettant à travailler pour atteindre, malgré la fatigue, les résultats que je vise.
 
Aussi la réussite est-elle peut-être un des moyens majeurs pour nous autres humains de célébrer la supériorité de l’esprit sur la nature et celle de la liberté sur le déterminisme régnant dans la nature. Elle est ce qui nous permet d’introduire du sens : car qu’est-ce que vivre si cela doit se résumer à naître pour mourir, à croître pour dépérir sans créer du sens qui nous donne l’impression de nous transcender, de dépasser et passer outre notre condition d’être mortel ?
 
Peut-être vais-je trop loin en disant tout cela. Je ne puis m’empêcher de croire, dans tous les cas, que quête de la réussite et refus de la nature et de la mort sont liés.
 
Allons plus loin : je me demande si ce n’est pas la possibilité de l’échec qui, d’une certaine façon donne, toute sa valeur ou presque à la réussite. De même que la mort – pouvant survenir à n’importe quel moment – donne toute sa valeur à la vie, quand on sait prendre le temps d’apprécier ce cadeau précieux de la vie, de même l’échec en tant que possibilité serait quelque chose de fondamental. On comprend pourquoi l’un de nos anciens ministres est allé jusqu’à dresser un Eloge de l’échec !
 
De fait, l’échec peut certes de prime abord être appréhendé comme quelque chose de négatif mais si on creuse… N’y a-t-il pas dans ta vie, comme dans la mienne, certaines choses qu’à une époque tu étais tenté de considérer comme illustrant un échec et qui, à présent, avec le recul t’apparaissent comme un moment critique qui a ouvert sur de nouveaux horizons et même parfois rendu possibles certaines réussites ? Où l’on voit que l’échec est intéressant à plus d’un titre.
 
L’échec est tout d’abord intéressant en tant que possibilité : s’il nous était garanti par avance que tout ce que nous entreprenons mène systématiquement à la réussite, il n’y aurait pas de côté « piquant » dans notre vie, si ? C’est parce que l’échec est toujours possible que nos efforts pour éviter qu’il advienne prennent sens. C’est parce que la réussite est synonyme de dépassement des obstacles qui auraient pu nous mener à échouer que la réussite a tant de valeur. Une réussite sans possibilité d’échec est-elle d’ailleurs encore une réussite ? Un pommier produisant des pommes et non des poires réalise-t-il quelque chose qui serait de l’ordre de la réussite ? Tu seras sans doute d’accord avec moi pour dire qu’il est somme toute assez rare de voir quelqu’un féliciter un arbre d’avoir produit ce que, de toute façon, il ne peut pas ne pas produire ! Outre le fait qu’il serait passablement fou de féliciter un arbre, vois-tu ce que je veux dire ? La réussite résulte de l’action. Un arbre ne développe pas d’action à proprement parler. Seul l’humain peut mener une action. Seul l’humain peut se féliciter de ce que se produise dans le réel ce qui n’avait tout d’abord été que dans son esprit. Et il peut d’autant plus se féliciter de voir quelque chose surgir qui correspond à une intention première, que la chose en question aurait très bien pu ne pas surgir. Il n’y a de réussite que pour autant qu’il n’y a pas eu échec : il n’y a de réussite que parce que l’échec est une autre possibilité qui aurait pu survenir en l’absence d’efforts consacrés par nous à faire que de l’intention à la réalisation tout advienne conformément à ce qui n’était tout d’abord que dans notre tête et aurait pu y demeurer.
 
L’échec est ensuite intéressant en tant que réalité. Non seulement il est possible, mais il peut être réel ! N’est-ce pas merveilleux ? Plus sérieusement : il n’est pas besoin d’y insister longuement tant la chose est connue mais tu auras noté comme moi que l’échec peut être fort utile pour qui sait en tirer des enseignements. Mieux vaut d’ailleurs chérir l’échec en raison des leçons qu’il nous apporte ou que nous savons en tirer que le détester et se morfondre en ressassant ses façades négatives qui ne sont peut-être des façades négatives qu’en première apparence.
 
L’échec, enfin, est intéressant également en ceci qu’il nous invite à nous interroger sur le pourquoi et sur le comment :
 
- quel est le pourquoi, la cause de mon échec ?
 
- comment puis-je faire qu’une prochaine fois j’en vienne à atteindre les objectifs que je m’étais fixés, les résultats que je voulais obtenir ?
 
D’expérience je puis te dire qu’il me semble intéressant et important de se préoccuper du « pourquoi » : pour autant il convient de veiller, me semble-t-il, à ne pas s’engluer dans ce pourquoi, dans cette recherche de la cause et dans cette quête souvent orientée vers le passé. La question du « pourquoi » ne me paraît intéressante que pour autant qu’elle ouvre des pistes concernant le « comment » : comment sait-on se remettre en chemin et être à nouveau orienté vers l’avenir… Peut-être es-tu d’accord avec moi sur ce point ? Tu le seras d’autant plus si, comme moi, il t’est arrivé d’échanger avec certaines personnes qui passent leur temps présent à ressasser le passé, le pourquoi sans arriver à s’en sortir, sans arriver à se dépêtrer d’un passé qui ne passe pas. Réussir sa vie, est-ce passer sa vie à compter et recompter sans cesse ses premiers pas et ses premières chutes ? Ou bien n’est-ce pas, plutôt, comme me le disait un ami, continuer vaille que vaille à « mettre un pied devant l’autre » ? Disant cela, je pense à un ami ivoirien qui, se fondant je crois sur un proverbe, disait que la valeur d’un individu ne tient pas au nombre de ses chutes mais au nombre de fois qu’il sait se relever après une chute. La réussite existe, d’après les auteurs, sur le chemin de ceux qui se relèvent après chaque chute, de ceux qui jamais ne se découragent et reprennent leur bâton de pèlerin quand bien même les portes auxquelles ils frappent se ferment l’une après l’autre : ils gardent un optimisme à toute épreuve et attendent la porte qui s’ouvrira en se disant que chaque porte fermée est un nouveau test de leur ténacité.
 
De même que je me demandais si la réussite existe en elle-même, je t’invite à te demander s’il y a véritablement « échec » pour qui sait conserver une attitude positive et optimiste face à tout nouvel obstacle. Peut-être pourrions-nous y revenir lors d’un prochain échange ?
 
Si tu en es d’accord, je te propose d’y revenir en repartant notamment d’une phrase d’un certain Joe VITALE que je trouve extrêmement intéressante :
 
« ce que tu vois n’est qu’une représentation de ce que tu crois ».
 
Je te laisse commencer à méditer ! Quant à moi, je m’en vais vaquer pour l’instant à d’autres occupations.
                                                                                    A bientôt !

                                                                                                            Bien à toi,


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