*
Top_left
Menu
ACCUEIL ACCUEIL
Mieux réussir, être + heureux... Mieux réussir, être + heureux...
Réussir sa vie Réussir sa vie
Attaché territorial - Culture G Attaché territorial - Culture G
RAEP, examens et concours RAEP, examens et concours
1. Rapport d'activité 1. Rapport d'activité
2. Expérience professionelle 2. Expérience professionelle
3. Parcours de formation 3. Parcours de formation
4. Illustration compétences pro 4. Illustration compétences pro
5. Curriculum Vitae 5. Curriculum Vitae
6. Lettre de motivation 6. Lettre de motivation
7. oral présentation parcours 7. oral présentation parcours
8. Réalisation pédagogique 8. Réalisation pédagogique
9. Mises en situation 9. Mises en situation
Ecrire ... Ecrire ...
Philosophie Philosophie
Réflexions au quotidien Réflexions au quotidien
Dissertations et citations Dissertations et citations
Ouvrages & Témoignages Ouvrages & Témoignages
Curriculum Vitae Curriculum Vitae
Livre d'or Livre d'or
Contact Contact
PrinterFriendly
Version optimisée pour imprimer
Réussir sa vie. Lettres à un jeune ami. (13)
23/4/2011 8:54:00 (2967 lectures)

Lettre n°13



Lettre n°13
 
Cher ami,
 
Nous nous retrouvons après quelques semaines d’absence d’échange. J’ai bien reçu ton courrier et je t’en remercie. Je te remercie également pour ta franchise. Tu fais bien de me dire que tu trouves mon manuel « fort abstrait » et « très philosophique ».
 
Qu’il soit « philosophique », il me serait difficile de le nier. J’ose même croire qu’il contient, en ses dernières lignes, ce qu’il y a de plus essentiel dans la philosophie en tant que « philosopher », en tant que réflexion de type philosophique. Mais laissons-là ces considérations. J’ai bien compris que son côté « fort abstrait » t’aura quelque peu rebuté. Je t’invite à le laisser fermé pour l’instant et à n’y revenir que le jour où tu seras de nouveau animé par l’envie de monter plus haut, par les sentiers escarpés, dans les sommets de la réflexion. Sache toutefois que ce manuel est clair comme le jour à côté de certaines réflexions menées par nos philosophes ; mais encore une fois, laissons cela de côté…
 
« Pourquoi insister à ce point sur la liberté ? » me demandes-tu. « Et quel lien avec notre sujet initial qui portait sur : réussir sa vie ? » me demandes-tu encore.
 
Je te répondrai par quelques détours, si tu veux bien et si tu n’es pas lassé par le cheminement dans lequel t’entrainent les méandres de ma modeste réflexion.
 
Premier détour ? Le voici. Je lisais il y a quelques temps un sondage sur les valeurs des jeunes. Ce sondage disait en substance que les jeunes préfèrent à la devise républicaine française (« liberté, égalité, fraternité ») un autre trio de valeurs : « respect, égalité, solidarité ». Une remarque n’a pas manqué de surgir dan mon esprit : la liberté ne serait plus mise en avant comme une valeur fondamentale ! Comment comprendre cela ? Je fais l’hypothèse que la liberté demeure une valeur fondamentale mais qu’elle n’est pas évoquée du fait que cette liberté est aujourd’hui gagnée ou considérée comme telle dans nos démocraties. La liberté n’est pas mise en avant car elle est considérée comme acquise : elle serait mise en avant si elle n’était pas là, si elle était à conquérir. Soit.
 
Deuxième détour : SARTRE déclarait en 1945 « nous n’avons jamais été aussi libres que sous l’occupation ». Non que SARTRE ait été pris par un accès de folie le menant à dire que nous sommes libres en régime occupé, mais plutôt cela signifie ceci : nous n’apprécions jamais autant la liberté que lorsque notre responsabilité est mise à rude épreuve par nos actes quotidiens et lorsque, par exemple, tel acte de résistance et de bravoure prend le risque d’être sévèrement réprimé par les forces d’occupation.
 
Ces deux détours, qui n’en sont peut-être qu’un, m’amènent à te dire ceci : j’ai bien peur que la situation d’aujourd’hui ne soit inverse à la situation que décrit SARTRE. En clair : peut-être avons-nous perdu de vue l’importance de la liberté en l’absence d’ennemis de la liberté tels les forces d’occupation ou je ne sais quel régime totalitaire. Je dis bien « peut-être… » Me comprends-tu ? Je ne laisse pas de m’étonner d’une part, lorsque la liberté n’est plus évoquée comme une valeur fondamentale, d’autre part lorsqu’elle est considérée comme acquise.
 
Je crois, au contraire, que rien n’est moins acquis que la liberté, vois-tu. Et je crois que s’il est difficile de réussir sa vie c’est parce que nous ne savons pas faire usage de cette liberté présente en nous. Au lieu de cela nous nous enfermons dans des habitudes : par exemple l’habitude de croire que nous ne sommes pas capables de réaliser telle ou telle chose et ce… du simple fait que nous n’avons jamais essayé de la réaliser.
 
Bref, l’ennemi n’est plus à l’extérieur. Ce n’est plus l’occupant ou le régime dictatorial. L’ennemi est à l’intérieur de nous et faute de combat nous pouvons être amenés à passer notre vie enfermé dans des prisons bâties par personne d’autre que nous nous-mêmes. Faut-il, pour autant, s’en désespérer ?
 
Bien sûr que non !
 
Faut-il faire quelque chose ?
 
Bien sûr que oui !
 
Si du moins tu veux faire usage de cette liberté qui fait notre spécificité et nous distingue des pierres, des plantes et autres animaux peuplant cette terre.
 
« Oui, mais comment ? » me demanderas-tu. Et j’en viens donc à une autre question que tu me poses dans ton dernier courrier en date et que je reformulerai comme suit : « comment peut-on faire usage de sa propre liberté de façon à être à peu près assuré de réussir sa vie ? »
 
Première chose à faire, me semble-t-il : arriver à définir, aussi précisément que possible, ce que peut signifier « réussir ma vie », pour toi. Je te propose ainsi, entre réflexion et rêverie, de mettre par écrit ce qui devrait se passer dans ta vie pour qu’au terme de celle-ci tu puisses te retourner et te dire, en gros : « c’est bon, j’ai réussi à faire à peu près ce que je voulais faire ». Je te propose donc, très concrètement, de prendre un crayon et de noter ce qu’il te faudrait réaliser dans chacun des secteurs de ta vie pour que celle-ci soit, globalement, une réussite voire l’équivalent d’un chef-d’œuvre. Pour l’instant, tu peux noter tout cela dans le désordre et sans te limiter par avance : inutile de censurer par avance tes rêves sans quoi tu t’interdirais par avance de les réaliser ! Veux-tu devenir Président de la République ? Chanteur ? Moine bouddhiste ? Vas-y : note tout ce qui te vient à l’esprit en fonction de ce qui fait pleinement sens pour toi, en fonction de tes valeurs et en fonction de ce qui te réjouit par avance rien qu’à y penser.
 
Deuxième chose à faire : balayer tout ce qu’il te faudra réaliser dans chacun des secteurs de ta vie pour que celle-ci demeure équilibrée pour que tu n’aies pas à réaliser trop tard que tu as privilégié tel secteur au détriment de tel autre. Les secteurs peuvent être les suivants par exemple : famille, sport, santé, travail, loisirs… Je te laisse les définir à ta façon : mettre le sport avec la santé si l’objectif serait de perdre quelques kilos ou d’en gagner, ou mettre le sport avec les loisirs et les amis si c’est le moyen majeur pour toi d’entretenir ou de développer des relations avec d’autres.
 
Troisième chose : je te propose de revisiter tour à tour ton objectif principal puis chaque chose notée comme un sous-objectif pour chaque secteur et de fermer les yeux à chaque fois en imaginant que l’objectif ou le sous-objectif est atteint. Si, une fois les yeux fermés, la visualisation du résultat atteint génère chez toi un sourire, tu peux te dire que l’objectif noté est un bon objectif. Lorsque tu imagineras cet objectif atteint, il s’agira aussi et surtout d’imaginer ce qui se passe autour de toi : des personnes t’applaudissent ? Tu te regardes dans la glace avec fierté en étant content de toi ? Tu entends des paroles qui réchauffent ton cœur de la part de tes proches ? Si ces perspectives que tu imagines te donnent par avance du plaisir, autant te les donner comme des axes de projet, non ?
 
Quatrième chose : je t’invite à dresser un tableau à double entrée dans lequel tu noteras d’un côté chaque secteur retenu (famille, santé…) et de l’autre la date butoir que tu te donnes pour atteindre tel objectif dans chaque secteur.
 
Je sens que tu te demandes peut-être déjà en quoi cela relève encore de « la liberté » s’il faut se fixer des objectifs à mettre dans des petites cases et se soumettre à une telle discipline. Je te répondrai sans détour : il n’est, à mon sens, aucune liberté véritable qui puisse surgir sans s’astreindre soi-même à suivre certaines règles que l’on s’impose à soi-même. Je ne peux être plus clair : pas de liberté sans un minimum de discipline. D’où l’importance que revêt le fait de se donner un minimum de méthode, c’est-à-dire de se soumettre à l’exigence de poursuivre un cheminement spécifique qu’on aura tracé par avance. Ne pas faire cela reviendrait à essayer d’aller un coup par ici, un coup par-là et à n’arriver nulle part faute d’avoir déterminé dès le départ où il s’agissait d’arriver. Nous poursuivons ?
 
Cinquième chose : une fois la date butoir fixée pour chaque objectif, je t’invite à te demander ce qu’il te faudra faire chaque jour ou chaque semaine ou chaque mois pour atteindre cet objectif. Prenons un exemple on ne peut plus clair : si ton objectif est de lire une trentaine de livres par an par exemple, tu peux noter comme objectif « 36 livres lus en fin d’année » puis vérifier ensuite chaque mois si tu as bien lu les trois livres qu’il faut lire en moyenne pour arriver à en lire trente-six dans l’année. Si au bout de deux mois tu es à quatre, cela signifie qu’il te faudra accélérer la cadence (ou lire des livres moins épais !). Si tu es à huit livres au bout de ces deux mois, c’est que tu es en avance sur ces objectifs. Ainsi te soumettras-tu à une discipline que tu pourras vivre dans un premier temps comme une contrainte mais à terme comme une contrainte qui seule rend possible l’exercice de ta liberté, l’atteinte de chacun de tes sous-objectifs et la poursuite du cheminement vers ce qu’il te tient à cœur de réaliser dans ta propre existence.
 
Tu l’auras compris : tout d’abord, il n’y a pas de réussite possible en l’absence d’objectifs définis en amont et que l’on s’efforce de poursuivre. De fait, comment viser à atteindre ce qu’on ne sait pas devoir atteindre ? Ensuite, il n’y a pas d’objectifs qui puissent être poursuivis sans discipliner sa propre liberté, sans orienter et déterminer par avance le parcours que devra suivre celle-ci pour se mettre en œuvre. Enfin, il n’y a pas de discipline à laquelle on puisse se soumettre sans usage de certaines méthodes dont, par exemple, celle du tableau à double entrée que je viens d’évoquer. Que penses-tu de tout cela ?
                                                                                    A bientôt,

                                                                                                Bien à toi.


Retour Version optimisée pour imprimer Envoyer cet article à un(e) ami(e) Version optimisée pour imprimer
Les articles et commentaires publiés ici sont sous la responsabilité, sans restriction de l'auteur respectif.
bottom
copyright

© Copyright by Worldsoft AG, Neuchâtel, 2008. Tous droits réservés pour le monde entier !
Site optimisé avec Internet Explorer - Meilleure résolution écran 1024 X 768 pixels
Conception et Gestion du site :
www.breizhlagon.info

Pseudo :
User-Login
Votre E-mail